Accueil
»
Sicav FCP
»
Actualités
»
Interviews
»
Consultation
Damien Kohler, Responsable de la gestion Actions européennes Small et Mid Caps de BNP Paribas Investment Partners

Damien Kohler Responsable de la gestion Actions européennes Small et Mid Caps de BNP Paribas Investment Partners

A un horizon de plusieurs années, un investissement sur les petites capitalisations reste toujours judicieux
Damien Kohler, Responsable de la gestion Actions européennes Small et Mid Caps de BNP Paribas Investment Partners

Boursier.com : Quel est l'encours des fonds que vous gérez et leurs performances ?

D.K. : Nous gérons plusieurs fonds et mandats sur les petites et moyennes Capitalisations Européennes, qui totalisent un encours de près de 5,4 MdE à fin février 2017. Ceci fait de nous l'un des principaux acteurs européens sur cette classe d'actifs. A titre d'illustration le fonds Parvest Equity Europe Small Cap, dont l'indice de référence est le MSCI Europe Small Cap (NR) a été lancé il y a bientôt dix ans sur les actions de petites capitalisations paneuropéennes. Son encours atteignait près de 1,4 MdE à fin février 2017. C'est un fonds qui, depuis sa création, a généré une performance annualisée de +7,45% contre +6,29% pour son indice de référence, avec une volatilité de 17,69% contre 19,04% pour ce même indice de référence. Il est important pour nous de surperformer nos indices de référence, et ce avec une volatilité moindre, car il s'agit d'une classe d'actifs à laquelle on fait souvent le reproche d'être plus volatile que les autres, même si elle peut parfois offrir des performances absolues bien supérieures aux autres.

Boursier.com : Quels filtres utilisez-vous pour votre sélection de titres ?

D.K. : L'univers des petites capitalisations paneuropéennes est très vaste en termes de nombre de titres, notamment en comparaison de celui des valeurs de grandes capitalisations sur cette même région. Ce qui distingue également ces deux univers c'est le risque de liquidité ; lequel sera plus prononcé pour les valeurs de petites capitalisations. Et on doit avoir à l'esprit qu'une moindre liquidité induit généralement une volatilité plus forte des cours. Il est donc important pour nous d'exclure de notre univers d'investissement, et le plus en amont possible de nos travaux d'analyse financière, les titres les moins liquides afin de réduire la volatilité de nos fonds. Il nous faut aussi, et toujours le plus en amont possible de nos travaux d'analyse fondamentale, éviter les sociétés qui ont de fortes probabilités de présenter des caractéristiques éloignées de celles que nous recherchons. Nous avons, en effet, conçu un processus d'investissement " Bottom-Up ", dédié à cette classe d'actifs, à partir d'une philosophie d'investissement simple et claire, combinant Croissance, Valorisation et Qualité. Nous recherchons ainsi des sociétés présentant des croissances de résultats et/ou de " cashflow " attractives au regard de leur valorisation dans le marché, tout en évitant les sociétés qui auraient des bilans faibles et/ou des ambitions de développement qu'elles ne pourraient pas autofinancer. Nous avons donc, depuis près de 10 ans maintenant, conçu et enrichi au fil du temps, un filtre quantitatif propriétaire qui reprend tous ces éléments et qui s'intègre, dans notre processus d'investissement, en amont de nos travaux de recherche fondamentale. Le vaste univers de valeurs est donc réduit à un groupe de titres qui devrait concentrer, par construction, l'essentiel des caractéristiques que nous recherchons, tout en étant plus " à la mesure " de nos capacités de recherche. C'est une question d'efficacité.

Boursier.com : L'univers des petites et moyennes capitalisations peut-il à nouveau surperformer les grandes capitalisations en 2017, après une année 2016 en demi-teinte ?

D.K. : Historiquement et sur longues périodes, c'est un univers qui n'a pas démérité. C'est ce qui fait d'ailleurs que de plus en plus d'investisseurs s'y intéressent. Il y a des raisons objectives pour expliquer ce phénomène de long terme. Nous n'avons toutefois pas l'habitude de recommander des " points d'entrée " pour s'exposer à cette classe d'actifs, en dehors peut-être des lendemains de crash, quand tout a été " sacrifié ", car nous ne pensons pas que cette classe d'actifs se prête au " trading " du fait de la faible liquidité de ses sous-jacents ou au " market timing ", mais davantage à un investissement de fond de portefeuille, donc de long terme. Un horizon d'un an est de fait " un peu court " pour faire des pronostics. Mais nous pensons qu'à un horizon de plusieurs années, un investissement sur les petites capitalisations paneuropéennes reste toujours judicieux. On peut cependant parler du passé et de 2016 en particulier. Ainsi 2016 s'est avérée une année où les actions européennes ont subi d'importants retraits de la part d'investisseurs locaux et globaux. Cela n'a pas aidé cette classe d'actifs peu liquide. En outre, ce fut une année où des événements politiques et économiques majeurs ont eu lieu. Il en est résulté d'importantes rotations, sectorielles notamment, à la faveur de titres tels que les valeurs bancaires ou de l'Energie ; lesquelles sont surreprésentées au sein des indices de grandes capitalisations. Et c'est donc, avant tout, ce biais de construction au sein des indices, qui a expliqué l'écart de performance constaté, en 2016, entre petites et grandes capitalisations. Les valeurs de petites capitalisations ont eu tendance, par le passé, à surperformer celles de grandes capitalisations, notamment dans les phases de reprise et d'accélération de la croissance économique.

Boursier.com : Quelles thématiques privilégier en 2017 ?

D.K. : Notre sélection est exclusivement " Bottom-Up " et de type " GARP " (Growth At Reasonable Price). Dans la pratique, cela signifie que les valeurs dans lesquelles nous investissons sont choisies sur la base de critères fondamentaux qui leur sont propres, sur ce que nous pensons être les forces intrinsèques de leur modèle économique. Nous ne les sélectionnons donc pas sur des considérations macroéconomiques / " Top-Down ", ce qui ne nous empêche pas d'essayer de comprendre l'environnement global dans lequel elles évoluent. Ainsi, tout biais sectoriel ou thématique qui peut apparaître dans nos portefeuilles ne sera qu'un biais induit par notre seule sélection de titres. Ainsi, à fin février 2017, notre portefeuille était surpondéré sur les valeurs de Télécommunication et d'Informatique, et il était sous-pondéré en valeurs Financières et de l'Energie. Notre portefeuille était, dans le même temps, surpondéré sur la France et la Suède et sous-pondéré sur le Royaume Uni et la Belgique.

Boursier.com : Des exemples de valeurs, parmi vos convictions ?

D.K. : A fin février 2017, une de nos 61 positions était notamment Recordati SPA une société pharmaceutique italienne détenue en portefeuille de longue date, ce qui est souvent le cas puisque nous avons tendance à détenir nos titres pendant près de 3 ans, en moyenne. Cette société pharmaceutique présente la particularité d'avoir noué des partenariats avec des laboratoires américains et japonais afin de commercialiser leurs produits en Europe. Elle a su, dans le même temps, se développer également dans les médicaments utilisés pour le traitement de maladies dites " orphelines ", médicaments dont les marges sont particulièrement élevées et dans les produits " OTC ". Le groupe a par ailleurs été vertueux dans la gestion de ses coûts en Europe de l'Ouest. A titre indicatif, ses marges opérationnelles sont passées de 21% en 2010 à 28% en 2016, et nous estimons que cette progression n'est pas terminée. Recordati SPA présente, à titre d'illustration, le genre de caractéristiques que l'on cherche à retrouver, en règle générale, dans nos investissements.

©2017-2020,