Cotation du 03/07/2020 à 19h30 Pétrole Brent -0,79% 42,800$
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Pétrole : le WTI au plus bas depuis 2002

Pétrole : le WTI au plus bas depuis 2002

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Pétrole : le WTI au plus bas depuis 2002
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'accord, qualifié d'"historique", entre l'OPEP et d'autres grands pays, dont la Russie, les Etats-Unis et le Canada, pour réduire la production de pétrole mondiale semble déjà bien loin. En repli de 2,5% à 19,6 dollars sur le Nymex, le baril de brut léger américain (contrat à terme de mai) se négocie au plus bas depuis 2002. Le baril de Brent de la mer du Nord (contrat échéance juin) recule de son côté de 4% à 28,4$.

La demande va chuter de 9% cette année selon l'AIE

Si l'accord conclu le week-end dernier semblait indispensable pour tenter de rééquilibrer quelque peu le marché, il apparaît malgré tout loin d'être suffisant pour faire face à l'effondrement de la demande. Dans son dernier rapport mensuel, l'Agence internationale de l'énergie estime que la consommation mondiale de pétrole va chuter de 9% cette année, un record. "Une décennie de croissance de la demande sera anéantie en 2020, lorsque la consommation chutera d'un peu plus de 9 millions de barils par jour", explique l'AIE.

Une réduction de l'offre insuffisante

"Il n'existe pas d'accord réaliste qui permettrait de réduire suffisamment l'offre pour compenser de telles pertes à court terme du côté de la demande. Cependant, ce qui a été accompli la semaine dernière constitue un solide départ", souligne l'agence, alors que les réductions décidées par le cartel et ses partenaires entraîneront un recul sans précédent de l'offre le mois prochain.

Les lieux de stockage bientôt saturés

La situation reste malgré tout alarmante et les installations de stockage pourraient être saturées d'ici le milieu de l'année. "Jamais auparavant l'industrie pétrolière n'avait été aussi proche de tester la limite de sa capacité logistique", détaille l'agence basée à Paris. L'Arabie saoudite, la Russie et d'autres exportateurs de la coalition OPEP+ ont annoncé qu'ils réduiraient collectivement leur production d'un peu moins de 10 millions de barils par jour au cours des deux prochains mois. Cela "devrait permettre de sortir l'industrie pétrolière d'une situation encore plus grave que celle à laquelle elle est actuellement confrontée", explique l'AIE. Mais malgré les efforts des plus grands producteurs de la planète, les stocks mondiaux s'accumuleront encore de 12 millions de barils par jour au cours du premier semestre de l'année, selon l'agence.

Les réserves stratégiques en question

L'AIE a déclaré que, pour alléger la pression sur les réservoirs de stockage, la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et les États-Unis allaient offrir leurs stocks stratégiques à l'industrie pour "parquer temporairement les barils non désirés". Les quatre pays envisagent par ailleurs de gonfler leurs propres réserves afin de profiter de la faiblesse des prix. "Si les transferts vers les réserves stratégiques, qui pourraient atteindre jusqu'à 200 millions de barils, devaient avoir lieu au cours des quelques trois prochains mois, ils pourraient représenter environ 2 millions de bpj d'offre retirés du marché".

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