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Alain Caffort, Co-gérant du fonds Pictet Family

Alain Caffort Co-gérant du fonds Pictet Family

Le fonds "Pictet Family" pour miser sur les sociétés familiales
Alain Caffort, Co-gérant du fonds Pictet Family

Boursier.com : Il existe des fonds sur la thématique "familiale". Quelle sera la particularité de celui que vous lancez, "Pictet Family"

A.C. : Les fonds présents sur cette thématique ne sont pas si nombreux que ça et ceux qui existent ont une approche régionale. Pourtant, les sociétés familiales occupent 15 à 20% des grands indices, mais au final, on dénombre peu de véhicules dédiés, ou alors avec une approche régionale donc, ou quantitative, autrement dit ne tenant pas compte des caractéristiques de ces sociétés. Notre approche sera globale. Les entreprises familiales sont l'épine dorsale de l'économie mondiale, représentant 50% des emplois privés dans le monde, et plus de 50% du PIB dans de très nombreux pays. Ce sont des éléments universels. Notre univers d'investissement sera donc global.

Boursier.com : Quelle répartition géographique?

A.C. : L'univers d'investissement est très équilibré géographiquement, avec globalement 1/3 Europe, 1/3 Amérique du Nord et 1/3 autres pays dont principalement Asie. Notre stratégie de portefeuille verra une pondération à 39% Europe, 39% Etats-Unis et 22% Asie.

Boursier.com : Quels sont les critères de sélections?

A.C. : Le critère principal concerne les droits de vote qui doivent être contrôlés au minimum à 30% par la famille aux commandes de la société. Ce qui nous intéresse c'est bien l'impact des familles sur l'investissement et les choix stratégiques des entreprises. Nous cherchons donc les sociétés avec un actionnaire de référence engagé. Ce niveau de 30% n'est pas arbitraire, il est très rationnel : on constate en moyenne 60% de présence en AG dans les pays de l'OCDE, on peut donc considérer qu'avec 30% des droits de vote, le contrôle s'exerce. C'est en outre souvent un seuil de déclenchement d'offres obligatoires. Nous excluons par ailleurs les petites et moyennes capitalisations des pays émergents car nous considérons que les informations financières et les détails à propos des gouvernances sont moins accessibles.

Boursier.com : D'autres critères sont-ils retenus?

A.C. : Nous n'investissons pas sur des titres dont la liquidité quotidienne est inférieure à 5 millions de dollars, ce qui signifie que notre positionnement s'avère plutôt "valeurs moyennes et grandes ". La liquidité est importante pour ces valeurs, puisque par définition la part de capital détenue par les familles de référence ne tourne pas et que les autres investisseurs au capital ont souvent une optique de long terme.

Boursier.com : Qu'en est-il de la performance de ces valeurs?

A.C. : Le "back-test" effectué, sans biais du survivant, affiche une surperformance de 46% sur 12 ans par rapport au MSCI ACWI. On s'aperçoit que cette surperformance est d'autant plus remarquable qu'elle s'est effectuée avec une sous-exposition à la zone qui a le plus surperformée sur la période : les Etats-Unis. Lorsqu'on observe les différents facteurs sur la période, comme le momentum, la croissance ou autre, la contribution à un facteur "indéterminé", est de 87%! C'est là que réside le facteur "spécial", "famille"!

Boursier.com : Des exemples de sociétés...

A.C. : Dans l'univers d'investissement, on retrouve l'automobile, le luxe, de la consommation spécialisée. Des titres comme Puma, Columbia Sportswear, Hermès, L'Oréal, LVMH, Walmart, Spotify, Veeva Systems...

Boursier.com : Quel est le principal risque sur cette classe d'actions?

A.C. : Un des éléments importants que nous surveillons est l'alignement des intérêts de l'actionnaire principal avec ceux des minoritaires.

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