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Wall Street vacille avec Apple, malgré l'emploi et les 'fusacqs'

Wall Street vacille avec Apple, malgré l'emploi et les 'fusacqs'
Wall Street vacille avec Apple, malgré l'emploi et les 'fusacqs'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine était parvenue hier soir à clôturer miraculeusement dans le vert, malgré les inquiétudes grandissantes concernant la croissance mondiale et la chute du titre Tesla (-6,8% hier) consécutive à des chiffres trimestriels de ventes jugés trop courts. Ainsi, effaçant leurs lourdes pertes de début de séance, les principaux indices américains avaient clôturé dans le vert, le DJIA grappillant 0,08% et le Nasdaq 0,46%... Les choses se compliquent de nouveau ce jeudi, après un avertissement d'Apple sur ses ventes trimestrielles, qui emporte le titre par le fond (-8% en pré-séance ce jour).

Tesla puis Apple... Les deux vedettes boursières des dernières années viennent donc coup sur coup de décevoir, ce qui est vraisemblablement symptomatique d'un ralentissement profond et global, qui va bien au-delà des seuls marchés émergents ou asiatiques.

Le S&P500 cède 1% avant bourse ce jeudi, tandis que le Nasdaq est attendu en recul de 1,8% avec Apple... La cote américaine ne profite pas pour l'heure des très bons chiffres de l'emploi privé américain publiés par ADP, pas plus que de l'OPA de 74 Mds$ (!) de Bristol-Myers sur Celgene.

Sur le Nymex, après le rebond de la veille, le baril de brut WTI pour février gagne encore 1,6% à 47,3$... Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, cède 0,3% à 96,5.

L'emploi en vedette

Le dernier rapport de la firme ADP concernant l'emploi privé aux Etats-Unis, pour le mois de décembre 2018, fait ressortir des créations de postes au nombre de 271.000, ce qui dépasse amplement un consensus de place de 180.000 environ, et marque une franche amélioration en comparaison du mois de novembre 2018 (157.000 créations de postes pour la lecture révisée). En décembre, les petites entreprises américaines ont généré 89.000 postes, contre 129.000 pour les moyennes et 54.000 pour les grandes. Le secteur de la production de biens a créé 47.000 emplois, contre 224.000 pour celui des services.

Ce rapport fait suite à celui de la firme Challenger dévoilé plus tôt ce jour, et selon lequel le nombre de licenciements annoncés aux Etats-Unis pour le mois de décembre 2018 s'est établi à 43.844, en baisse par rapport à un niveau de 53.073 affiché en novembre 2018. Le niveau des annonces de suppressions de postes pour le mois de décembre ressort globalement en ligne avec la moyenne mensuelle de 44.888 affichée justement pour 2018. Bien que le mois de décembre ait été conforme à la moyenne, les annonces de licenciement pour l'ensemble de 2018 ont été les plus élevées en trois ans, et ont représenté la seconde performance la plus élevée depuis 2011 selon Bloomberg. La hausse des annonces n'a toutefois pas entraîné d'augmentation sensible des inscriptions au chômage aux USA, ces dernières restant même pour l'heure proches des planchers historiques.

Le Département US au Travail vient d'annoncer pour sa part une hausse de 10.000 des inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage sur un rythme ajusté des variations saisonnières, à 231.000. Le consensus était de 220.000.

Ces différents chiffres précèdent ceux, encore plus attendus, du rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi aux Etats-Unis pour le mois de décembre. Ce rapport sera communiqué demain à 14h30 (consensus 180.000 créations de postes pour 3,7% de chômage, 175.000 créations dans le privé).

ISM et construction à suivre

L'ISM manufacturier américain du mois de décembre sera annoncé ce jour à 16h (consensus 57,9). Il devrait confirmer un ralentissement de l'expansion de l'industrie manufacturière aux USA. Enfin, les dépenses américaines de construction du mois de novembre, décalées à aujourd'hui du fait du shutdown, seront connues à la même heure (consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur).

La situation s'enlise autour du 'Mur' de Trump

Alors que le shutdown administratif partiel aux Etats-Unis dure depuis le 22 décembre, une réunion importante entre leaders républicains et démocrates du Congrès sur la question de la sécurité aux frontières n'a pas fourni de résultat tangible. Le Président américain Donald Trump maintient quant à lui la pression afin d'obtenir du Congrès le financement (de 5 milliards de dollars) de son "Mur" à la frontière avec le Mexique. Après une réunion stérile à la Maison Blanche hier mercredi, il est donc à craindre que le shutdown, affectant un quart des administration fédérales US, s'installe durablement.

Pelosi prend la présidence de la Chambre

Trump en personne a reconnu le risque que cette paralysie des administrations persiste. Une nouvelle réunion impliquant Républicains et Démocrates est programmée demain, mais rien n'indique, bien au contraire, qu'une solution soit proche. Le clan démocrate devient majoritaire ce jeudi à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi prenant la présidence de la Chambre en tant que 'House speaker' et devenant du coup l'une des femmes les plus puissantes au monde.

Les Démocrates doivent présenter un plan de financement permettant de mettre un terme au shutdown, mais ce projet ne comprendra évidemment pas le financement du mur désiré par le Président américain. Le blocage risque donc de se poursuivre, face à tant d'entêtement.

