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Wall Street : vif rebond dans l'espoir du plan de soutien US

Wall Street : vif rebond dans l'espoir du plan de soutien US
Wall Street : vif rebond dans l'espoir du plan de soutien US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York rebondit vigoureusement mardi, après être tombée la veille à un nouveau plus bas depuis la fin 2016. Les investisseurs placent leurs espoirs dans le Congrès américain, qui pourrait adopter ce mardi le vaste plan de soutien à l'économie proposé par l'administration Trump afin de lutter contre les effets du coronavirus. Les marchés ont aussi été soulagés par l'engagement de la Fed à acheter des actifs et de soutenir directement les entreprises, sans limite de montant.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones rebondissait de 7,94% à 20.055 points, tandis que l'indice large S&P 500 grimpait de 6,46% à 2.382 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progressait de 5,4% à 7.231 pts. Le dollar reflue après son récent "rally", tandis que marché pétrolier retrouve un peu de calme après son effondrement, et l'or rebondit vivement pour la deuxième séance consécutive. Les taux souverains rebondissent après être tombés ces derniers temps à des plus bas historiques.

Plus tôt dans la journée, les marché européens ont eux aussi connu un rebond spectaculaire, l'EuroStoxx 50 reprenant 6,5% et le CAC 40 grimpant de 8,4%.

Les négociations progressent entre démocrates et républicains du Congrès US

Malgré la multiplication des mesures de confinement et des indicateurs économiques préoccupants, les marchés financiers veulent croire en l'efficacité des mesure chocs prises par les banques centrales à travers le monde et des plans de soutien budgétaire pris par les gouvernements.

Aux Etats-Unis, après avoir rejeté deux fois lundi la première mouture du plan de soutien de l'administration Trump, le Sénat poursuit mardi ses discussions. Ce méga-"package" qui atteindrait 2.000 milliards de dollars (1.842 MdsE), semble désormais proche d'être approuvé par les démocrates, qui réclamaient davantage de garanties, notamment sur la destination de l'aide aux grandes entreprises américaines. La président de la chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé mardi qu'elle avait bon espoir de parvenir à un accord bipartisan avant la fin de la journée.

Lundi, les démocrates du Sénat avaient refusé de donner un blanc-seing à un volet du plan qui prévoit une enveloppe de 500 milliards de dollars pour venir en aide aux grandes entreprises en difficulté. Ils veulent s'assurer que ces aides bénéficieront à l'emploi et ne serviront pas à rémunérer les actionnaires (dividendes et programmes de rachats d'actions). Même si le Sénat est contrôlé par les républicains, le plan de soutien doit être approuvé à une majorité qualifiée de 60 votes sur 100, ce qui requiert le feu vert d'élus démocrates.

Plongeon des indices d'activité aux Etats-Unis et en Europe en mars

Le plan de relance est d'autant plus attendu que sur le plan macro-économique, les indicateurs commencent à flancher sérieusement, dévoilant l'impact du Covid-19 sur l'économie. Aux Etats-Unis, l'indice PMI flash IHS Markit Composite est ainsi tombé à 40,5 en mars aux Etats-Unis, contre 49,6 en février, soit le plus bas niveau jamais observé depuis la création de la statistique....

Le déclin global de l'activité est le plus fort enregistré depuis octobre 2009 et reflète une baisse généralisée de l'activité dans l'ensemble des secteurs manufacturier et des services. L'indice flash de l'activité de services ressort ainsi à 39,1 contre 49,4 le mois précédent et 42 de consensus alors que l'indice flash manufacturier recule de 50,7 à 49,2, sur un plancher de 127 mois mais est nettement supérieur aux attentes (42,8).

Dans la zone euro, le scénario est identique, les indices PMI flash ISH Markit confirmant ce mardi une chute sans précédent de l'activité économique en mars. Un plongeon appelé à se prolonger au cours des prochaines semaines compte tenu des mesures de confinement adoptées un peu partout dans la région.

