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Conseil Française des Jeux

Conseil sur l'introduction en Bourse de Française des Jeux

08/11/2019 à 17h44

Introduction sur le compartiment A

(Boursier.com) -- Modèle vertueux. 100% des souscripteurs seront servis. Mais pas forcément à 100%, si le succès est là... Tant attendue, voici venue l'heure de la souscription aux titres La Française des Jeux. De 20 à 40% de l'offre est réservée aux particuliers que le gouvernement souhaite choyer pour l'occasion, tout en leur proposant un prix pas forcément " discount ", à 11 fois l'EBITDA et 20,5 fois le résultat net en milieu de fourchette. L'Etat se sert confortablement, lui qui cède 50% du capital, mais valorise aussi assez logiquement le spécialiste des jeux de hasard qui offre un modèle sain, récurrent et rentable, très peu sensible aux cycles économiques, en croissance régulière, notamment alimentée par de nouveaux jeux, le tout protégé par un monopole. Très redistributrice auprès des joueurs (10,7 MdsE l'an passé pour 15,8 MdsE de mises, les actionnaires se conteront de 122 ME...), la FDJ n'en dégage pas moins 19% de marge d'EBITDA et vise plus de 20% à moyen terme. Depuis 2010, la croissance moyenne annuelle atteint près de +5% pour le chiffre d'affaires et quasiment +9% pour l'EBITDA.

Questions... Le tableau n'est pas pour autant totalement idyllique, puisque quelques épées de Damoclès vont peser au-dessus de la tête de la FDJ et de ses futurs actionnaires, sans remettre toutefois en cause son profil séduisant. Elles sont toutes liées à l'Etat ou à la réglementation publique... Tout d'abord une augmentation des commissions versées aux détaillants ou une majoration de la taxation sur les jeux (qui a représenté 3,3 MdsE en 2018) ne sont pas à exclure à l'avenir, l'Etat pouvant toujours invoquer la nécessaire protection des joueurs ou le financement de campagnes contre la dépendance aux jeux. Et puis, quid de ce monopole garanti pendant 25 ans et légitimé par une soulte de 380 ME ? Est-il immunisé contre toute directive européenne recommandant la libéralisation du secteur ? D'ailleurs, ces 380 ME grèveront les comptes 2020, sera-ce au détriment du dividende ? Enfin, dernière ombre au tableau : le droit de regard de l'Etat pour tout actionnaire franchissant 10% du capital, ne va évidemment pas dans le sens d'un intérêt spéculatif sur le titre.

Rendement de 3,60%. Ces éléments ne masquent cependant pas les qualités fondamentales de la société et son modèle récurrent, sans à-coup. Et heureusement, les frais conséquents de cette introduction en Bourse ne seront pas payés par les futurs actionnaires puisque Stéphane Pallez s'est engagée à ce que le dividende ne bouge pas, l'an prochain, à savoir 122 ME. L'objectif de distribution, dès 2020 sera de 80% du résultat net du groupe. En milieu de fourchette, le rendement ressortira donc à 3,60%, suffisamment attrayant pour être considéré comme un atout de plus du dossier.

Souscrire. Le tableau est donc intéressant et pour l'investisseur individuel, souscrire à l'introduction permettra d'accumuler quelques avantages par rapport à l'achat plus tardif de titres sur le marché : cela permet évidemment d'obtenir des titres entre 16,17 et 19,50 Euros au lieu de la fourchette 16,50-19,90 Euros des professionnels, soit directement avec 2% de décote (dans la limite de 5.000 Euros). Ce faisant, le souscripteur ne subira pas non plus de frais de courtage, et ne payera pas la TTF de 0,30% à l'achat. Enfin, il se verra crédité d'une action gratuite pour 10 détenues s'il possède toujours ses titres dans 18 mois et donc au passage évitera la dilution associée.

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Arnaud Bivès — ©2019-2020, Boursier.com