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Wall Street : Trump plombe encore les marchés

Wall Street : Trump plombe encore les marchés
Wall Street : Trump plombe encore les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le rebond de la cote américaine (+1,3% hier soir sur le S&P500 et +1,39% sur le Nasdaq) tourne court ce mercredi, après une nouvelle série de tweets de Donald Trump, taclant surtout la Fed mais aussi la Chine. Les investisseurs n'avaient sans doute pas besoin de cela, la situation n'étant par ailleurs guère réjouissante sur le front commercial.

Le DJIA retombe maintenant de 0,93% à 25.788 pts, alors que le S&P500 fléchit de 0,8% à 2.859 pts. Le Nasdaq rend 0,1% à 7.827 pts. Du côté des valeurs, Disney constitue la principale déception majeure, les comptes dévoilés hier soir n'ayant pas été à la hauteur des attentes.

Sur le marché des changes, l'indice dollar corrige désormais de 0,2% à 97,4. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI plonge de près de 4% à 51,5$ sur le Nymex. D'après le Département américain à l'énergie, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont augmenté de 2,4 millions de barils sur la semaine close le 2 août, à 438,9 millions de barils. Le consensus tablait sur un recul. Les stocks d'essence ont quant à eux progressé de 4,4 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont grimpé de 1,5 million de barils.

La banque centrale de Nouvelle-Zélande a annoncé aujourd'hui une baisse surprise de 50 points de base de ses taux. La banque affirme, évoquant les risques économiques, qu'elle pourrait maintenir une politique très accommodante plus longtemps que prévu... Inde et Thaïlande ont également réduit ce mercredi leurs taux pour stimuler la croissance.

Évidemment, ce concours de souplesse monétaire n'a pas échappé à Donald Trump, qui en a profité, comme de coutume, pour 'allumer' la Fed sur le réseau social Twitter. "Trois Banques Centrales de plus réduisent les taux. Notre problème n'est pas la Chine - Nous sommes plus forts que jamais, l'argent se déverse aux U.S. alors que la Chine perd des compagnies par milliers au profit d'autres pays, et que leur monnaie est assiégée - Notre problème est une Réserve Fédérale qui est trop fière pour admettre son erreur d'avoir agi trop rapidement et resserré de manière excessive sa politique (et d'admettre que j'avais raison!)", a lancé le président américain.

"Ils doivent Réduire les Taux de manière plus importante et rapide, et arrêter leur resserrement quantitatif ridicule MAINTENANT. La courbe des taux affiche une marge trop large, et sans inflation! L'incompétence est une chose terrible à regarder, particulièrement quand il serait possible de s'occuper des choses 'siii' facilement. Nous GAGNERONS néanmoins, mais cela serait nettement plus facile si la Fed avait compris, ce qui n'est pas le cas, que nous étions en compétition avec d'autres pays, tous désirant profiter à nos dépens!", s'est encore ému le leader de la Maison blanche.

Concernant le conflit sino-américain, la tension était retombée quelque peu hier avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits...

Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales. Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

La banque centrale chinoise a par ailleurs démenti ce jour les rumeurs d'une éventuelle réduction des taux directeurs à compter du 10 août. La Banque populaire de Chine précise que ces rumeurs sont sans fondement et a demandé une enquête policière...

En Europe, la production industrielle allemande, ajustée des prix, des variations saisonnières et calendaires, est retombée de 1,5% en juin, selon l'Office fédéral de la statistique. Dans son estimation préliminaire, Destatis précise que la baisse de la production sur un an atteint 5,2%. Le consensus tablait respectivement sur un repli de 0,5% et sur un recul de 3,1%... Le déficit commercial de la France s'est pour sa part dégradé en juin après sa progression du mois de mai, avec le retour en forte baisse des exportations. Selon les statistiques CVS/CJO publiées par les Douanes, le déficit commercial de la France est ressorti à 5,19 milliards d'euros en juin, contre -3,28 MdsE en mai.