Le dollar confirme sa pause, le pétrole panse ses plaies

Sur le marché des changes, la pause du dollar se confirme après plus d'une semaine d'ascension fulgurante, les investisseurs ayant fui les autres devises, notamment celles des marchés émergents, pour se réfugier vers le "Roi dollar". L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) recule actuellement de 0,4% à 102,09 points. L'euro regagne 0,33% à 107,55$.

Quant à l'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", il recule de 4,3% points à 58,89, après avoir atteint la semaine passée des niveaux records supérieurs à 85.

Les cours du pétrole réduisent leurs gains après un vif rebond en début de journée. Le cours du brut léger américain WTI avance de 0,4% à 23,45$ (contrat à terme de mai sur le Nymex), tandis que le Brent de mer du Nord gagne 0,74% à 27,23$. La banque Barclays a, à son tour, fortement réduit ses estimations de prix moyen pour le Brent et WTI cette année (-12 dollars à 31$ et 28$ respectivement). La banque britannique cite d'une part la pression considérable à la baisse sur le marché due à la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et la Russie, et d'autre part la chute de la demande en raison de l'épidémie de coronavirus.

Enfin, l'or reprend des couleurs après avoir été copieusement vendu depuis deux semaines par des investisseurs en quête de liquidités face à la déroute boursière. L'once d'or regagne ainsi mardi 5,67% à 1.661$ (contrat à terme de juin sur le Comex). Le cours du métal jaune avait déjà bondi de 5,6% lundi.

VALEURS A SUIVRE

* American Airlines (+28%). Les principales compagnies aériennes américaines réfléchiraient à une éventuelle suppression totale de tous leurs vols domestiques. Selon les sources du 'Wall Street Journal', les agences gouvernementales envisageraient également de prendre une telle mesure alors, qu'outre la chute de la demande, le secteur est également confronté à la rapide propagation de l'épidémie au sein même du système de contrôle aérien du pays. Aucune décision finale n'a été prise par les transporteurs ou la Maison Blanche mais plusieurs options sont à l'étude, selon le WSJ.

* Chevron (+16%) prend des mesures pour préserver sa trésorerie. Comme l'ensemble des grands noms du secteur pétrolier, le géant américain annonce une baisse de 20% de ses dépenses d'investissement et suspend son programme de rachats d'actions de 5 Mds$. Chevron a en revanche maintenu le versement de son dividende.

* Nordstrom (+15,8%). Le groupe de grands magasins a suspendu le versement du dividende trimestriel et son programme de rachat d'actions dans l'espoir d'atténuer l'impact de la pandémie de coronavirus.

* Applied Materials (+9%) a annoncé le retrait de ses objectifs financiers pour le deuxième trimestre, la chaîne d'approvisionnement et les opérations de production de l'équipementier des semi-conducteurs ayant été touchées par l'épidémie de coronavirus.

* Intel (+4,7%). Le fabricant de puces suspend aussi son programme de rachat d'actions de 20 Mds$. Face à la pandémie de coronavirus, la firme californienne a en revanche décidé de maintenir le versement de son dividende.

* PHILLIPS 66 (+2,2%). Le raffineur américain a également abaissé sa prévision de dépenses pour l'année, l'épidémie de coronavirus et la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et la Russie menaçant le marché pétrolier d'une offre excédentaire.

* Gilead Sciences (+0,3%). Le remdesivir, un potentiel traitement de la maladie causée par le coronavirus, a obtenu le statut de médicament orphelin par l'agence américaine du médicament offrant une exclusivité commerciale de sept ans et autres avantages fiscaux au laboratoire américain.

* Twitter (+2,2%) n'est pas épargné par la pandémie de coronavirus. Le réseau social a averti sur le fait que son chiffre d'affaires reculera légèrement au premier trimestre et que son résultat opérationnel sera négatif en raison de l'impact de la pandémie sur ses recettes publicitaires. Twitter avait précédemment estimé que ses revenus trimestriels se situeraient entre 825 millions et 885 millions de dollars, soit une augmentation de 8,6% par rapport à l'année précédente.

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