Accueil
»
Introductions
»
Conseil Solairedirect

Conseil sur l'introduction en Bourse de Solairedirect

26/04/2015 à 18h45

Introduction de Solairedirect sur le compartiment B

(Boursier.com) -- Come-back. Le secteur de l'énergie solaire, sinistré depuis la fin des années 2000, tente de rebondir et refait surface en Bourse de Paris. C'est ainsi un acteur français qui s'introduit, un survivant de la crise du secteur... La baisse des subventions publiques et la concurrence chinoise ont en effet asséné de rudes coups au solaire dès la fin des années 2000. En bourse, le secteur photovoltaïque ne laisse pas que de bons souvenirs, plusieurs acteurs introduits au milieu des années 2000, ayant subi cette crise dans la foulée... Pour autant, la crise a surtout concerné les acteurs français, puisque entre fin 2008 et fin 2014, la puissance photovoltaïque installée cumulée à l'échelle mondiale a été multipliée par plus de sept, soit un taux de croissance annuel moyen de 41%.

France. SolaireDirect présente déjà une taille significative : au moment de cette introduction, le groupe compte 57 parcs solaires en construction ou déjà en phase de commercialisation pour une capacité totale de 487 mégawatts (MW) dont la majorité en France (392,4 MW), dans un contexte de tarifs d'achat bien réduits... En termes de stratégie, alors que Solairedirect ne conservait jusqu'à présent que des parts minoritaires dans les parcs développés, la direction souhaite désormais y rester majoritaire. L'accélération du développement, via les 220 ME que souhaite lever la société, passe par le sud de la France, où le groupe prévoit de construire des parcs produisant de l'électricité à 70 euros du mégawattheure, soit 20% de moins que l'éolien terrestre, 70% de moins que l'éolien offshore, à peu près au même niveau que le nucléaire existant ou que le charbon ou gaz dans certains pays. De façon générale, le groupe vise un prix de vente du mégawattheure compris entre 60 et 90 dollars.

Objectifs. La société a dépassé les 150 ME de chiffre d'affaires à la fin de son exercice clos le 31 mars 2014 et veut accélérer grâce à la Bourse. Elle a ainsi annoncé, avant l'introduction, un objectif de 200 ME en 2015 (au 31 mars 2016 donc), entre 320 et 350 ME en 2016 et près de 500 ME en 2017. Chiffres ambitieux à mettre en parallèle à une capitalisation ressortant à environ 385 ME en milieu de fourchette. La rentabilité, elle, est encore très faible : si la société a dégagé un bénéfice au 31 mars 2014, il est très symbolique, à 700.000 Euros. Et surtout, difficile d'évaluer le niveau de rentabilité que le modèle est susceptible de dégager et surtout à quelle échéance... Après les neuf premiers mois de l'exercice clos le 31 mars 2015, c'était une perte nette de -4 ME que présentaient les comptes. La dépendance du secteur, notamment en France, aux décisions des pouvoirs publics, rajoute aussi beaucoup d'incertitudes.

Ne pas souscrire.

Arnaud Bivès — ©2015-2020, Boursier.com

Partenaires de Boursier.com