Les valeurs

Walt Disney (-5%) a déçu sur le troisième trimestre fiscal, affichant un bénéfice trimestriel en recul et inférieur aux attentes, malgré le succès de ses blockbusters au cinéma. Il faut dire que la firme de Burbank a lourdement investi, notamment dans son service de streaming vidéo Disney+, futur rival de Netflix. L'intégration de l'acquisition des actifs de Fox a également plombé les comptes, malgré des revenus historiques. Une consolidation boursière est donc toute légitime, d'autant que Disney avait récemment touché un nouveau sommet à Wall Street après un gain annuel proche des 30%.

Disney a publié pour le troisième trimestre fiscal un bénéfice de 1,76 milliard de dollars soit 98 cents par action, pour des revenus de 20,25 milliards de dollars. Les revenus n'étaient 'que' de 15,2 milliards un an avant et le précédent record de ventes se situait à 15,4 Mds$ sur le dernier trimestre calendaire 2017. Hors éléments exceptionnels, Disney a dégagé un bénéfice par action de 1,35$ au troisième trimestre, contre 1,87$ un an avant et 1,72$ de consensus de place. Le consensus de revenus se situait quant à lui encore plus haut, à 21,45 Mds$.

Lors de la conférence de présentation des résultats, le directeur général du groupe Robert Iger a reconnu qu'il s'agissait d'un des 'calls' les plus difficiles de sa carrière. Iger a insisté sur l'impact de l'intégration de l'acquisition de 70 milliards de dollars d'actifs de la 21st Century Fox, qui expliquerait la déception à court terme. La nouvelle activité aurait plombé le bénéfice par action de 60 cents sur le trimestre, alors que le management n'attendait qu'un impact de 35 cents.

Hertz Global (-1%), l'entreprise américaine de location de véhicules, a dépassé les attentes pour le second trimestre, affichant sur la période un bénéfice ajusté par action de 74 cents et un bénéfice GAAP de 40 cents, pour des revenus de 2,51 Mds$. Le consensus était de 37 cents de bpa GAAP et 2,48 milliards de facturations. Le management évoque des revenus historiques et une amélioration significative des bénéfices. Les revenus globaux ont grimpé de 5% en glissement annuel et même de 7% à devises constantes. Le bénéfice net part du groupe s'est envolé de 160%. L'Ebitda corporate ajusté a plus que doublé en glissement annuel. Le profit net ajusté a atteint 38 millions de dollars, contre une perte de 16 millions un an auparavant.

Weight Watchers (+30% !) s'envole à Wall Street. Le spécialiste américain de la perte de poids va donc en gagner en bourse. Il table désormais pour l'exercice 2019 sur un bénéfice par action allant de 1,55 à 1,70$. Les revenus sont attendus supérieurs à 1,4 milliard de dollars. Le consensus était de 1,52$ de bpa pour 1,4 Md$ de facturations. Pour son second trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice net de 54 millions de dollars soit 78 cents par action, contre 71 millions de dollars et 1,01$ par titre un an auparavant. Les revenus ont reculé à 369 M$ contre 410 M$ un an plus tôt. Le consensus était de 65 cents de bpa pour 376 M$ de recettes. Mindy Grossman, PDG du groupe, évoque par ailleurs une bonne réponse aux campagnes du printemps.

Match Group (+24%) grimpe à Wall Street, au lendemain des comptes trimestriels du groupe. Pour le second trimestre fiscal, la croissance du groupe est alimentée par le succès de l'application Tinder, dont la base d'abonnements a grimpé de 40% avec une moyenne de 5,2 millions sur le trimestre. Match, également propriétaire des services Hinge, Harmonica et OkCupid, a augmenté sa base globale moyenne d'abonnés de 18% à 9,1 millions à fin juin. Pour le trimestre clos, les revenus se sont appréciés de 18% à 498 millions de dollars, contre 489 M$ de consensus. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a régressé en revanche à 128 millions de dollars et 43 cents par titre, contre 133 M$ un an auparavant. Le groupe de Dallas envisage désormais des revenus du troisième trimestre allant de 535 à 545 M$, pour un Ebitda ajusté allant de 200 à 205 millions.

