Axel Botte, Strategiste chez Ostrum AM

Axel Botte Strategiste chez Ostrum AM

Le CAC40 proche des 5.500 points fin 2019...
Axel Botte, Strategiste chez Ostrum AM

Boursier.com : Quelle analyse faites-vous de la croissance économique de 2019 ?

A.B. : La croissance globale va ralentir en 2019. La zone Euro poursuit sa convergence vers sa croissance potentielle autour de 1,7% et aux Etats-Unis, le stimulus budgétaire va s'estomper et l'effet a politique monétaire restrictive de la Fed va commencer à se matérialiser, on commence à le constater sur le secteur immobilier. La stratégie monétaire américaine pèsera aussi sur la croissance américaine en 2020. La Fed continuera de durcir le ton pour limiter les risques de déséquilibres résultant de la politique budgétaire.

Boursier.com : Quelles sont les prévisions 2019 d'Ostrum AM ?

A.B. : A ce stade, nous pensons que le " 10 ans " américain sera de 3,50% fin 2019, contre 3% environ aujourd'hui, le Bund allemand à 0,70% contre 0,30% aujourd'hui. Nous envisageons une parité Euro/Dollar à 1,15$, un Brent à 55$, le S&P 500 à 2.790 points et le CAC40 à 5.470 points.

Boursier.com :Les risques listés sont nombreux en zone Euro, du Brexit à l'Italie. Dans ce contexte pourquoi prévoyez-vous malgré tout une progression du CAC40 à 5.470 points fin 2019 ?

A.B. : Il faut tenir compte du terrain perdu en 2018 avec un indice autour de 5.000 points aujourd'hui. La politique monétaire de la BCE restera accommodante en 2019 et l'Euro demeure faible. Après une période prolongé de ventes cette année, on peut imaginer que les investisseurs américains reviendront progressivement sur les actions de la zone euro au cours de 2019.

Boursier.com :Le contexte social actuel en France est-il susceptible de peser sur la croissance française ?

A.B. : La France n'est pas dans une situation comparable à l'Italie ou à la Hongrie où les gouvernements ne veulent pas respecter les règles européennes. Mais la trajectoire de croissance est incertaine. Le point de départ de l'économie française en 2019 sera moins favorable que fin 2018 et la croissance annuelle sera alors plus faible pour 2019.

Boursier.com :A plus court terme comment voyez-vous la fin d'année boursière ?

A.B. : Le mois de décembre s'annonce animé sur les marchés, avec le vote du Parlement britannique le 11 décembre mais avant cela, la réunion de l'OPEP en fin de semaine. Il y aura aussi les rendez-vous des banques centrales dont celui de la Fed alors que le consensus table sur un dernier relèvement des taux. De façon générale, les marchés devraient demeurer agités durant le premier semestre 2019 avec l'échéance électorale européenne de mai et la situation en Italie, qui va demeurer sous pression des marchés.

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