Cotation du 15/04/2021 à 00h00 Pétrole Brent +4,57% 66,580$
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Forte volatilité sur le pétrole avec le blocage du canal de Suez

Forte volatilité sur le pétrole avec le blocage du canal de Suez

Le pétrole fait les montagnes russes...

Forte volatilité sur le pétrole avec le blocage du canal de Suez
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le pétrole fait les montagnes russes. Une chute de 6% mardi, un rebond de 6% mercredi puis une nouvelle baisse de près de 2% ce jeudi matin. Si la pandémie de coronavirus et ses conséquences sur la demande de produits pétroliers continue à inquiéter, le blocage du canal de Suez par un énorme porte-conteneurs a ravivé les cours de l'or noir hier. Le baril de brut léger américain pour livraison mai recule actuellement de 1,5% à 60,3 dollars sur le Nymex tandis que le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance rend 1,2% à 63,7$ à Londres.

"Plus cette perturbation durera, plus il est probable que les raffineurs (et) les acheteurs devront se tourner vers le marché au comptant pour s'approvisionner ailleurs", affirme ING Economics, ajoutant que les compagnies maritimes doivent rapidement décider si elles passent par le Cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud pour éviter cet embouteillage monstre dans le point névralgique du transport maritime mondial. Environ 2 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont généralement transité par le canal au cours des 12 derniers mois, selon les estimations de Braemar.

Du côté de la demande de brut, les solides indices PMI flash de mars en Europe ainsi que la hausse de la demande d'essence aux Etats-Unis sont des éléments positifs pour le marché pétrolier. Les stocks de brut américains ont augmenté de 1,912 million de barils la semaine dernière, pour atteindre 502,7 mb, alors que les analystes s'attendaient à une hausse plus modeste, de 1,35 mb. Il s'agit de la 5e semaine consécutive de hausse de ces réserves. Cependant, ces chiffres ont été interprétés positivement, dans la mesure où les stocks d'essence ont augmenté bien moins que prévu, de 203.000 barils la semaine dernière, alors que le marché tablait sur une hausse de près de 1,2 mb. Ces données suggèrent que les Américains ont repris la route à la faveur de l'amélioration de la situation sanitaire, ce qui est de bon augure pour l'industrie pétrolière.

Ces indicateurs n'éclipsent pas toutefois les craintes en lien avec la propagation de la pandémie de Covid-19 malgré la campagne de vaccination qui bat son plein. "Alors que l'accent était mis sur l'Europe, nous avons également une augmentation des cas de COVID-19 dans des endroits comme l'Inde et le Brésil, des économies en développement qui sont vraiment essentielles à l'histoire de la croissance durable de la demande de pétrole", souligne Vivek Dhar, analyste matières premières à la Commonwealth Bank.

Dans ce contexte, l'OPEP+, qui a récemment prolongé ses réductions de production pour soutenir les prix, pourrait rester prudente quant à toute augmentation future de son offre lors de sa prochaine réunion. "Le rebond était exagéré", explique à 'Bloomberg' Michael McCarthy, stratège en chef chez CMC Markets Asia Pacific. "Suez ne sera qu'un problème temporaire pour le transport du pétrole. Cela ne change pas l'équation offre-demande et ne modifie en rien les perspectives à long terme".

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