Cotation du 11/07/2020 à 00h00 Pétrole Brent +2,10% 43,240$
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Pétrole : nouvelles secousses, le WTI replonge de près de 25% !

Pétrole : nouvelles secousses, le WTI replonge de près de 25% !

Le pétrole rechute...

Pétrole : nouvelles secousses, le WTI replonge de près de 25% !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le pétrole a rechuté lundi... Et pas qu'un peu ! Après une belle fin de semaine de rebond, les cours du WTI et du Brent se sont effondrés à nouveau sur fond de chute de la demande et d'arrivée à saturation des capacités de stockage.

Le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a plongé de 24,6% à 12,78$ le baril sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance a cédé 6,7% à 19,99$. Le plongeon du WTI a été accentué par des ventes par le fonds coté (ETF) pétrolier, United States Oil Fund, qui s'est allégé sur le contrat de juin afin de reporter ses paris sur des échéances plus lointaines notamment celle de juillet. Le contrat de juillet sur le WTI a ainsi fini lundi à 18,08$ le baril, en baisse de 14,7%.

Les capacités de stockage proches de la saturation aux Etats-Unis

"Le marché sait que le problème du stockage demeure et nous sommes sur la voie de 'tank tops' (ndlr : lorsque tous les sites de stockage débordent) d'ici quelques semaines", explique à 'CNBC' Bjornar Tonhaugen, responsable des marchés pétroliers chez Rystad Energy. "Il faut agir maintenant car le problème a cessé d'être théorique et lointain. L'horloge du stockage fait tic-tac pour les producteurs et nous approchons du compte à rebours final si aucune autre mesure n'est prise".

A Cushing, Oklahoma, lieu stratégique pour le stockage du pétrole américain, les réserves ont augmenté d'environ 10% la semaine passée pour atteindre 59,7 millions de barils, soit environ 25 millions de barils de moins que sa pleine capacité.

Compte tenu de la chute des cours, de plus en plus de petits producteurs luttent pour leur survie. Dimanche, le groupe texan Diamond Offshore Drilling a demandé à se placer sous la protection de la loi américaine sur les faillites. De nombreux autres devraient suivre sans un retournement durable du marché.

Chute massive de la demande mondiale

Mais pour Michael Hsueh, chez Citi, les prix ne rebondiront pas tant qu'il n'y aura pas une reprise significative de la demande : "Nous aurions besoin d'une reprise de la consommation de produits pétroliers sur les marchés des utilisateurs finaux, par exemple les automobilistes, les compagnies aériennes et les fabricants, alors que les pays relâchent prudemment leurs efforts pour faire face à l'épidémie, peut-être en mai, mais plus encore en juin".

"Le bilan pétrolier actuel est tout simplement horrible, et aucune amélioration n'est prévue avant juin en raison de la chute massive de la demande mondiale de pétrole", ajoute Tamas Varga, courtier en pétrole chez PVM.

Pour la première fois de l'histoire, les cours de l'or noir sont passés en territoire négatif le 20 avril, tombant à -37,63$ à la clôture du Nymex. Et certains observateurs estiment que ce mouvement encore inimaginable il y a quelques semaines pourrait se répéter d'ici peu. Paul Sankey, un analyste pétrolier chevronné de la banque Mizuho qui avait mis en garde en mars contre des prix négatifs, affirmait ainsi récemment : "allons-nous atteindre un prix négatif de 100 dollars le baril le mois prochain ? C'est fort possible". Le monde des prix négatifs n'a pas de plancher, et après cette semaine, tout est possible".

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