Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d'IG France

Alexandre Baradez Responsable Analyses Marchés d'IG France

Le pic d'inflation a été atteint aux Etats-Unis, mais...
Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d'IG France

Boursier.com : Le pic d'inflation, vraisemblablement atteint aux Etats-Unis, peut-il inciter la Fed a être moins dure dans son tour de vis?

A.B. : Le pic d'inflation aux Etats-Unis se situe sans doute entre le deuxième et le troisième trimestre. La Fed le sait et la question est effectivement désormais de savoir si elle va en tenir compte ou si elle va l'ignorer et poursuivre sur les bases du discours de Jackson Hole, autrement dit frapper fort avec un relèvement de 100 points de base ce mercredi. De toute manière il faut agir vite et fort pour arriver rapidement au taux neutre, car l'impact économique sera moindre que si l'inflation s'installe à cause de mesures insuffisantes.

Boursier.com : Néanmoins la perspective d'une récession peut-elle infléchir l'attitude des banquiers centraux?

A.B. : On constate dans les propos de plusieurs membres de la Fed et même de la BCE que le sujet de la récession est de moins en moins tabou. Les banquiers centraux commencent à considérer qu'il s'agit d'un point de passage obligé pour retrouver un niveau d'inflation acceptable. Dans ce contexte-là, on peut imaginer qu'elles fassent un geste fort, quitte à mettre en péril la croissance, en tout cas ponctuellement.

Boursier.com : Les marchés donnent des signes de faiblesse actuellement...

A.B. : On constate que les valeurs défensives, Télécoms, Utilities, Santé, qui avaient bien joué leur rôle de valeurs refuges en début d'année, commencent à piquer du nez... C'est le signe, pour les investisseurs, qu'il n'y a plus de segment où se réfugier...

Boursier.com : Pour leur part, les niveaux de valorisations incitent à revenir sur les actions...

A.B. : A 10 fois les bénéfices pour le CAC 40, on se situe dans les moyennes basses de valorisation. La question est de savoir si des niveaux supérieurs seront de nouveau atteints sans passer au préalable par des niveaux inférieurs, autour de 8 fois... Sans nouveau 'black swan", il n'y a pas vraiment de raisons d'aller plus bas qu'un niveau techniquement très dense entre 5.600 et 5.800 points.

Boursier.com : Vous expliquez que la situation géopolitique pourrait être le " game changer " sur les marchés. Mais dans quel sens?

A.B. : La situation géopolitique pourrait effectivement être le " game changer " vers une stabilisation des marchés et de l'économie mondiale. En cas de stabilisation voire de détente, l'effet sera visible rapidement sur les prix par une détente supplémentaire des matières premières, entraînant une moindre pression sur les taux et donc, par effet collatéral, sur les marchés actions car elle permettrait aux banquiers centraux, surtout la BCE, d'avoir une meilleure visibilité sur la trajectoire des prix et de l'économie.

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