Trump maintient le cap

Sur le réseau social Twitter, Donald Trump ne lâche rien et revient donc à la charge ces dernières heures. Le Président américain estime que le financement qu'il exige a déjà sa contrepartie, dans la mesure où "le Mexique paie pour le Mur à travers le nouvel Accord Commercial USMCA"...

"Les deux parties doivent travailler ensemble pour faire passer la Législation de Financement qui protège cette Nation et son peuple", lance encore Trump... "Je reste prêt et désireux de travailler avec les Démocrates afin de faire voter une législation qui sécurise nos frontières", indique le Président américain. "Malheureusement, il ne peut y avoir de RÉELLE Sécurité des Frontières sans le Mur!", résume encore Trump.

Apple tombe de haut

Apple. Le groupe californien de Cupertino, dont la capitalisation boursière avait dépassé l'année dernière les 1.100 milliards de dollars, établissant un record historique pour une entreprise cotée à Wall Street, devrait débuter sa journée ce jeudi sur une valorisation d'environ 700 milliards de dollars. Le groupe à la pomme sort donc du podium des premières capitalisations américaines, dominé désormais par Microsoft, suivi de près par Amazon et Alphabet.

Apple a lancé hier soir un (très rare) avertissement sur ses ventes, pour le premier trimestre fiscal correspondant en fait au dernier trimestre calendaire - cruciale saison des fêtes. Il s'agit d'une première en près de 20 ans pour Apple, qui devrait donc perdre encore ce jour plusieurs dizaines de milliards de capitalisation... Évoquant la faiblesse des marchés émergents, particulièrement en Chine, et de moindres nouveautés sur les iPhones, la firme de Cupertino vise désormais un chiffre d'affaires de 84 milliards de dollars sur les trois mois clos fin décembre, alors qu'elle projetait début novembre, à l'occasion de la publication des comptes du quatrième trimestre, des revenus compris entre 89 et 93 Mds$. Apple, qui avait enregistré des ventes de 88,3 Mds$ sur le premier trimestre de son exercice fiscal précédent, devrait ainsi voir ses revenus se contracter sur la période des fêtes pour la première fois depuis l'accession de Tim Cook aux fonctions de PDG en 2011.

"Même si nous anticipions des difficultés dans des marchés émergents importants, nous n'avons pas mesuré l'ampleur de la décélération économique, surtout en Grande Chine", a ainsi regretté le patron d'Apple, dans une lettre adressée aux investisseurs... Cette annonce n'est toutefois pas une totale surprise, dans la mesure où plusieurs fournisseurs clés d'Apple avaient réduit leurs estimations ces derniers mois, suggérant un tel ralentissement.

L'avertissement d'Apple aura des répercussions assez larges sur le marché ce jour. Il devrait plomber les titres des fournisseurs Qualcomm, Intel, Micron ou AMD, ainsi que la valeur Berkshire Hathaway (la firme de Warren Buffett possède plus de 5% du capital d'Apple) ou le dossier du distributeur de produits électroniques Best Buy.

General Motors fléchit avant bourse à Wall Street, le géant automobile de Detroit ayant annoncé des ventes unitaires US de nouveaux véhicules en recul de 2,7% pour le quatrième trimestre 2018, la baisse concernant la majeure partie des marques.

Bristol-Myers Squibb, géant pharmaceutique américain basé à New York, propose de racheter son compatriote du New Jersey Celgene dans le cadre d'une opération de 74 milliards de dollars en cash et actions. Selon les termes de l'opération envisagée, les actionnaires de Celgene recevraient une action Bristol-Myers Squibb et 50$ en numéraire pour chacun de leurs titres, ce qui représente, sur les cours de clôture de la veille, un montant de 102,4$ par titre et une belle prime de 54% sur les cours de clôture de Celgene observés hier soir.

Il s'agit donc du premier deal 'blockbuster' de l'année à Wall Street. BMS a accepté cette transaction pour l'acquisition du concepteur de traitements du cancer. Les actionnaires de Celgene vont également recevoir des droits CVR (Contingent Value Right) permettant d'obtenir un paiement additionnel potentiel de 9$ par titre en cash, sous réserve de futurs franchissements d'étapes. A la finalisation de l'opération, les actionnaires actuels de BMS détiendraient environ deux tiers du nouvel ensemble, contre 31% pour ceux de Celgene.

Coca-Cola. La Commission européenne a autorisé la cession au géant américain des soft drinks de la chaîne de cafés Costa Coffee - numéro deux du secteur derrière Starbucks -, jusqu'alors propriété du groupe britannique Whitbread.

Tesla, victime d'ajustements de recommandations suite à ses publications de la veille, perd encore du terrain après avoir abandonné 7% hier à Wall Street sur des chiffres décevants pour le quatrième trimestre. Ainsi, le groupe d'Elon Musk a révélé des ventes unitaires logées à 90.700 véhicules pour le trimestre clos, en croissance à un chiffre de 8% en comparaison du trimestre antérieur, à comparer à un consensus de place de 92.000 environ. Les livraisons du Model 3 'grand public' ont grimpé de 13% sur le quatrième trimestre (par rapport au trimestre précédent), à 63.150 unités. 13.500 Model S et 14.050 Model X ont par ailleurs été livrés. JP Morgan, qui conserve un avis négatif, a réduit son objectif à 220$.

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