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Conseil Elior

Conseil sur l'introduction en Bourse de Elior

05/06/2014 à 15h15

Introduction sur le compartiment A

(Boursier.com) — Retour huit ans après. La vie des entreprises est ainsi faite qu'elles peuvent utiliser les marchés aux grés de leurs exigences de financement et des impératifs de gestion de leurs actionnaires... Elior, qui avait quitté la bourse en 2006, revient ainsi solliciter les marchés huit ans plus tard. Robert Zolade, fondateur d'Elior expliquait lors du retrait : "la Bourse ne paraît pas aujourd'hui un support adapté à la période à venir (...) Nous sommes mariés pour au moins sept ans avec Charterhouse et Chequers Capital ". Les sept ans sont écoulés, les fonds souhaitent logiquement prendre quelques bénéfices et profiteront donc de la liquidité offerte par la Bourse, ce qui, au passage, n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les nouveaux actionnaires, même si la direction d'Elior a expliqué que ces sorties seraient lissées dans le temps. Le modèle d'Elior n'a pas beaucoup changé depuis son retrait. Le groupe reste un acteur majeur de la restauration collective et de la restauration de concessions.

450 ME d'acquisitions à venir. Une autre raison de ce retour en bourse : la croissance externe. La Bourse et la somme levée lors de l'opération en cours, faciliteront les acquisitions, même si, non coté, le groupe a racheté 15 cibles qui ont gonflé ses ventes d'environ 1,3 milliard d'euros. Entre 2015 et 2017, Elior compte dépenser 450 millions d'euros pour des acquisitions sur ses principaux marchés que sont la France, l'Espagne, l'Italie et les États-Unis. Elior veut notamment doubler de taille sur le marché américain, où il ne se range qu'au cinquième rang à ce jour... De quoi conserver un rythme de croissance élevé de 7% par an d'ici 2017. En reprenant sa cotation, Elior cherche enfin à réduire le poids de sa dette, qui s'élevait à 2,18 milliards d'euros à la clôture du dernier exercice, soit 4,9 fois ses fonds propres. L'objectif du groupe est de ramener ce ratio à 3,25 en septembre prochain et entre 2,5 et 3 en 2017.

"Pay-out" de 40%. En milieu de fourchette, la valorisation d'Elior ressort à 2,6 MdsE, soit une valeur d'entreprise d'environ 4,8 MdsE, correspondant grosso-modo au montant qui était envisagé par les analystes avant l'annonce des modalités. Le ratio VE/EBE ressort à 11, contre 13 pour un autre acteur du secteur, Compass. Sodexo, dont le même ratio n'est que de 9,8, se paye moins cher, mais le groupe, de taille plus importante et désendetté, affiche un niveau de rentabilité d'exploitation moindre... visant 5,6% de marge opérationnelle lors de l'exercice en cours, alors que de son côté, Elior compte faire passer son EBITDA de 8,4%, à 9% en 2017. Côté rémunération, Elior s'engage à distribuer un dividende représentant 40% du bénéfice net part du groupe. Après ces années de forte croissance, il est évident que le groupe sera attendu sur sa capacité à faire progresser sa rentabilité nette, bien maigre l'an passé avec un bénéfice de seulement 2,4 ME... Au final, le désendettement, la poursuite de la forte croissance et le maintien d'une marge d'exploitation parmi les plus élevées du secteur justifient de payer Elior un peu plus cher que Sodexo, mais le potentiel boursier du titre passera par la capacité du groupe à faire grimper son bénéfice et à maintenir l'engagement d'en distribuer 40%.

On peut souscrire.

Arnaud Bivès — ©2014-2020, Boursier.com