Cotation du 22/10/2020 à 19h04 Dow Jones Industrial +0,12% 28 244,57
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Wall Street : volatilité dans l'air avec l'emploi et Trump

Wall Street : volatilité dans l'air avec l'emploi et Trump
Wall Street : volatilité dans l'air avec l'emploi et Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York tente de résister vendredi, après l'annonce que le président Donald Trump et son épouse Melania, ont été testés positif au coronavirus, ce qui bouleverse le calendrier de la campagne électorale, à un mois du scrutin du 3 novembre... Par ailleurs, les créations d'emplois se sont essoufflées en septembre aux Etats-Unis, avant même une vague de suppressions de postes annoncée ces derniers jours. Les marchés continuent d'espérer qu'un compromis pourra être trouvé sur un nouveau plan de relance, en vue d'être rapidement adopté par le Congrès...

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones a réduit ses pertes et s'affiche stable à 27.814 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 0,49% à 3.364 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, recule plus nettement, de 1,66%, à 11.142 pts.

Les indices sectoriels cycliques rebondissent, dont l'énergie (+1,6%) et l'industrie (+1,5%), alors que les services de communication (-1,4%) et des technologiques (-1,9%) rechutent.

Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont réduit leurs pertes en fin de séance : +0,02% pour le CAC 40 en clôture, -0,3% pour le DAX 30, et -0,1% pour l'EuroStoxx 50. A Tokyo, le Nikkei 225 a cédé 0,67%, au lendemain d'un gros problème technique qui avait empêché les cotations jeudi.

Situation sanitaire inquiétante, campagne électorale bouleversée

Les investisseurs s'interrogent sur les conséquences potentielles de l'infection de Donald Trump par le coronavirus. Dans l'immédiat, le président américain se porte bien selon son médecin, et continue d'assurer ses fonctions, tout en restant en quarantaine pendant deux semaines. Selon la presse américaine, Trump présenterait des symptômes légers de la Covid-19. Son adversaire démocrate Joe Biden a de son côté été testé négatif, et a souhaité à Trump un bon rétablissement.

La situation sanitaire générale reste inquiétante, notamment en Europe, où de nombreuses capitales (Londres, Madrid, Paris...), ont pris, ou s'apprêtent à prendre, des mesures de restriction supplémentaires face à la résurgence de l'épidémie. Aux Etats-Unis, la ville de New York a aussi vu le nombre de cas de Covid-19 rebondir à son plus haut depuis le mois de mai...

L'espoir d'un accord sur un nouveau plan de relance

Au-delà des incertitudes politiques et sanitaires, les marchés sont focalisés sur les négociations sur un nouveau plan de relance, qui durent depuis le début de la semaine entre le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin et la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

La Chambre (à majorité démocrate) a adopté jeudi soir un projet démocrate de 2.200 milliards de dollars d'aide, même si aucun accord bipartisan n'a été conclu, et que le projet n'a aucune chance d'être voté par le Sénat, à majorité républicaine. Steven Mnuchin tente de son côté de faire passer un projet de 1.500 milliards de dollars, mais pour l'instant, malgré des entretiens quotidiens avec Mme Pelosi, aucun compromis n'a été trouvé.

Vendredi, Nancy Pelosi a demandé aux compagnies aériennes de reporter leurs projets de suppressions d'emplois (32.000 annoncées chez United Airlines et American Airlines...) en leur assurant qu'une nouvelle aide financière était en chemin. Elle a affirmé que la Chambre voterait soit une aide spécifique au secteur aérien, ou bien l'inclurait dans le projet plus vaste en cours de discussion.

La responsable démocrate a aussi affirmé que la quarantaine de Trump changeait la dynamique des négociations sur l'adoption du plan de relance négocié au Congrès, ce qui semble interprété comme un élément positif par les marchés, qui estiment que cela pourrait accélérer les choses.

Les créations d'emplois s'essoufflent en septembre aux Etats-Unis

Le temps presse pour adopter le plan avant les élections présidentielle et législatives du 3 novembre, alors que le Congrès a prévu de lever sa session actuelle dès la fin de cette semaine... Les règlements des deux chambres permettent cependant de jouer les prolongations si la volonté politique est au rendez-vous...

Alors que les aides financières du premier plan de relance de 2.200 milliards de dollars adopté en mars dernier ont pris fin, les chiffres de l'emploi en septembre ont déçu, avec un nombre de créations d'emplois inférieur aux attentes. Le chiffre n'inclut pas encore la vague de suppressions de postes annoncées notamment dans l'aérien (au moins 32.000) et par Walt Disney (28.000 postes de moins dans la branche parcs à thème).

