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Cormac Weldon, Head of US Equities chez Artemis IM

Cormac Weldon Head of US Equities chez Artemis IM

Les grands indices devraient progresser de 5 à 10% cette année
Cormac Weldon, Head of US Equities chez Artemis IM

Boursier.com : Qu'est-ce qui pourrait provoquer une récession de l'économie américaine ?

C.W. : Les données économiques indiquent de plus en plus un ralentissement de la conjoncture américaine. Il est clair que l'économie globale marque aussi le pas, notamment en Europe et en Chine. L'an passé les réductions d'impôts sur les sociétés et l'augmentation des dépenses en capital ont stimulé l'économie américaine, mais cette situation ne se reproduira pas en 2019. Toutefois nous tablons malgré tout sur une croissance d'environ 2%. Depuis le début de l'année, les marchés ont retrouvé des couleurs. La croissance des bénéfices reste encourageante, mais il faudra s'attendre à des poussées de volatilité. En règle générale, les récessions peuvent avoir deux sortes de causes. C'est le cas quand la situation économique d'un pays s'emballe (une crise du marché immobilier ou une bulle du secteur de la technologie par exemple). Ces emballements déclenchent une récession parce qu'ils entraînent une baisse des prix et de la rentabilité des entreprises et se traduisent par conséquent par une perte de confiance. L'évolution des taux d'intérêt constitue un élément supplémentaire extrêmement important. Les économies de tous les pays développés fonctionnent avec un certain niveau d'endettement (qu'il s'agisse de la dette publique, de l'endettement des consommateurs et de celui des entreprises) qui encourage l'activité économique. Dans le passé, les grands cycles économiques sont tous arrivés à leur terme quand la banque centrale américaine, a remonté les taux d'intérêt (la plupart du temps pour freiner l'inflation). La hausse des taux ralentit alors la croissance économique et provoque une récession. Nous ne voyons actuellement à l'oeuvre aucun de ces deux phénomènes. Il n'y a pas de bulle et la FED vient de marquer une pause dans sa politique de hausse des taux d'intérêt parce que l'inflation reste modérée.

Boursier.com : Le niveau actuel des taux d'intérêt est-il un frein pour l'activité ?

C.W. : Les taux d'intérêt ont monté au quatrième trimestre 2018 (si on prend comme références les taux des crédits immobiliers et les conditions dans lesquelles les entreprises se sont endettées) et cette remontée des taux a commencé à produire des effets sur l'activité économique. Mais la décision prise récemment par la banque centrale américaine de marquer une pause dans sa politique monétaire s'est traduite par une baisse des taux d'intérêt, ce qui réduit les risques d'une détérioration de la situation économique.

Boursier.com : La valorisation de Wall Street est-elle trop élevée ?

Apres le revers observé en fin d'année 2018 de nombreux segments du marché US affichaient une valorisation attrayante. Depuis, le prix des actions s'est redressé mais il reste des poches 'value' notamment dans le secteur technologique.

Boursier.com : Les tensions commerciales ont-elles un impact réel sur la conjoncture ?

C.W. : Oui. D'abord les tensions en matière de commerce international ont des conséquences sur le niveau de confiance dans le monde des affaires. Elles créent de l'incertitude et amènent les entreprises à reporter leurs décisions d'investissement. De plus, elles peuvent renchérir significativement les coûts et compliquer les approvisionnements, ce qui constitue un handicap supplémentaire.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer les indices américains cette année ?

C.W. : Les cours ont remonté de façon significative par rapport aux niveaux les plus bas qu'ils avaient atteints l'année dernière. Les grands indices devraient progresser à notre avis cette année de 5 à 10%.

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