Cotation du 22/01/2022 à 00h00 Pétrole Brent -0,55% 87,890$
  • LCO - XC0009677409

En novembre, le pétrole signe son pire mois depuis mars 2020

En novembre, le pétrole signe son pire mois depuis mars 2020

Les craintes pour la croissance économique suscitées par les variants du coronavirus Delta et surtout Omicron, ont fait plonger les cours du brut léger américain WTI de plus de 20% en novembre.

En novembre, le pétrole signe son pire mois depuis mars 2020
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les inquiétudes concernant le nouveau variant Omicron du coronavirus ont fait plonger les cours du pétrole de plus de 15% en 3 séances, et le mois novembre s'est achevé sur la pire baisse mensuelle du brut depuis mars 2020, lorsque la pandémie avait débuté.

Mardi, le cours du baril de brut léger américain WTI a reculé de 5,4% à 66,18$ (contrat à terme de janvier), au plus bas depuis le 23 août, tandis que le Brent de Mer du nord a abandonné 5,5% à 69,23$ (contrat de février) également sur les plus bas depuis le 23 août dernier.

Sur l'ensemble du mois de novembre, les cours du WTI ont chuté de 21% et ceux du Brent de 16%, après avoir flambé de plus de 65% depuis le début de l'année, propulsés par la reprise économique et une offre encore contrainte, notamment par la prudence de l'Opep+ à augmenter sa production.

Alors que la propagation rapide du variant delta, notamment en Europe, pesait déjà sur les cours depuis la fin octobre, l'irruption la semaine dernière d'un nouveau variant jugé préoccupant par l'OMS a précipité la chute des cours du pétrole. Ce variant baptisé Omicron présente un potentiel de propagation très rapide, selon les scientifiques, et les vaccins actuellement disponibles pourraient être moins efficaces contre lui.

Les vaccins actuels moins efficaces contre le variant Omicron ?

Le patron du laboratoire Moderna, Stéphane Bancel, a semé un petit vent de panique mardi en affirmant dans un entretien avec le 'Financial Times' que les vaccins actuels ne seront sans doute pas aussi efficaces contre ce variant, qui présente de nombreuses mutations sur sa protéine "Spike"...

Pfizer et BioNTech ont indiqué vendredi qu'il leur faudrait 15 jours pour connaître le degré d'efficacité de leur vaccin face à Omicron. Ils travaillent déjà à la mise au point d'un vaccin adapté et estiment être en mesure de le produire en moins de 100 jours, soit un peu plus de 3 mois. Pfizer a déjà créé par le passé deux nouvelles versions de son vaccin en moins de cent jours, contre les variants Delta et Beta, qui n'ont finalement pas été utilisées.

La Fed veut accélérer son "tapering"

Les cours du pétrole ont aussi souffert mardi des dernières déclarations du patron de la Fed Jerome Powell, dont la fermeté a surpris. Malgré les risques que fait peser le variant Omicron sur la croissance, Powell a estimé que l'inflation ne pouvait plus être considérée comme "transitoire" et a indique que l'accélération de la réduction du programme d'achat d'actifs ("tapering") serait au menu de la prochaine réunion de la Fed, les 14 et 15 décembre prochain.

Les marchés pétroliers pourraient encore connaître des soubresauts en fin de semaine, alors que le groupe de pays producteurs Opep+ doit se réunir jeudi pour déterminer son niveau de production pour janvier.

L'Opep+ tentée de faire une pause dans ses hausses de production

Selon les stratèges de JP Morgan, l'irruption du variant Omicron pourrait servir de prétexte pour ralentir, voire suspendre, la hausse de production... Se projetant au-delà de la crise sanitaire, la banque américaine table dans une note publiée lundi, sur la poursuite de la hausse des cours, en estimant que l'Opep+ ne dispose pas d'assez de capacités disponibles pour relever sa production et satisfaire la demande mondiale. Le cours du Brent pourrait ainsi atteindre 125$ le baril en 2022 et même 150$ en 2023, en raison d'une capacité de réserve additionnelle de l'OPEP inférieure aux prévisions des experts. La banque estime que l'Opep+ pourrait faire une pause de trois mois dans sa production, puis l'augmenter chaque mois de 250.000 bj au plus pendant le reste de l'année...

L'hypothèse d'une pause de l'Opep+ avait déjà été évoquée la semaine dernière, lorsque Washington avait annoncé, le 23 novembre, le déblocage de réserves stratégiques en coopération avec d'autres grands pays consommateurs, dont la Chine et l'Inde. Joe Biden entendait ainsi faire baisser les prix de l'énergie et ralentir l'inflation.

"L'incertitude est grande quant à l'impact du variant Omicron sur la demande de pétrole, ce qui devrait rendre les prix du pétrole volatils au cours des prochaines semaines", a résumé mardi Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

©2021-2022

Actualités Pétrole Brent

Aucune actualité disponible.
Plus d'actualités