Cotation du 24/07/2021 à 00h00 Pétrole Brent +0,42% 74,100$
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Pétrole : en hausse, l'Opep+ s'est séparé sans accord !

Pétrole : en hausse, l'Opep+ s'est séparé sans accord !

L'échec des discussions signifie que le statu quo devrait être observé à partir d'août sur la production de l'alliance de 23 pays producteurs, alors que les marchés anticipaient une poursuite de l'ouverture des vannes.

Pétrole : en hausse, l'Opep+ s'est séparé sans accord !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Annulées  ! Face aux dissensions entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unies sur le niveau de production de pétrole, les ministres de l'Opep+ ont annulé lundi leurs discussions entamées jeudi dernier, puis prolongées à deux reprises. Selon quatre sources au sein de l'Opep+, citées par 'Reuters', les discussions ont été annulées car aucun progrès n'était entrevu, et aucune nouvelle date pour la reprise des pourparlers n'a été fixée.

Les cours du pétrole ont réagi à la hausse lundi, cet échec des discussions signifiant que le statu quo devrait être observé à partir d'août sur la production de l'alliance de 23 pays producteurs, alors que les marchés anticipaient une poursuite de la hausse initiée en mai...

Le baril de WTI gagnait en soirée 1,6% à 76,36$ sur le Nymex pour le contrat à terme d'août, alors que le baril de Brent de la mer du Nord (contrat de septembre) progressait de 1,3% à 77,16$. Les deux variétés de pétrole sont au plus haut depuis octobre 2018, et ont gagné respectivement plus de 55% et de 47% depuis le début de l'année.

Vers un baril de brut à 100$ ?

Face à la crise du coronavirus, l'Opep+ avait réduit l'année dernière sa production de près de 10 millions de barils par jour (bpj), avant de progressivement alléger ses réductions qui se situent actuellement à environ 5,8 millions de bpj. La reprise économique actuelle a stimulé la demande et a fait reculer les stocks mondiaux de brut, une situation qui nécessiterait de continuer à ouvrir les vannes pour alimenter une demande qui dépasse désormais l'offre.

La hausse des cours du brut pourrait faire dérailler la reprise économique si elle se poursuivait, certains analystes évoquant un possible retour à 100$ le baril, un niveau plus atteint depuis 2014...

Avant l'annulation des discussions, les délégués faisaient état d'un projet d'accord sur une hausse de production de 2 millions de barils par jour (bpj) d'ici la fin de l'année (ce qui correspondrait à une hausse mensuelle de 400.000 bj à partir d'août). En outre, l'accord sur l'encadrement de l'offre aurait été prolongé de huit mois, d'avril à décembre 2022. Cependant, les décisions au sein de l'alliance doivent être prises l'unanimité, ce qui n'a donc pas été possible en raison des exigences des Emirats arabes unis.

Divergences politiques croissantes entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

Les Emirats auraient ainsi posé des conditions pour approuver la prolongation de l'accord jusqu'à la fin 2022. Abou Dabi exigerait un relèvement de son niveau de référence, c'est-à-dire le niveau de production par rapport auquel les réductions sont calculées, a précisé la source citée par 'Reuters'. Un relèvement de la base actuelle (la production d'octobre 2018) aboutirait concrètement à permettre à Abou Dabi de produire davantage, tout en respectant les coupes sur le papier. Un aménagement que l'Arabie saoudite, mais aussi la Russie, auraient refuseraient de cautionner.

Le différend reflète une divergence de vues croissante entre l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Les Emirats ont cessé de s'engager dans le conflit au Yémen, après avoir fait alliance avec l'Arabie au sein de la coalition militaire combattant les rebelles houthis, Ryad conteste quant à elle la domination des EAU en tant que centre d'affaires et de tourisme dans la région du Golfe.

Les EAU ont également accepté en août 2020 de normaliser leurs relations avec Israël, alors que l'Arabie saoudite n'a pas de liens diplomatiques officiels avec l'Etat hébreu.

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