Cotation du 24/07/2021 à 00h00 Pétrole Brent +0,42% 74,100$
  • LCO - XC0009677409

Le pétrole en berne, sur fond de tensions au sein de l'Opep

Le pétrole en berne, sur fond de tensions au sein de l'Opep

Face à l'impasse au sein de l'Opep sur l'évolution de sa production, les analystes craignent que l'alliance ne se délite, avec des conséquences imprévisibles sur la production et les prix du pétrole.

Le pétrole en berne, sur fond de tensions au sein de l'Opep
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des gains de l'ordre de 50% depuis le début de l'année, les cours du pétrole ont chuté mercredi pour la 2e séance alors qu'un bras de fer opposant l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis a semé des doutes sur la capacité de l'Opep et de ses alliés à continuer de maîtriser leur production de brut.

Mercredi soir, le baril de WTI a cédé 1,6% à 72,20$ sur le Nymex pour le contrat à terme d'août, après avoir perdu 2,4% mardi, tandis que le Brent de la mer du Nord (contrat de septembre) a trébuché de 1,5% à 73,43$ (-3,4% mardi). Les cours des deux variétés de brut ont été soutenus depuis le début de l'année par la reprise de la demande mondiale grâce à la vaccination, qui a fait refluer la pandémie de coronavirus.

Toutefois, l'annonce lundi d'un échec des 23 membres de l'alliance Opep+ à trouver un accord pour continuer à relever leur production à partir d'août, fait désormais craindre que l'alliance ne se délite, avec des conséquences imprévisibles sur la production et les prix du pétrole. Le projet avorté envisageait une hausse de 400.000 barils par jour par mois, entre août et décembre, soit 2 mbj supplémentaires d'ici à la fin 2021.

Craintes sur la discipline de production de l'Opep+

Mais les Emirats arabes unis ont bloqué l'accord (qui doit être approuvé à l'unanimité) en exigeant une hausse de leurs quotas, ce qui a été refusé par l'Arabie saoudite. En outre, aucune nouvelle date n'a été fixée pour une autre réunion, ce qui est très rare au sein du cartel pétrolier.

Dans l'immédiat si aucun accord n'est conclu, la production devrait en théorie rester stable à partir d'août (un facteur haussier pour les cours), mais des experts craignent désormais que de nombreux pays producteurs, impatients de relever leur production, ne soient tentés d'agir en solo, inondant le marché mondial, et entraînant une chute des cours. Un article paru mercredi dans le 'Wall Street Journal' évoquait même un "possible retrait des Emirats de l'Opep afin de pouvoir pomper jusqu'à 4 mbj en vue de renflouer ses caisses pendant que les cours restent solides"...

Moscou et Washington à la manoeuvre pour réconcilier Riyad et Abou Dabi

Selon 'Reuters', qui cite des sources au sein de l'Opep+, la Russie serait en train de mener des efforts diplomatique pour tenter de réconcilier l'Arabie saoudite et les Emirats. De leur côté, les Etats-Unis, qui ne sont pas membres de l'Opep+ ont appelé les parties prenantes à trouver "une solution de compromis qui permette de faire avancer les augmentations de production proposées."

Mardi, au cours d'un point presse, la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki, a qualifié d'"encourageantes" les discussions qui ont lieu depuis ce week-end entre des responsables américains et leurs homologues saoudiens et émiratis. Elle a insisté sur un accord qui "permettra l'accès à une énergie abordable et fiable", à l'orée de la saison estivale, où la demande de carburants est la plus élevée aux Etats-Unis. Les prix de l'essence à la pompe y ont déjà atteint ces derniers jours de nouveaux sommets en sept ans, au-dessus de 3 dollars le gallon.

©2021