Cotation du 17/08/2018 à 22h49 Dow Jones Industrial +0,43% 25 669,32
  • DJIND - US2605661048

Wall Street trébuche, plombé par la Turquie

Wall Street trébuche, plombé par la Turquie
Wall Street trébuche, plombé par la Turquie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marché américains ont été chahutés ce vendredi à Wall Street, avec la montée d'inquiétude en provenance de la Turquie. Wall Street n'a pas échappé à la baisse généralisée, le DJIA redonnant 0,77% à 25.313 pts et le Nasdaq cédant 0,67% à 7.839 pts. Le S&P500 perd 0,71% à 2.853 pts. Les opérateurs craignent une contagion des problèmes turcs, l'exposition de certains établissements financiers pouvant générer certains problèmes...

Sur le marché des changes, l'euro retombe de 1% contre un dollar à 1,140$.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de septembre) gagne 1,53% à 67,76$. Le Brent prend 1,25% à 72,93$.

Le Président américain Donald Trump, dans son style inimitable, vient de confirmer les sanctions contre la Turquie sur le réseau social Twitter : "Je viens d'autoriser un doublement des tarifs sur l'acier et l'aluminium concernant la Turquie, car leur devise, la Livre Turque, chute rapidement face à notre Dollar très fort! L'aluminium sera désormais taxé à 20% et l'acier à 50%. Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment!"

Erdogan évoque des attaques économiques

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé quant à lui ce vendredi aux Turcs de convertir leurs dollars ou leur or éventuel en livre turque. La livre turque s'est effondrée face au dollar, dans l'anticipation des sanctions américaines consécutives à l'échec de négociations pour la libération du pasteur américain Andrew Brunson, soupçonné de terrorisme par la Turquie. Donald Trump avait promis de "larges sanctions" en cas d'échec des discussions, et en l'absence de libération de Brunson. C'est donc chose faite.

Craintes sur le secteur bancaire

Selon le 'Financial Times', même la Banque centrale européenne se montre préoccupée par la possible exposition des établissements financiers européens à la Turquie...

Erdogan estime de son côté que la Turquie faire face à une "guerre économique". Il demande aux citoyens de convertir leurs dollars et leurs autres devises éventuelles, ou bien encore leur or, en livre turque. "Changez les euros, les dollars et l'or que vous gardez sous vos oreillers en livres en vous rendant dans nos banques", a lancé Erdogan ce jour, évoquant une "lutte nationale" et des "attaques économiques". "Nous devons défendre notre pays", a ajouté le Président turc.

On parle (un peu) moins de Pékin...

Voilà qui détournera au moins momentanément l'attention de Wall Street du conflit commerciale entre Washington et Pékin. Les États-Unis ont annoncé mardi que des prélèvements douaniers de 25% allaient être imposés sur 16 Mds$ de marchandises supplémentaires importées de Chine, dès le 23 août. Comme prévu, le ministère chinois au commerce a répliqué par des droits de douane de 25% sur un montant équivalent de produits américains. Les représailles prendront également effet le 23 août et porteront sur plus de 300 produits américains dont le diesel, le charbon, des produits médicaux, mais aussi des produits sidérurgiques ou des automobiles (...).

La Chine, s'élevant contre "l'extorsion commerciale" pratiquée par l'administration Trump, avait auparavant indiqué avoir identifié plus de 5.000 produits importés des USA qui pourraient être taxés, représentant un montant d'environ 60 Mds$... Chine et Etats-Unis se sont déjà imposés des prélèvements réciproques sur 34 Mds$ de marchandises. De plus, l'administration Trump prévoit de mettre en place des taxes additionnelles de 25% portant sur 200 Mds$ de produits importés de Chine, si Pékin poursuit son offensive.

Le 'China Daily' a estimé hier jeudi que les États-Unis faisaient preuve d'une "mentalité mafieuse" en voulant imposer à la Chine des 'tarifs' douaniers supplémentaires. Le quotidien chinois promet une escalade supplémentaire.

