Cotation du 07/07/2020 à 15h31 Pétrole Brent -0,42% 42,930$
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Le pétrole rebondit, mais reste au plus bas depuis 21 ans

Le pétrole rebondit, mais reste au plus bas depuis 21 ans

Le cours du pétrole américain WTI a affiché mercredi un spectaculaire rebond de près de 20%. Après son krach de lundi, il reste cependant sous la barre des 14$ le baril, au plus bas depuis début 1999...

Le pétrole rebondit, mais reste au plus bas depuis 21 ans
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un épouvantable début de semaine, les cours du pétrole ont rebondi mercredi, aidés par un tweet de Donald Trump menaçant de détruire les navires iraniens susceptibles de "harceler" ceux des Etats-Unis dans le Golfe.

Sur le marché Nymex, le contrat à terme le plus négocié sur le brut léger américain WTI, celui des livraisons de juin, a repris 19,1% à 13,78$, après un plongeon de 43% mardi à un peu plus de 11$... Le Brent de la mer du nord pour livraison en juin a rebondi de son côté 5,4% à 20,37$ le baril (après -24% mardi).

Les cours des deux variétés de pétrole restent toutefois très déprimés, à leurs plus bas niveaux depuis 1999, il y a 21 ans, pour le WTI, et depuis février 2002 pour le Brent.

Lundi, le cours du contrat à terme de mai sur le WTI (qui est arrivé à échéance depuis mardi) avait dégringolé en terrain négatif à -37,63$ le baril, une première historique... Cette anomalie témoignait de la panique des opérateurs face à une saturation des capacités de stockage de pétrole dans le monde, alors que l'offre reste pléthorique et que la demande a chuté de plus de 30% depuis le début de la crise du Covid-19.

Sans surprise, les stocks hebdomadaires de pétrole brut aux Etats-Unis, publiés mercredi, ont continué de gonfler. Pour la semaine close au 15 avril, ils se sont envolés de 15 millions de barils à 518,6 mb, contre un consensus de +14 millions de barils.

A Wall Street, les valeurs pétrolières ont rebondi mercredi avec les cours, au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'un plan visant à soutenir l'industrie pétrolière et gazière américaine menacée de faillites en série par le plongeon des cours. Parmi les "majors", ExxonMobil a gagné 2,8%, Chevron a pris 3,4%, ConocoPhillips a avancé de 5,3%, Halliburton a pris 10,3%, mais Transocean a encore perdu 13,6%...

Vers un baril à -100$ sur les marchés à terme ?

Les experts du secteur ne sont guère optimistes pour les prix de l'or noir à moyen terme, en raison de la saturation des capacités de stockage. Certains observateurs craignent que d'ici à quelques semaines plus aucune cuve ne soit disponible. Il en résulterait des prix du pétrole proches de zéro dans de nombreuses régions du monde, et dans certains cas, ils pourraient redevenir négatifs.

"Nous sommes clairement passés à une crise de gestion du marché au jour le jour et à grande échelle", a notamment affirmé Paul Sankey, un analyste pétrolier chevronné de la banque Mizuho qui avait mis en garde en mars contre des prix négatifs.

Le spécialiste va désormais plus loin : "allons-nous atteindre un prix négatif de 100 dollars le baril le mois prochain ? C'est fort possible". Le monde des prix négatifs n'a pas de plancher, et après cette semaine, tout est possible. Une chose est sûre : les dernières données satellite montrent une surabondance massive. Il y a 50 millions de barils de brut qui sont stockés chaque semaine, un niveau suffisant pour alimenter l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni réunis, souligne-t-il.

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