Cotation du 22/03/2019 à 19h55 Pétrole Brent -1,22% 67,030$
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Pétrole : stop ou encore ?

Pétrole : stop ou encore ?

Le rebond des prix va se poursuivre, selon OFI AM

Pétrole : stop ou encore ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le redressement des cours de l'or noir a de bonnes chances de se poursuivre en 2019... Telle est en tout cas la conclusion à laquelle parvient Benjamin Louvet, gérant matières premières à OFI AM. Dans un 'flash marchés' envoyé par la maison de gestion à ses clients, l'expert identifie des facteurs inflationnistes pour le baril de brut, en particulier la réduction de l'offre.

L'OPEP et ses alliés à la manoeuvre

Depuis le 26 décembre, date où le pétrole a touché son point bas des dernières semaines, le prix de l'or noir s'est repris de plus de 20 %, rappelle Benjamin Louvet. Selon lui, la principale cause de la reprise des cours est la mise en oeuvre par les pays de l'OPEP et les pays alignés sur sa stratégie (OPEP+), de la réduction de la production entérinée lors de la réunion de Vienne début décembre. Si l'accord trouvé a pu être perçu comme décevant, notamment en raison de la difficulté avec laquelle il a été obtenu, son efficacité est bien réelle, considère-t-il.

Pour le gérant, on peut s'attendre à une réduction de la production de la part de l'OPEP+ qui se situera plutôt entre 1,7 et 1,8 million de barils par jour à compter de janvier. Et cet accord a toutes les chances d'être respecté, notamment parce que la volonté de l'Arabie saoudite de voir les prix du pétrole remonter est forte. En effet, ses finances publiques ont besoin d'un prix du baril élevé pour retrouver l'équilibre. Cet ajustement pourrait donc s'avérer extrêmement efficace, souligne Benjamin Louvet.

L'Iran, le Canada et la Lybie

Parmi les autres leviers pour la réduction de l'offre de pétrole, l'expert d'OFI AM mentionne l'effet des sanctions américaines sur la production iranienne qui pourrait amputer le marché de 300 000 barils par jour, les problèmes logistiques au Canada qui ont conduit le gouvernement à réduire la production nationale de 325 000 b/j, sans oublier le blocage du plus grand champ de Lybie (Sharara). Au total, Benjamin Louvet évalue à plus 2,5 millions de barils par jour la réduction sur le mois de janvier.

Les 100$ dans le viseur ?

La réduction de l'offre et le changement de perception sur les stocks américains pourraient contribuer à la poursuite du redressement des prix de l'or noir, estime le gérant d'OFI AM. Au-delà, deux problèmes structurels pourraient permettre au prix du pétrole de retrouver, selon nous, des niveaux proches ou supérieurs à 100 $ le baril, poursuit-il. Et de citer en premier lieu la réforme de l'Organisation Internationale Maritime (IMO) sur la qualité des carburants utilisables dans le transport maritime : Cela implique une augmentation de la consommation de produits raffinés peu soufrés à laquelle l'industrie n'est pas prête. Cela pourrait impliquer une dislocation du marché du pétrole, et notamment un relatif désintérêt pour le pétrole de schiste dont la qualité n'est pas idéale pour répondre à cette nouvelle demande.

Manque chronique d'investissements

Mais c'est surtout le manque d'investissement de ces dernières années qui devrait finir par avoir un impact désastreux sur la capacité de production de pétrole au niveau mondial et entraîner une très forte réappréciation des cours de l'or noir, estime Benjamin Louvet. Il rappelle à ce titre que l'industrie pétrolière n'a investi que les deux tiers des investissements annuels nécessaires au maintien de la production de pétrole conventionnel sur les trois dernières années. La conséquence de ce sous-investissement est une baisse prévisible de la production de pétrole conventionnel (92 % de la production actuelle) à partir de 2020 et pour les années à venir.

Le gérant conclut logiquement en affirmant que l'on n'en a probablement pas fini avec des prix du pétrole élevés...

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