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Bruno Vanier, Président de Gemway Assets

Bruno Vanier Président de Gemway Assets

Nous voulons miser sur la Chine de demain, alors que les ETF ne permettent de jouer que la Chine d'hier!
Bruno Vanier, Président de Gemway Assets

Boursier.com : Vous lancez un nouveau fonds dédié à la Chine, GemChina, est-ce facile pour un gérant étranger d évoluer dans l écosystème boursier chinois et de réaliser du stock-picking ?

B.V. : Nous investissons depuis plusieurs années sur les actions A chinoises, cotées à Shanghaï et à Shenzhen. Gemway Assets investit depuis fin 2014 sur le marché des actions A. Investir sur ce marché nécessite de bien connaitre les sociétés, d'aller souvent sur place les visiter : tous les mois un gérant de Gemway Assets se déplace entre une et deux semaines dans un pays émergent. Nous avons des entretiens avec 400 sociétés par an, d'avoir de très bons dépositaire et un middle-office : règlement en J+0 vs J+2 pour la plupart des autres marchés. Nous avons passé depuis 2014 plusieurs centaines d'ordres sans le moindre problème et dans certains cas de parler mandarin : c'est le cas de deux de nos analystes-gérants sont chinoises. La part des actions A faible dans les indices, devrait représenter entre 25 et 40% du fonds contre 29% du portefeuille cible actuel.

Boursier.com : Le marché chinois est-il toujours drivé par les investisseurs particuliers ?

B.V. : Oui, mais de moins en moins. La part des investisseurs particuliers boursicoteurs très actifs avec des critères de stock picking parfois assez déconcertants, sur le marché A qui était de 98% du flottant en 2004 a progressivement diminué pour atteindre 57% en 2018. La part des investisseurs institutionnels, principalement compagnies d'assurances et sociétés de gestion, a régulièrement progressé pour atteindre 36%. Enfin la part des investisseurs internationaux, inexistante jusqu'en 2007, a atteint 7% du flottant en 2018 soit un doublement depuis 2016. Cela correspond à une professionnalisation du marché qui traduit une meilleure maturité.

Boursier.com : Les valeurs non chinoises occupent-elles une place importante du fonds ? Retrouve-t-on des valeurs françaises ?

B.V. : Une part marginale pourrait en effet être investie dans des sociétés non chinoises, de l'ordre de 6% du portefeuille cible, dont une grande partie de la croissance est liée au marché chinois. Des titres comme Fanuc (fabricant japonais de robots) ou Hermès (dans le domaine du luxe) pourraient être concernés en l'absence d'alternative locale de qualité.

Boursier.com : Quelles seront les premières lignes du fonds ?

B.V. : Le fonds GemChina sera créée le 8 octobre 2019. Au delà de titres assez connus tels qu'Alibaba, nous devrions retrouver dans les 10 premières lignes Ping An Insurance, leader de l'assurance vie en Chine; Hangzhou Hikvision, leader des caméras de surveillance et du traitement du signal IA, Shenzhou International, champion de la sous-traitance textile, fournisseur de Nike, Puma, Adidas ou Uniqlo; Foshian Haitian, marque a forte notoriété, leader de la sauce soja et sauce huître en Chine; ou Jiangsu Hengrui, l'un des principaux laboratoires pharmaceutiques chinois.

Boursier.com : Pourquoi jouer le marché chinois via un gérant et non via un ETF?

B.V. : Les ETF ne nous paraissent pas les mieux bien adaptés afin de tirer profit du fort développement de la Chine. Pour simplifier je dirai que sur le marchés chinois, les indices représentent en grande partie la Chine d'hier : certes Alibaba ou Tencent, mais aussi beaucoup de banques, d'immobilier ou de pétrole et non pas la Chine de demain avec les titres cités précédemment ou des titres comme Pinduoduo, nouvel acteur du e-commerce en fort développement.

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