Cotation du 25/04/2019 à 19h09 Pétrole Brent +0,39% 74,860$
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Pétrole : les cours profitent de la crise vénézuélienne

Pétrole : les cours profitent de la crise vénézuélienne

Le pétrole progressait vivement mardi, porté par l'annonce de sanctions américaines contre le groupe pétrolier vénézuélien PDVSA. A Caracas, le bras de fer se poursuit entre Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido, qui s'est auto-proclamé président.

Pétrole : les cours profitent de la crise vénézuélienne
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La crise politique au Venezuela a soutenu mardi les cours du pétrole, après l'annonce par les Etats-Unis de sanctions contre PDVSA, le groupe pétrolier contrôlé par l'Etat vénézuélien, qui pourraient réduire l'offre de pétrole mondiale.

Le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI a gagné mardi soir 2,54% à 53,31$ le baril, tandis que l'échéance mars sur le Brent progressait de 2,32% à 61,32$.

Les cours du brut ont par ailleurs profité de propos du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, qui a déclaré mardi à la chaîne 'Fox Business Network' que la Maison Blanche pourrait lever ses barrières douanières sur les produits chinois si Pékin apportait des concessions suffisantes, lors des négociations prévues mercredi et jeudi à Washington.

Le Trésor américain a indiqué lundi soir que les sanctions contre le Venezuela, qui interdisent à PDVSA de faire du commerce avec des entités américaines et gèlent ses avoirs à l'étranger, ont pour objectif d'empêcher "le détournement de davantage de ressources" par le président Nicolas Maduro, qui a été réélu en mai 2018 lors d'élections controversées.

Au total, 7 milliards de dollars d'actifs de la firme vont être gelés et elle sera privée de "plus de 11 milliards de dollars de recettes d'exportation dans l'année qui vient", a précisé le Trésor. Steven Mnuchin a indiqué que la levée éventuelle de ces sanctions passerait "par un transfert rapide de son contrôle vers le président par intérim ou vers une administration démocratiquement élue".

Nicolas Maduro soutenu par la Russie

Washington a reconnu le 23 janvier dernier l'opposant Juan Guaido, qui s'est auto-proclamé comme le nouveau président du Venezuela, mais le président Nicolas Maduro s'accroche pour le moment au pouvoir. Il a rompu les relations diplomatiques avec Washington, qu'il accuse d'agir en coulisses pour fomenter "un coup d'Etat" contre lui.

En Europe, la France, l'Allemagne et l'Espagne ont annoncé mutuellement, le 26 janvier, que si Nicolas Maduro n'annonçait pas sous huit jours de nouvelles élections au Venezuela, ils reconnaîtraient Juan Guaido comme "président par intérim".

La Russie, en revanche, soutient son allié historique Nicolas Maduro. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a indiqué mardi que Moscou prendrait "toutes les mesures nécessaires" pour soutenir le régime actuel. Cité par les agences de presse 'RIA' et 'Interfax', il a ajouté que les sanctions américaines contre le Venezuela étaient "illégitimes et illégales".

D'immenses réserves, mais une production divisée par trois

Le Venezuela dispose des plus importantes réserves de pétrole brut au monde, même si sa production a fondu ces dernières années par manque d'entretien des installations. Sa production se situe actuellement juste au dessus d'un million de barils par jour, contre plus de 3 millions de barils par jour à la fin des années 1990.

PDVSA, accusée par les Etats-Unis d'être "un véhicule de corruption", possède le raffineur américain Citgo Petroleum, qui est l'actif étranger le plus important du Venezuela. Les raffineries de Citgo pourront continuer à fonctionner, mais les transactions financières passeront par un compte bloqué, a précisé Washington.

Toutefois, le risque est grand que la production vénézuélienne connaisse une nouvelle baisse dans les mois à venir. Les sociétés américaines encore présentes sur place, dont Chevron, Halliburton, Schlumberger et Weatherford, risquent de réduire la voilure pour ne pas subir des poursuites judiciaires pour non-respect des sanctions américaines.

Lundi, le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, avait déjà déclaré depuis Ryad, que "nous suivons les développements politiques là bas (...) qui peuvent avoir un effet sur l'équilibre du marché" pétrolier.

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