CVS Health (+6%) a relevé ses prévisions 2019 de profit, en marge de la publication d'un second trimestre supérieur aux attentes. Sur la période de trois mois close en juin, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,89$ en croissance de 12% en glissement annuel, contre un consensus logé à 1,69$ par titre. Les revenus de la firme ont progressé de 35% en comparaison de l'an dernier pour ressortir à 63,4 milliards de dollars, en intégrant les ventes d'Aetna - acquis l'an dernier pour 69 milliards. Le consensus était de 62,7 milliards de dollars de ventes. CVS table désormais sur un bénéfice annuel par action allant de 6,89 à 7$.

Teva Pharmaceutical (-5%), le géant israélien des traitements génériques, a confirmé ses estimations financières après un second trimestre marqué par une chute des profits moins lourde que prévu. Sur la période d'avril à juin, le groupe a affiché un bénéfice dilué ajusté par action de 60 cents, contre 78 cents un an plus tôt. Les revenus se sont affaissés quant à eux de 8% à 4,34 milliards de dollars avec l'impact de la concurrence sur le blockbuster Copaxone et le recul des revenus du Treanda dans le cholestérol. Le consensus de place était de 57 cents de bpa ajusté pour 4,25 milliards de ventes. Kare Schultz, le patron du groupe, estime Teva en bonne voie pour atteindre ses objectifs de restructurations à deux ans. Pour l'exercice 2019, le bénéfice ajusté par action est toujours attendu entre 2,20 et 2,50$.

Office Depot (-1%). Le détaillant américain en fournitures de bureau a annoncé pour son second trimestre fiscal une perte nette de 24 millions de dollars soit 4 cents par titre, contre un profit net de 16 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 7 cents par titre, alors que le consensus était de 5 cents. Les revenus trimestriels de l'affaire ont totalisé quant à eux 2,59 milliards de dollars, contre 2,63 milliards de dollars un an auparavant et en ligne avec le consensus de Wall Street. Le groupe table, pour l'exercice 2019, sur des revenus allant de 10,8 à 10,9 milliards de dollars.

Wendy's (+7%) a dévoilé pour son second trimestre des bénéfices supérieurs aux attentes. Le bénéfice net s'est élevé à 32,4 millions de dollars soit 14 cents par titre, contre 29,9 M$ un an avant, 12 cents par action. Le bénéfice trimestriel ajusté par action a représenté 18 cents, contre 17 cents de consensus de place. Les revenus se sont élevés à 435 millions de dollars, contre 411 millions de dollars un an auparavant et 440 millions de dollars de consensus. La croissance à comparable en Amérique du Nord est ressortie à +1,4%, légèrement supérieure au consensus. La croissance annuelle de l'activité est espérée entre 3 et 4%, ce qui ressort timide. Le bénéfice ajusté par action est attendu en augmentation de 3,5 à 7%.

Twitter (+1%). Des données d'usagers ont pu être utilisées par erreur à des fins publicitaires sans l'accord desdits usagers... L'oiseau bleu, qui évoque des problèmes avec les paramètres du site, a précisé hier soir avoir apporté les corrections adéquates sans déterminer le nombre d'utilisateurs ayant été impactés. Dans les faits, des publicités ciblées ont pu être affichées grâce à des informations récoltées sans l'accord des utilisateurs... "Vous nous faites confiance pour respecter vos choix et nous avons échoué. Nous sommes désolés de ce qui s'est passé, et nous prenons des mesures pour nous assurer que ce type d'erreur ne se reproduise pas", a indiqué la firme californienne.

Tesla (-1%) pourrait bien relever ses prix en Chine à partir du mois de septembre, selon deux sources proches du dossier citées aujourd'hui par l'agence Reuters. Le groupe californien vedette du marché de l'automobile électrique réagirait ainsi aux incertitudes relatives aux fluctuations du yuan.

FedEx (-2%) a confirmé mettre un terme à son contrat avec le géant du e-commerce Amazon pour les livraisons de petits colis, alors même que le groupe de Jeff Bezos est en train de peaufiner son propre réseau de distribution. FedEx avait décidé il y a deux mois de ne pas renouveler le contrat Amazon pour la livraison de fret américain via son service express par avion.

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