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Arnaud Cadart, Gérant de portefeuilles chez Flornoy & Associés Gestion

Arnaud Cadart Gérant de portefeuilles chez Flornoy & Associés Gestion

Une rotation vers les actifs plus cycliques et plus risqués...
Arnaud Cadart, Gérant de portefeuilles chez Flornoy & Associés Gestion

Boursier.com : Quelle est aujourd'hui votre perception des Marchés actions?

A.C. : Les grands intervenants du marché veulent garder de la flexibilité quasiment au jour le jour car ils sont ballottés par des effets d'annonce politiques imprévisibles. Dans ce contexte, l'alternative actions qu'ils retiennent largement face aux obligations d'Etat à rendements réels négatifs se résume aux poches les plus liquides de la cote. Ceci, conjugué à la montée en puissance de la gestion passive, a favorisé la surperformance des indices de plus grandes capitalisations, l'Euro Stoxx 50 pour faire simple... Les marchés des plus petites capitalisations, ou des actifs les moins liquides, ne font rien ou pas grand-chose depuis le début de l'année. 2019 sera une deuxième année consécutive de sous-performance du segment, qui souffre de l'absence d'argent frais et d'appétit. Cela pourrait toutefois changer dans un avenir proche. On assiste en effet depuis août à une rotation vers les actifs plus cycliques et plus risqués, sur fond de diminution des risques politiques. Cela a commencé par le changement de coalition en Italie, le recul des autorités à Hong Kong sur l'extradition, et désormais sur des sujets de plus grande importance : la guerre commerciale et le Brexit. Autant d'éléments qui, s'ils étaient solutionnés, permettrait d'anticiper une reprise économique, et redynamiserait l'investissement, notamment industriel. De façon générale, la macroéconomie et le politique dominent les marchés : à l'exemple de ce qu'il s'est passé après l'avertissement de Plastic Omnium. Le titre cote au-dessus de son cours d'avant avertissement, ayant bénéficié du mouvement haussier de fin de semaine sur les marchés, lié à l'accord USA-Chine...

Boursier.com : Les petites valeurs continuent de sous-performer...

A.C. : L'argent sorti de la gestion active sur les petites et moyennes capitalisations n'est en effet pas revenu. La décollecte a même eu tendance à se poursuivre, à la lecture des données de marché et de l'AMF. Le marché est encore intermédié, la gestion passive l'a moins pénétré et les coûts de transaction sont plus élevés que sur les actifs très liquides car les grands investisseurs institutionnels passent par des maisons de gestion spécialisées. Or, ils ne semblent pas encore prêts à confier des mandats à 3 ans sur cette classe d'actifs. Une plus grande confiance dans les perspectives économiques devrait les y encourager. Il est aussi vrai que le capital investissement est une alternative de plus en plus prisée par les zinzins sur des horizons d'investissement longs. Mais attention à la bulle sur ces actifs non cotés.

Boursier.com : Quels ont été vos récents arbitrages ?

A.C. : Nous pouvons intervenir sur des capitalisations de 100 ME à 10 MdsE environ mais le manque d'appétit pour des actifs peu liquides nous encourage plutôt à rester sur le haut du panier. Nous avons récemment pris quelques bénéfices sur des valeurs de qualité ayant réalisé de très beaux parcours, comme CTS Eventim ou Robertet pour repondérer certaines cycliques comme Interroll, EMS Chemie ou Lisi. Voire certaines bancaires comme Mediobanca. Nous avons également renforcé nos positions dans le leader mondial du liège, Corticeira Amorim, une très belle valeur portugaise, en amont d'une normalisation des cours de la matière première. Et fait un aller-retour sur Solutions 30, pour profiter de la forte baisse du titre provoquée par FT Alphaville.

Boursier.com : Quelles sont les premières lignes de votre fonds ?

A.C. : Evolis, le suisse Interroll, leader mondial de la fourniture de solutions de flux de marchandises qui équipe par exemple les entrepôts logistiques d'Amazon et dont la croissance est tirée par l'Asie et les e-logisticiens. Rothschild & Cie, qui souffre malheureusement d'un contexte de fusions-acquisitions au ralenti lié aux incertitudes géopolitiques. Le norvégien Salmar, éleveur de saumons, est aussi dans le Top 5. Enfin, nous avons renforcé Amplifon, qui accusait le coup dans la logique de marché lâchant les belles valeurs de croissance chères.

Boursier.com : La faiblesse des cours sur les petites et moyennes capitalisations ne se concrétise pas par des opérations de rachat...

A.C. : Certains gérants ont manifesté de façon véhémente leur désappointement à propos de certaines opérations comme Harvest ou Evolis. Cela n'encourage peut être pas les dirigeants en ce sens, même si la loi Pacte facilite désormais les choses en la matière... De plus, le private equity ou les holdings d'investissement hésitent à passer à l'acte sur le côté, car l'accès à l'information privilégiée sur les sociétés cotées est évidemment très encadré... Mais ils ont les poches pleines et regardent des dossiers!

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