Alexandre Hezez, Directeur de la Gestion Financière chez Richelieu Gestion

Alexandre Hezez Directeur de la Gestion Financière chez Richelieu Gestion

2022 sera sans doute l'année de la hausse des taux
Alexandre Hezez, Directeur de la Gestion Financière chez Richelieu Gestion

Boursier.com : Le resserrement monétaire risque-t-il de peser sur les marchés boursiers ?

A.H. : Les banques centrales ont acté la normalisation des politiques monétaires sans prendre le risque d'asphyxier. Ce changement de ton et les mesures annoncées ont essentiellement traduit la fin du rattrapage macroéconomique. Le PIB est revenu à un niveau équivalent voire supérieur à celui d'avant la pandémie et la dynamique de l'emploi reste robuste sur l'ensemble de la planète. Il n'est donc plus nécessaire d'avoir des politiques monétaires ultra accommodantes... Bref, les banques centrales valident la fin de cet épisode où leurs mesures ont été salutaires.

Boursier.com : Quelles vont être les conséquences sur l'économie ?

A.H. : La nouvelle politique menée par les banques centrales devrait se faire sans mettre à mal l'économie. La première étape consiste à réduire les apports de liquidités mis en place pour faire face à la crise sanitaire. La prochaine étape est la remontée des taux. L'année 2022 sera sans doute l'année de la hausse des taux avec 2% en vue sur le 10 ans américain et 0,3% sur le 10 ans allemand. Les niveaux resteront néanmoins raisonnables et cette renormalisation sera absorbée par les marchés financiers sans implication sur la croissance. Pas de quoi pour l'instant sur-réagir et prendre le risque de déstabiliser l'activité...

Boursier.com : Quels sont les principaux risques actuels ?

A.H. : En dehors d'Omicron, il existe des risques de déstabilisation. Le manque de main-d'oeuvre est susceptible d'accentuer les déséquilibres sur les chaînes de production déjà en difficulté et renforcer ainsi les pressions inflationnistes. Certaines entreprises disent que les goulots d'étranglement du côté de l'offre devraient durer jusqu'en 2023. Nous ne savons pas précisément à quelle vitesse ils se résorberont mais il est clair qu'avec le temps, ils seront résolus. Dans ces conditions, nous privilégions les entreprises capables d'augmenter leurs prix, car elles peuvent répercuter la hausse des coûts de production sur leurs consommateurs finaux et protéger leur marge.

Boursier.com : Comment voyez-vous évoluer les marchés actions ?

A.H. : Selon notre scénario central, le cycle conjoncturel en cours devrait se poursuivre. Compte tenu du bas niveau des stocks dans certains secteurs clés, nous anticipons des performances positives en 2022, emmenées par les actions dont la hausse des bénéfices en 2022 est estimée entre +7% et +9%. Le sous-investissement des entreprises a exacerbé les pénuries structurelles, ce qui impose une relance des dépenses d'investissement.

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