Cotation du 24/07/2021 à 00h00 Pétrole Brent +0,42% 74,100$
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Pétrole : la Maison blanche appelle l'Opep+ à un compromis !

Pétrole : la Maison blanche appelle l'Opep+ à un compromis !

Craignant une envolée des cours du pétrole préjudiciable à la reprise économique, Washington "demande instamment une solution de compromis qui permette de faire avancer les augmentations de production proposées".

Pétrole : la Maison blanche appelle l'Opep+ à un compromis !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les cours du pétrole ont fait du yo-yo mardi, le cours du brut américain WTI s'envolant à 77$ le baril en début de séance, au plus haut depuis novembre 2014, avant de faire marche arrière en soirée. Les prises de bénéfices ont eu lieu sous l'effet d'une hausse du dollar et d'un appel des Etats-Unis à l'Opep+ pour poursuivre la hausse de sa production face à la reprise économique mondiale.

Mardi soir, le baril de WTI a cédé 2,4% à 73,37$ sur le Nymex pour le contrat à terme d'août, après avoir frôlé 77$ en début de journée. Le baril de Brent de la mer du Nord (contrat de septembre) a trébuché de 3,4% à 74,53$. Les cours des deux variétés de brut ont bondi de l'ordre de 50% depuis le début de l'année, soutenus par la reprise de la demande mondiale grâce à la vaccination, qui a fait refluer la pandémie de coronavirus.

Un pétrole trop cher, frein à la reprise et facteur d'inflation

La Maison Blanche a fait savoir lundi qu'elle "suit de près les négociations de l'Opep+ et leur impact sur la reprise économique mondiale". Un porte-parole a déclaré : "nous ne sommes pas partie prenante de ces pourparlers, mais les responsables de l'administration se sont engagés auprès des capitales concernées pour demander instamment une solution de compromis qui permette de faire avancer les augmentations de production proposées."

Mardi, au cours d'un point presse, la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki, a qualifié d'"encourageantes" les discussions qui ont lieu depuis ce week-end entre des responsables américains et leurs homologues saoudiens, émiratis et d'autres pays partenaires. Les Etats-Unis espèrent un accord qui "permettra l'accès à une énergie abordable et fiable", a-t-elle ajouté.

A l'orée de la saison estivale, où la demande de carburants est la plus élevée, les Etats-Unis s'inquiètent d'une flambée des prix de l'énergie, qui pourrait compromettre la reprise économique et attiser l'inflation, qui a accéléré ces derniers mois. Aux Etats-Unis, les prix de l'essence à la pompe ont déjà atteint de nouveaux sommets en sept ans, au-dessus de 3 dollars le gallon.

Lundi, les membres de l'alliance Opep+ se sont séparés sur un échec, sans entériner un projet d'accord qui envisageait de produire à partir d'août 400.000 barils par jour supplémentaires par mois jusqu'à la fin de l'année. Les Emirats arabes unis ont bloqué cet accord (qui doit être approuvé à l'unanimité) en exigeant une hausse de leurs quotas, ce qui a été refusé par l'Arabie saoudite. En outre, aucune nouvelle date n'a été fixée pour une autre réunion, ce qui est très rare au sein du cartel pétrolier.

Tensions entre les Emirats et l'Arabie saoudite

Si la situation perdure, la production restera à son niveau de juillet malgré l'accélération de la demande mondiale, ce qui ferait encore grimper les cours du brut, au risque de faire dérailler la reprise économique. Avant même le coup de théâtre de lundi, certains analystes évoquaient ces dernières semaines un possible retour à 100$ le baril, un niveau plus atteint depuis 2014.

Le différend entre les Emirats et l'Arabie saoudite reflète une divergence croissante de vues politiques entre les deux pays. Les Emirats ont cessé de s'engager dans le conflit au Yémen, après avoir fait alliance avec l'Arabie au sein de la coalition militaire combattant les rebelles houthis, Ryad conteste quant à elle la domination des EAU en tant que centre d'affaires et de tourisme dans la région du Golfe.

Les EAU ont également accepté en août 2020 de normaliser leurs relations avec Israël, alors que l'Arabie saoudite n'a pas de liens diplomatiques officiels avec l'Etat hébreu.

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