Cotation du 26/05/2022 à 10h38 Pétrole Brent +0,46% 114,550$
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Le pétrole grimpe, la production du Kazakhstan en question

Le pétrole grimpe, la production du Kazakhstan en question

Ce pays d'Asie centrale, membre de l'Opep+, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche après une hausse des prix du gaz. Les marchés craignent une perturbation de la production pétrolière.

Le pétrole grimpe, la production du Kazakhstan en question
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les cours du pétrole ont continué leur progression jeudi, soutenus notamment par les troubles sociaux au Kazakhstan, qui pourraient perturber la production pétrolière de ce pays. Le baril de brut léger américain WTI a progressé de 2,1% à 79,46$ (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de Mer du nord a avancé de 1,5% à 81,99$ (contrat de mars).

La situation au Kazakhstan, pays membre de l'Opep+, qui produit environ 1,6 million de barils par jours (soit plus de 1,5% de la production mondiale) est suivie de très près. Des émeutes se sont déclenchées dimanche en province, puis dans la capitale Almaty, en réaction à une hausse des prix du gaz dans le pays. Des "dizaines" de manifestants ont été tués par la police en tentant de prendre des bâtiments administratifs et des commissariats, selon les autorités, et au moins 18 membres des forces de sécurité ont été tués et 748 blessés.

Moscou envoie des troupes, mises en garde Washington et l'UE

La Russie a envoyé jeudi des troupes au Kazakhstan pour appuyer le pouvoir en place, selon des accords liant Moscou et les pays membres de l'ancienne URSS. L'Union européenne et Washington ont immédiatement mis en garde Moscou : "les Etats-Unis, et franchement le monde entier, surveillent toute éventuelle violation des droits humains. Et nous surveillons aussi tout acte qui puisse jeter les bases pour une prise de contrôle des institutions du Kazakhstan", a ainsi déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price à des journalistes. Une déclaration qui intervient alors que la tension est déjà élevée avec Moscou au sujet de l'Ukraine.

Mardi, le groupe de pays producteurs de pétrole Opep+, dont font partie la Russie et le Kazakhstan, avait annoncé comme attendu, une augmentation de leur objectif de production de 400.000 barils par jour en février, pour le septième mois consécutif.

La production libyenne s'est effondrée

Cette hausse pourrait avoir du mal à être honorée si la production kazakhe est perturbée, d'autant qu'un membre du cartel Opep, la Libye, peine aussi à fournir les quotas prévus. Lundi, la Libye a indiqué prévoir un nouveau recul de 200.000 barils par jour cette semaine, le temps de réparer un oléoduc endommagé.

La production de pétrole libyenne s'est effondrée récemment, passant de 1,3 million de bpj en moyenne en 2021 à environ 730.000 bpj actuellement, selon les chiffres de la National Oil Corp, en raison d'opérations de maintenance et de la fermetures de champs pétrolifères.

L'Opep peine à fournir la hausse prévue

En décembre déjà, l'Opep a produit moins que prévu. Selon une enquête de 'Reuters', les 10 membres de l'Opep ont pompé 27,8 mbj en décembre, soit 70.000 bpj de plus que le mois précédent, mais nettement moins que l'augmentation de 253.000 bpj autorisée par l'accord sur l'offre (les 147.000 autres barils supplémentaires étant fournis par les alliés Opep+).

Les investisseurs doutent donc de la capacité des pays producteurs à faire face à la demande en 2022, si celle-ci augmente fortement à la fin de la vague Omicron du coronavirus, compte-tenu des difficultés d'approvisionnements et de l'instabilité politique. L'autre joker de 2022 est le possible retour du pétrole iranien sur le marché mondial, en cas d'accord sur le nucléaire. Il s'agirait alors d'un signal baissier pour les cours du brut.

©2022

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