Cotation du 08/07/2020 à 16h37 Pétrole Brent -0,39% 42,920$
  • LCO - XC0009677409

Pétrole : le krach se poursuit sur les livraisons de juin du WTI

Pétrole : le krach se poursuit sur les livraisons de juin du WTI

Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a plongé mardi de 43,4%, tombant à 11,57$ le baril... Le contrat de mai s'est achevé à 10$, après être devenu négatif lundi, une première historique...

Pétrole : le krach se poursuit sur les livraisons de juin du WTI
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'effondrement des cours du pétrole s'est poursuivi mardi, les investisseurs redoutant les effets conjugués du plongeon de la demande de brut lié à la pandémie de Covid-19, et du gonflement des stocks de brut, en raison d'une production pléthorique dans le monde.

Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI, qui avait plongé en terrain négatif lundi, à -37,63$ le baril, a rebondi mardi pour finir à 10,01$ sur le marché Nymex. Ce contrat étant arrivé à échéance ce mardi soir, ce chiffre est désormais peu significatif.

Toutefois, le contrat le plus négocié désormais, celui des livraisons de juin, a lui aussi décroché spectaculairement mardi. Le contrat à terme de juin sur le WTI a ainsi fini sur une chute de 43,4%, tombant à 11,57$ le baril... Le Brent de la mer du nord pour livraison en juin a aussi plongé, de 24,4%, pour revenir à 19,33$ le baril.

Donald Trump annonce un plan de soutien au secteur de l'énergie

Lundi, le cours du contrat à terme de mai s'était littéralement effondré, pour finir en terrain négatif, du jamais vu, pour des raisons techniques liées à l'arrivée à échéance, ce mardi, du contrat à terme de mai. Concrètement, les acheteurs de ces contrats (qui spéculent le plus souvent sur les variations de cours, mais n'ont pas l'intention d'acheter du pétrole physique à l'échéance) ont été obligés de payer pour éviter d'avoir à acheter une cargaison de barils de pétrole...

Les cours du brut n'ont pas profité mardi de l'annonce par Donald Trump d'un projet de plan de soutien à l'industrie pétrolière américaine. Les valeurs pétrolières cotées à Wall Street ont cependant limité les dégâts après ces annonces. Parmi les "majors", ExxonMobil a perdu mardi 0,5%, Chevron a lâché 2,3%, ConocoPhillips a cédé 4% et Transocean a perdu 5,9%. Le président américain a indiqué que son administration travaillait à un plan visant à mettre de l'argent à la disposition de l'industrie pétrolière pour éviter d'énormes pertes d'emplois après la chute des prix.

Les cours du pétrole pourraient rester déprimés à long terme

A plus long terme, les investisseurs restent très pessimistes pour les prix du pétrole américain WTI, si l'on en juge par le cours des contrats à terme de décembre 2020 (28,5$ le baril), puis de décembre 2021 (34$) et même de décembre 2022 (37$ le baril)... Rappelons que début 2020, le cours du WTI évoluait à plus de 60$ le baril, un niveau déjà considéré comme insuffisant pour assurer la pérennité de l'industrie pétrolière mondiale.

Ces chiffres témoignent des craintes d'une récession mondiale de longue durée, et contrastent avec les récents espoirs de reprise de l'activité économique mondiale dès le 2e semestre 2020, qui ont soutenu le vif rebond boursier observé ces dernières semaines...

L'Arabie saoudite et l'Opep+ prêts à prendre de nouvelles mesures ?

Mardi soir, l'Arabie saoudite a laissé entendre qu'elle pourrait intervenir pour tenter de mettre fin au carnage... L'agence de presse saoudienne a affirmé que le Royaume "surveillait le situation des marchés pétroliers de très près" et qu'il est "prêt à prendre de nouvelles mesures conjointement avec les membres de l'Opep+ (dont la Russie : ndlr) et d'autres producteurs".

L'accord de l'Opep+ en vue d'une réduction de près de 10 millions de barils par jour, conclu le 12 avril, est trop modeste et est intervenu trop tard pour stopper le plongeon des cours. Aux niveaux de cours actuels, une grande partie de l'industrie américaine et canadienne du pétrole de schiste est en danger de disparaître, compte-tenu de prix de revient bien plus élevés. Mais de nombreux autres producteurs au sein de l'Opep+, dont la Russie et l'Arabie saoudite, vont aussi souffrir de cours aussi déprimés.

©2020,