Cotation du 26/02/2021 à 23h04 Dow Jones Industrial -1,50% 30 932,37
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Wall Street : valse-hésitation avant l'intervention de Powell

Wall Street : valse-hésitation avant l'intervention de Powell
Wall Street : valse-hésitation avant l'intervention de Powell

(Boursier.com) — La Bourse américaine se montre hésitante mercredi, pour la 2e séance consécutive, en manque de catalyseurs immédiats et alors que les principaux indices sont proches de leurs sommets historiques. Les investisseurs ont été soulagés de constater que l'inflation n'a pas montré d'accélération notable en janvier aux Etats-Unis. Ils attendent une intervention du patron de la Fed Jerome Powell à partir de 20h (heure française) et suivent toujours de près l'évolution du plan de soutien de Joe Biden au Congrès américain, tandis que la situation sanitaire continue de s'améliorer outre-Atlantique.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones cède 0,08% à 31.375 points, alors que l'indice large S&P 500 recule de 0,08% à 3.908 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, lâche 0,22% à 13.976 pts, au lendemain d'un nouveau sommet.

Parmi les valeurs en vue, Twitter bondit de 8,6% tandis que la spéculation s'est emparée de Tilray (+39%!), un des principaux producteurs nord-américains de cannabis. Le pétrole Brent enchaîne sa 9e séance d'affilée, au-dessus de 61$ le baril. Quant au Bitcoin, 'star' de la semaine, dopé en particulier par l'improbable investissement en trésorerie de Tesla pour 1,5 milliard de dollars, il consolide sur les 44.600$ (-4,4% sur 24 heures).

Ailleurs dans le monde, les marchés financiers ont terminé en ordre dispersé. En Europe, l'EuroStoxx 50 a cédé 0,35% et le CAC 40 a lâché 0,36% à Paris. En Asie, le Nikkei a gagné 0,19% et le Shanghai composite a bondi de 1,4%.

A Wall Street, sept des 11 indices sectoriels du S&P 500 progressent mercredi, dont l'énergie (+1,6%) dans le sillage des cours du brut, puis l'immobilier (+0,4%), les financières (+0,4%) et la santé (+0,4%). Les technologiques reculent de 0,4 et les services de communication gagnent 0,2%.

Sur le front économique à Wall Street ce jour, l'indice américain des prix à la consommation pour le mois de janvier 2021 est ressorti en augmentation de 0,3% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de marché, après une hausse de 0,2% en décembre. Hors alimentation et énergie, l'indice des prix a été stable en janvier, contre +0,2% de consensus. Ces chiffres ont plutôt rassuré les marchés, qui s'inquiètent d'une accélération de l'inflation causée par la reprise économique alors que la banque centrale et l'Etat américain continuent d'injecter des milliers de milliards de dollars dans le système financier pour surmonter la crise du coronavirus.

Ces anticipations inflationnistes ont fait décoller les taux souverains américains ces dernières semaines. Le rendement du T-Bond à 10 ans est ainsi passé de 0,9% fin 2020 à 1,14% ces jours-ci. Dans ce contexte, les propos de Jerome Powell, qui s'exprimera mercredi soir devant l'Economic Club de New York, seront suivis de près. Le patron de la Fed a plusieurs fois affirmé que la banque centrale était prête à accepter une hausse temporaire de l'inflation au-dessus de son objectif de 2% en glissement annuel sans que cela ne déclenche un mouvement préemptif de hausse des taux.

Les dernières projections économiques de la Fed montraient que les taux directeurs devraient être maintenus au plancher au moins jusqu'à la fin 2022, mais certains acteurs du marché envisagent une poussée inflationniste dès 2021 qui amènerait la Fed à se montrer moins généreuse.

Par ailleurs, les stocks de grossistes ont augmenté de 0,3% en décembre sur un mois aux Etats-Unis, contre 0,1% de consensus. Le déficit budgétaire de janvier sera communiqué à 20 heures (consensus -233 milliards). Notons enfin que le président de la Fed, le très accommodant Jerome Powell, s'exprimera dans la soirée.

Les cours du pétrole restent bien orientés mercredi, au plus haut depuis 13 mois, après la publication d'une forte baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Le contrat à terme de mars sur le baril de pétrole brut WTI gagne 0,4% à 58,60$ sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance avril avance de 0,5% à 61,40$. Les cours du Brent ont enchaîné 9 séances de hausse et le WTI monte depuis 8 séances. Les cours gagnent environ 18% pour le Brent et 19% pour le WTI depuis le début de l'année.

Pour la semaine close au 5 février, les stocks de brut ont chuté de 6,6 millions de barils hors réserve stratégique, un retrait plus prononcé que prévu. Les cours sont aussi soutenus par les espoirs de reprise économique, et par le volontarisme de l'Opep+ à maîtriser sa production, et maintenir un marché en excès de demande afin d'éponger les stocks mondiaux et soutenir les cours.

