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Daniel Morris, Senior Strategist chez BNP Paribas Asset Management

Daniel Morris Senior Strategist chez BNP Paribas Asset Management

Une volatilité basse ne présage pas forcément une correction !
Daniel Morris, Senior Strategist chez BNP Paribas Asset Management

Boursier.com : Que vous inspirent les derniers mouvements sur les marchés et notamment l'effondrement de la volatilité ?

D.M. : Suite aux élections françaises, la volatilité s'est effectivement effondrée. La volatilité obligataire est aussi plus basse. Ces dernières semaines, les actions ont suivi les indicateurs les plus favorables dits " soft " tandis que les obligations sont restées attachées aux indicateurs réels. Or, les indicateurs de sentiments, qui reflètent les attentes en matière de croissance future, sont peut être trop optimistes... C'est ce qui a fait monter les bourses.

Boursier.com : Faut-il se méfier de la faible volatilité actuelle ?

D.M. : Certains observateurs expliquent qu'une volatilité basse, comme c'est le cas actuellement, peut déboucher sur des réactions excessives des marchés... Cela peut être le cas, mais une volatilité basse ne présage pas forcément une correction !

Boursier.com : Vous parlez de repositionnement " tactique " sur les émergents. Pourquoi ?

D.M. : Le scénario central ne prévoit pas de récession. La valorisation des actifs émergents devrait leur permettre de bien se comporter, même si la Chine devrait ralentir... Les marchés émergents qui se sont moins bien comportés que leurs homologues, depuis plusieurs années, marquent un regain de forme. Mais la récente reprise est encore faible... La dette des marchés émergents libellée en devises locales est bon marché par rapport à la dette libellée en Dollars. Concernant les actions, nous prenons une exposition tactique au Brésil.

Boursier.com : Quels arbitrages géographiques faites-vous pour les actions ?

D.M. : Les marchés américains demeurent les plus chers. Les actions américaines " pricent " déjà un scénario favorable qui ne laisse place à aucune déception... L'Europe avec un P/E de 20, hors UK, reste plus attractive, de même que les marchés émergents. La révision des profits en Zone Euro a dépassé celle des Etats-Unis. Ce qui nous fait dire que, si nous sommes globalement neutres sur la classe d'actifs des actions, nous privilégions, au sein de celle-ci, la zone Euro.

Boursier.com : Que vous inspire la situation économique des Etats-Unis ?

D.M. : La tendance conjoncturelle semble s'améliorer après un premier trimestre faible. L'accroissement du déficit public américain est source d'inquiétudes. Il est attendu à 3,2% du PIB cette année. Les baisses d'impôts promises par Donald Trump semblent difficiles à tenir car elles conduiraient à une aggravation supplémentaire du déficit. L'inflation reste contenue aux Etats-Unis : il y a encore de nombreuses personnes qui souhaiteraient travailler plus, s'ils reviennent sur le marché du travail, la hausse des salaires restera contenue.

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