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Anton Brender, Chef économiste chez Candriam Investors Group

Anton Brender Chef économiste chez Candriam Investors Group

L'économie mondiale va bien !
Anton Brender, Chef économiste chez Candriam Investors Group

Boursier.com : Comment se porte l'économie mondiale ?

A.B. : L'économie mondiale va bien alors que la croissance continue d'être révisée à la hausse, elle approche ainsi les 4% pour 2018. La contribution la plus importante provient des économies émergentes avec une bonne tenue de l'Asie mais également de l'Europe centrale et orientale.

Boursier.com : Quelle est la situation en Chine ?

A.B. : En 10 ans, les contributeurs à la croissance chinoise ont bien changé. La consommation joue désormais un rôle plus important au détriment de l'investissement et des exportations... Par ailleurs, les autorités chinoises sont parvenues à enrayer la hausse du poids de l'endettement privé et du shadow banking. Si, dans les prochains mois, le gouvernement estime que le ralentissement de l'activité est trop marqué, il n'hésitera pas à soutenir la croissance alors que le pays en a les moyens...

Boursier.com : Le renchérissement du pétrole est-il inquiétant pour la croissance ?

A.B. : Alors que l'Iran pourrait être victime de sanctions et que la production au Venezuela ne cesse de se contracter en raison de la déliquescence du pays, le prix du baril est remonté depuis l'été dernier. Les pays de l'OPEP et la Russie ont la capacité de produire davantage de pétrole si les exportations de l'Iran venaient à baisser sensiblement... Nous avons le sentiment que le pétrole ne devrait pas déstabiliser l'économie mondiale.

Boursier.com : L'économie américaine est-elle en haut de cycle ?

A.B. : Depuis 2 ans, la croissance de l'économie américaine a nettement accéléré. La consommation des ménages apporte 2 points de croissance tandis que la reprise de l'investissement des entreprises est nette et devrait se poursuivre. A l'avenir, les créations d'emplois et les hausses de salaires devraient continuer de doper la masse salariale avec un effet positif sur la consommation des ménages américains. Les enquêtes de conjoncture restent d'ailleurs bien orientées... Avec la remontée des taux d'intérêt, la charge de la dette des ménages s'élève mais elle reste gérable. Si les incertitudes géopolitiques et les tensions commerciales n'affectent pas la confiance, la croissance des Etats-Unis devrait approcher 3% en 2018.

Boursier.com : Craignez-vous une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ?

A.B. : Alors que les Etats-Unis ont adopté une spécialisation sur les services, il est normal que le déficit des biens du pays se creuse. On note ainsi un gros déficit commercial des USA avec la chine. Ce déficit avec la Chine porte de plus en plus sur des produits de haute technologie ce qui agace les autorités américaines. Avec l'Europe, le déficit américain porte davantage sur les automobiles... Nous ne croyons pas à un scénario de guerre commerciale. Mais si cela se produisait, on aurait une pression sur l'investissement du fait de l'attentisme des entreprises.

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