L'or a gagné 0,3% à 1.843,10$ l'once pour le contrat à terme d'échéance avril sur le Comex, tandis que l'argent d'échéance mars a reculé de 1,1% à 27,10$.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar cède 0,07% à 90,38 points face à un panier de devises, tandis que l'euro grimpe de 0,12% à 1,2132$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond a 10 ans cède 2 points de base à 1,13%, après la publication d'une inflation maîtrisée en janvier aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Twitter (+8,6%) a publié mardi soir des résultats de bonne facture pour le 4e trimestre 2020, tout en faisant état d'un nombre d'utilisateurs actifs un peu inférieur aux attentes des marchés. Pour le trimestre achevé fin décembre, le bénéfice net du réseau social américain a atteint 222 millions de dollars, soit 29 cents par action, conforme aux attentes du consensus compilé par le cabinet FactSet. Les ventes de Twitter ont bondi de 28% pour atteindre 1,29 milliard de dollars, alors que le consensus tablait sur 1,18 Md$. C'est la deuxième fois de son histoire que Twitter parvient à dépasser le milliard de dollars de chiffre d'affaires trimestriel.

Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens monétisables a bondi de 27% en un an pour atteindre 192 millions fin décembre, mais les analystes s'attendaient à un peu mieux, à 193,5 millions. Cet indicateur, dont dépend la capacité du groupe à attirer les annonceurs publicitaires, est très suivi. Wall Street le scrute d'autant plus cette fois-ci que Twitter a banni le mois dernier son utilisateur le plus célèbre, Donald Trump, qui revendiquait presque 89 millions de "followers". Twitter a par ailleurs estimé "modeste" l'impact des dernières modifications du système d'exploitation iOS d'Apple, qui permet aux utilisateurs de mieux protéger leurs données personnelles , ce qui pourrait avoir un impact négatif pour les autres réseaux, dont Twitter, Facebook, Snap ou encore Pinterest.

Tilray flambe de 39% au lendemain de l'annonce par la société d'un accord avec Grow Pharma pour importer et distribuer ses produits de cannabis médical au Royaume-Uni. Par ailleurs, Tilray a été cité sur le forum Wallstreetbets du réseau social e Reddit, qui avait déjà fait s'envoler GameStop il y a deux semaines en rassemblant une armée de petits porteurs actifs.

Cisco Systems (-4,3%) a publié mardi soir des résultats meilleurs que prévu, mais les marchés font la fine bouche. Pour son 2e trimestre fiscal, achevé fin décembre, le groupe américain a dégagé un bénéfice net de 2,55 milliards de dollars (60 cents par action) contre 2,88 Mds$ un an plus tôt (68 cents par action). En données ajustées, le bpa est de 79 cents, contre 77 cents en 2019, et supérieur aux 76 cents attendus par les analystes sondés par le cabinet FactSet. Les revenus du groupe ont atteint 11,96 Mds$ contre 12,01 Mds$ un an plus tôt, et là aussi un peu au-dessus des 11,92 Mds$ de consensus. Pour le trimestre en cours, Cisco s'attend à un bpa de 80 à 82 cents, conforme aux attentes (81 cents) et à des ventes en hausse de 3,5% à 5,5% sur un an, ce qui correspond à une fourchette de 12,38 à 12,68 Mds$. Le analystes tablaient sur des revenus de 12,35 Mds$.

Yelp (-6,4%) a annoncé hier soir les meilleurs profits de son histoire. Sur le quatrième trimestre, le bénéfice du groupe a donc dépassé les attentes. Yelp table par ailleurs sur un retour à la croissance des revenus en glissement annuel cette année. Pour le T4, le bénéfice par action est ressorti à 27 cents, contre 24 cents un an auparavant, alors que le consensus était celui d'un résultat au point mort. Les revenus ont été de 233 millions de dollars. Le bénéfice net a progressé de 23% à 21 millions.

Lyft (+5,7%), colosse VTC californien, bondit ce jour à Wall Street. Le groupe a battu le consensus sur le trimestre et confirme son potentiel de recovery malgré la crise sanitaire. La perte annuelle publiée est ressortie moins lourde que prévu. La perte ajustée par action s'est établie à 58 cents par titre pour le trimestre clos, contre -71 cents de consensus. Les revenus ont totalisé près de 570 millions de dollars, 2% de mieux que le consensus, contre un peu plus d'un milliard de dollars sur la période comparable de l'an dernier.

Uber (+5%) monte dans le sillage de son rival, alors que le groupe doit publier après bourse ce soir à Wall Street ses propres comptes trimestriels. Ils seront également marqués par la crise sanitaire, mais on voit que les marchés savent se montrer indulgents si un embryon de reprise se précise.

