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Axel Champeil, PDG de Champeil et gérant de portefeuille

Axel Champeil PDG de Champeil et gérant de portefeuille

Les valeurs de qualité, mais aussi 2 paris plus risqués...
Axel Champeil, PDG de Champeil et gérant de portefeuille

Boursier.com : On s'attend à un effondrement de l'économie mondiale, des catastrophes pour certains secteurs économiques sont anticipées : toutes les mauvaises nouvelles ne sont-elles pas aujourd'hui dans les cours ?

A.C. : L'incertitude demeure et nous ne sommes pas à l'abri de nouvelles mauvaises nouvelles, ce qui devrait encore se traduire par de la volatilité sur les marchés d'actions. De plus, on est aujourd'hui sur des niveaux de valorisation de fin 2018 date à laquelle on anticipait un simple ralentissement de l'économie. Aujourd'hui, nous savons que nous ferons face à la pire récession depuis la deuxième guerre mondiale... Mais à court terme, un CAC40 repassant nettement sous les 4.000 points n'est pas sûr en raison des interventions des banques centrales et des gouvernements. Ce qu'on peut craindre en revanche c'est un marché boursier entrant dans un mouvement baissier lent et progressif. Cela dépendra beaucoup des flux en direction des Marchés d'actions.

Boursier.com : Les mesures de la BCE ont-elles été à la hauteur? Disproportionnées?

A.C. : Ce qui est favorable ce sont les mesures gouvernementales de soutien, au plus près de l'économie réelle. A moyen terme, cela pourrait générer un peu d'inflation, laquelle permettra aussi de gérer le problème des dettes publiques. Il faut évidemment surveiller les conséquences des interventions massives des banques centrales et l'accroissement de leurs bilans qui se paiera un jour. La question est de savoir si des bulles en seront les conséquences, comme on l'a observé sur l'immobilier, l'obligataire et le Private Equity ces dernières années. Aura t-on un retour de bâton? A l'inverse, concernant le Marché d'actions, qui n'était absolument pas un marché de bulle avant la crise, les opportunités existent et structurellement, les épargnants redécouvrent l'attrait d'une épargne liquide et l'intérêt d'un investissement diversifié via des groupes internationaux.

Boursier.com : Malgré la chute, on parle d'un vif regain d'intérêt pour la Bourse de la part des particuliers. Pourquoi selon vous?

A.C. : Les investisseurs en immobilier sont dans le flou total concernant la perception de leurs loyers. Ceux en Private Equity ne peuvent pas récupérer leur argent investi. Et concernant les Assurance-Vie en fonds en Euros, constitués de dettes d'Etats, on peut considérer qu'elles intègrent bien plus de risque qu'on ne veut le croire... Au final, avec un CAC40 à 4.500 points, les investisseurs observent des moins-values relativement acceptables s'ils ont investi en 2018 et 2019, mais sur un actif mobilisable à tout moment, permettant en outre une large diversification du risque, notamment via de grandes sociétés très internationalisées.

Boursier.com : Faut-il se tourner vers les actions ayant le plus baissé...?

A.C. : Deux mondes coexistent au sein de la cote! Les valeurs ayant énormément baissé, comme l'aéronautique, le tourisme, les compagnies aériennes, et les valeurs ayant bien résisté. Le phénomène apparaît justifié pour les premières, étant donné l'immense incertitude touchant leurs marchés. Les valeurs qui ont bien résisté, tout en reculant quelque peu, ont regagné beaucoup de terrain avec le rebond et retrouvent des cours assez élevés. Nous préférons nous concentrer sur celles-ci, mais en préférant attendre de nouveaux stress de marché pour nous positionner.

Boursier.com : Sur lesquelles?

A.C. : Le secteur du logiciel avec très peu de dettes et beaucoup de cash : Alphabet, Microsoft, SAP... L'agroalimentaire qui serait favorisé en cas de nouveaux stress de Marché, avec Nestlé, Unilever ou Danone. Les acteurs des Télécoms toujours très en retard et dont on s'aperçoit durant la crise qu'ils disposent d'un actif de 1er plan : le réseau! Enfin le Luxe, dont les acteurs regorgent de cash. Tous ces groupes traverseront la crise de manière sereine. Il faut en revanche attendre d'obtenir plus de visibilité concernant les sociétés qui sont plus touchées. Leurs avertissements ne sont pas encore chiffrés pour la plupart et on n'en aura une idée que dans plusieurs mois. En résumé préférer la qualité!

Boursier.com : Des paris malgré tout, parmi les secteurs les plus dégradés?

A.C. : Oui deux! Le pétrole au travers d'ETF, ou au travers de majors pétrolières qui ont les reins solides, pour jouer une stabilisation du prix du baril à des niveaux plus élevés. Il se peut très bien que l'OPEP finisse par s'entendre et que le prix du baril remonte, alors même qu'il souffre de la crise économique. Un autre secteur massacré sur lequel nous sommes prêts à prendre un peu de risque pour bénéficier de plus de levier à la hausse : l'immobilier commercial, via Unibail et Covivio.

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