Inflation sous contrôle ?

Selon le rapport gouvernemental du jour aux États-Unis, l'indice des prix à la consommation pour le mois de juillet 2018 est ressorti en augmentation de 0,2% en comparaison du mois antérieur et de 2,9% en glissement annuel, en ligne avec le consensus des économistes. Le CPI hors alimentaire et énergie a également progressé de 0,2% par rapport au mois antérieur, ce qui porte à +2,4% sa croissance en comparaison de juillet 2017. Cette performance est également en ligne avec le consensus de place.

Les chiffres du budget américain sont attendus dans la soirée, à 20 heures (consensus 73,5 Mds$ de déficit en juillet).

Les publications financières trimestrielles se font nettement plus rares. News Corp, Lions Gate et Dropbox annonçaient hier soir.

Dropbox sous pression

News Corp (-0,3%) termine bien après avoir été vivement secouée à Wall Street, après des trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe new-yorkais a dépassé les attentes en matière de bénéfice, et profite notamment de l'intégration d'actifs TV, des opérations immobilières et de l'édition. Le groupe de Rupert Murdoch a affiché une perte nette attribuable aux actionnaires de 372 M$ sur le trimestre clos, 64 cents par titre, contre 430 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 8 cents, contre 6 cents de consensus. Les revenus de l'éditeur du 'Wall Street Journal' se sont envolés de pratiquement 30% à 2,7 Mds$, contre 2,65 Mds$ de consensus de place.

Il s'agissait du quatrième trimestre fiscal de News Corp. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe a affiché une perte de 1,5 Md$ et 2,60$ par titre, alourdie par les dépréciations et éléments non récurrents. Les revenus annuels ont dépassé les 9 milliards de dollars.

Lions Gate Entertainment (0%) termine stable après avoir dépassé les attentes de Wall Street pour son premier trimestre fiscal 2019, dégageant sur la période un bénéfice ajusté par action de 18 cents, contre un consensus de place de 15 cents et un niveau de 50 cents un an plus tôt, à la même époque. Le producteur et distributeur cinématographique a affiché des revenus de 933 millions de dollars sur la période close en juin 2018, ce qui bat également le consensus. L'activité est toutefois en déclin, puisqu'elle atteignait un milliard de dollars un an avant, sur la même période. La perte nette attribuable aux actionnaires se monte par ailleurs à 8 M$ et 4 cents par titre sur le trimestre clos. Point positif, le free cash flow généré est positif de 114 M$.

Tesla (+0,86%) se reprend. Le titre replongeait de 4,8% hier en clôture, après un repli de 2,4% mercredi. Tesla ne devrait pas échapper à une enquête de la SEC, gendarme américain des marchés financiers. L'autorité financière devrait donc mener son investigation au sujet des 'tweets' d'Elon Musk, patron de Tesla, concernant une éventuelle sortie de la cote de la compagnie californienne. D'ailleurs, selon le 'Wall Street Journal', la Securities and Exchange Commission aurait déjà demandé des renseignements à ce sujet ! 'Bloomberg' affirme de son côté que la SEC 'intensifierait' l'examen du dossier, après les tweets de Musk.

Dropbox (-9,8%) corrige fortement, malgré des comptes meilleurs que prévu. Le groupe a en effet fait état par ailleurs du départ de son directeur opérationnel (COO) Dennis Woodside. Le leader du stockage dans le 'cloud' a affiché au second trimestre une perte nette de 4 M$ et 1 cent par titre, contre un déficit de 27 M$ et 14 cents par action un an auparavant. Le bénéfice trimestriel ajusté s'est élevé à 48 M$ soit 11 cents par action, contre 20 M$ et 6 cents par titre un an plus tôt. Le consensus était de 6 cents de bpa ajusté. Les revenus se sont élevés à 339 M$, en croissance de 27% en glissement annuel, alors que le consensus était de 331 M$.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com