Mattel (-0,9%), le géant du jouet, a publié hier soir pour son quatrième trimestre des résultats meilleurs que prévu pour la période des fêtes, avec Barbie et Hot Wheels. En outre, le groupe observe une forte reprise de l'activité depuis le second semestre, avec l'allègement de certaines restrictions sanitaires. Le bénéfice trimestriel par action s'est élevé à 40 cents, contre 24 cents de consensus et 11 cents un an avant. Les revenus ont totalisé 1,63 milliard de dollars, 3% de plus que le consensus, contre 1,47 milliard pour la période correspondante de l'année antérieure.

Coca-Cola (stable) publie ce mercredi un bénéfice par action de 47 cents pour son quatrième trimestre, contre un consensus de 42 cents sur une base ajustée. Le bénéfice GAAP a représenté 34 cents par titre. Les revenus du groupe sont quasiment conformes aux attentes. James Quincey, PDG de l'affaire, se dit confiant en vue d'un retour à la croissance cette année, malgré les incertitudes de court terme. Pour le quatrième trimestre 2020, le géant des soft drinks a annoncé des revenus en retrait de 5% en glissement annuel à 8,61 milliards de dollars. Les économies de coûts ont compensé l'impact de la pandémie sur les revenus.

General Motors (-2,6%) publie des résultats de bonne facture pour son quatrième trimestre et l'exercice clos, mais prévient d'un impact sur l'Ebit ajusté 2021 allant de 1,5 à 2 milliards de dollars de la pénurie temporaire de semi-conducteurs affectant l'industrie. Pour le trimestre clos, le constructeur automobile américain a affiché un bénéfice ajusté par action de 1,93$ à comparer à un consensus de 1,62$. Les revenus totalisent quant à eux 37,5 milliards de dollars, contre 36,9 milliards de dollars de consensus. Sur l'exercice clos, le bpa se monte à 4,33$ et le bpa ajusté à 4,9$. Le bénéfice net annuel se situe à 6,4 milliards de dollars et l'Ebit ajusté à 9,7 milliards de dollars. Pour l'exercice 2021, le bénéfice ajusté par action est attendu entre 4,5 et 5,25$, alors que l'Ebit ajusté est anticipé entre 10 et 11 milliards de dollars.

Under Armour (+8,4%) progresse ce jour à Wall Street, alors que le détaillant en produits de sport a annoncé un profit trimestriel inattendu et des revenus supérieurs aux attentes. Le groupe de Baltimore a affiché un bénéfice net de 184 millions de dollars et 40 cents par titre sur le trimestre, contre une perte de 15 millions de dollars un an avant. Les revenus trimestriels se sont pourtant érodés de 3% à 1,4 milliard de dollars. Le bénéfice opérationnel a été de 56 millions et le bénéfice opérationnel ajusté de 120 millions. Le bénéfice net ajusté représente 55 millions de dollars, pour un bpa ajusté de 12 cents. Les revenus 2021 sont attendus en croissance de 6-9%, pour un bpa ajusté allant de 12 à 1' cents.

Criteo (+26%). L'acteur du reciblage publicitaire a annoncé pour le quatrième trimestre des revenus hors TAC et un Ebitda ajusté supérieurs à sa guidance. Il prévoit une légère croissance en 2021 et annonce une autorisation de rachat d'actions de 100 millions de dollars. Pour le trimestre clos fin décembre, les revenus se sont appréciés de 1% à 661 M$ et le bénéfice net a grimpé de 13% à 47 millions, 73 cents par titre. Sur une base ajustée, les revenus baissent de 5% hors TAC à 253 millions, alors que l'Ebitda ajusté fléchit de 6% à 103 millions, pour un bpa dilué ajusté en retrait de 9% à 98 cents.

CME Group (-3,6%) a annoncé pour le quatrième trimestre des revenus de 1,1 milliard de dollars et un bénéfice d'exploitation de 515 millions. Le bénéfice net a représenté 424 millions de dollars et le bpa dilué 1,18$. Sur une base ajustée, le bénéfice s'est élevé à 497 millions de dollars et 1,39$ par titre. Les revenus annuels ont totalisé 4,9 milliards et le bénéfice net annuel a atteint 2,1 milliards (2,4 milliards sur une base ajustée).

Teva Pharmaceuticals (-6%), le génériqueur israélien, a battu le consensus de revenus et de bénéfice ajusté par action sur le dernier trimestre de l'exercice 2020. Le groupe a déploré une perte de 150 millions de dollars soit 14 cents par titre sur le trimestre clos, contre 110 millions un an avant. Le bpa ajusté est ressorti positif de 68 cents sur le trimestre et de 2,57$ sur l'exercice. Les revenus ont atteint 4,5 milliards sur le trimestre et 16,7 milliards sur l'année. Le free cash flow a représenté 471 millions sur le trimestre et 2,1 milliards sur l'exercice.

Borgwarner, Molson Coors, Duke Energy, Kraft Heinz, Walt Disney (après la clôture), Kellogg, Expedia, Tyson Foods, PepsiCo, AstraZeneca et Verisign, annoncent demain. Vendredi, la journée sera plus calme, avec tout de même les résultats de Moody's, Dominion Energy, American Axle et Newell Brands.

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