Le Département au Travail a ainsi annoncé vendredi que l'économie américaine avait créé 661.000 emplois en septembre, alors que le consensus attendait 857.000 créations, après 1,49 million en août et 1,76 million en juillet (chiffres révisés à la hausse). En revanche, le taux de chômage a surpris, en reculant à 7,9%, contre 8,2% de consensus et après 8,4% en août.

Après le choc des confinements face à la Covid-19 en mars-avril, les chiffres de l'emploi s'améliorent depuis 5 mois, mais le rythme ralentit, et ils sont loin d'avoir retrouvé leurs niveaux d'avant la crise sanitaire (un taux de chômage de 3,5% en février). Sur les 20 millions d'emplois détruits en mars-avril, environ 13 millions ont désormais été retrouvés.

Malgré les inquiétudes sur l'emploi, le moral des Américains tient bon pour l'instant. L'indice final du sentiment des consommateurs, calculé par l'Université du Michigan, est ressorti meilleur que prévu en septembre à 80,4, contre 79 de consensus de marché et après 78,9 en août.

Les commandes industrielles américaines, qui viennent également d'être publiées, se sont établies en hausse de 0,7% au mois d'août 2020, en comparaison du mois antérieur, contre +1% de consensus et +6,5% pour la lecture révisée du mois antérieur.

Le pétrole retombe au plus bas depuis plus de 3 mois

Les craintes sanitaires et économiques ont continué de peser sur les cours du pétrole, qui sont retombés à leur plus bas niveau depuis juin... Le contrat à terme de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) perd ainsi encore 4% vendredi (après -3,7% jeudi) à 37,11$ sur le Nymex, alors que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre lâche 3,8% à 39,34$.

L'or recule de 0,45% à 1.907,05$ l'once, pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune s'adjuge cependant encore plus de 21% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) reprend 0,1% à 93,81 points, tandis que l'euro cède 0,26% à 1,1717$. Du côté des taux souverains, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans gagne 2 points de base à 0,69%.

VALEURS A SUIVRE

Walmart (-1,4%) a annoncé la vente d'une part majoritaire dans sa filiale de grande distribution britannique Asda à un consortium mené par TDR Capital. L'opération atteint 6,5 milliards de livres (8,8 Mds$). Le groupe d'investisseurs dirigé par TDR aurait battu Apollo Global Management. La société de capital-investissement basée à Londres s'est associée avec les frères Issa, les milliardaires britanniques propriétaires d'EG Group, pour conclure le deal. Le géant américain des supermarchés est propriétaire d'Asda depuis 1999, date à laquelle il a racheté la chaîne britannique pour 6,7 Mds£.

Tesla (-5,6%) vient de publier ses chiffres de production et de livraisons pour le troisième trimestre. Le Californien de Palo Alto indique avoir produit plus de 145.000 véhicules sur le trimestre clos et livré près de 140.000 unités. Le constructeur a ainsi produit 16.992 Model S&X et 128.044 Model 3&Y, ce qui donne un total de 145.036 unités. Tesla a livré 15.200 Model S&X, ainsi que 124.100 Model 3&Y, soit un total de 139.300 véhicules. Le stock de nouveaux véhicules a décliné un peu plus sur le trimestre, le groupe améliorant encore son efficacité.

Le bénéfice net trimestriel et le cash flow seront annoncés quant à eux avec le reste de la performance financière, lors de la publication des comptes du troisième trimestre. Tesla ajoute que son décompte en matière de livraisons doit être perçu comme assez conservateur... Elon Musk, patron du leader californien de l'automobile électrique, a par ailleurs indiqué sur Twitter que le constructeur allait faire son entrée sur le marché indien dès l'année prochaine.

Amazon (-2,2%), le colosse américain du e-commerce, a annoncé que plus de 19.000 de ses employés avaient contracté le coronavirus cette année aux États-Unis. L'information avait été réclamée au groupe de Jeff Bezos par les défenseurs des droits des travailleurs, qui critiquaient la réponse apportée par le groupe à la crise sanitaire actuelle.

Alphabet (-1,6%). Le moteur de recherche Internet Google, propriété d'Alphabet, a reporté le lancement australien de son service de reprise d'articles de presse News Showcase. Google s'est engagé à rémunérer les producteurs de contenus, mais le groupe évoque des complications réglementaires et repousse donc pour l'heure le lancement, trois mois après son annonce.

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