Cotation du 09/12/2019 à 15h49 Dow Jones Industrial -0,05% 28 001,14
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Wall Street titube, ivresse des sommets ?

Wall Street titube, ivresse des sommets ?
Wall Street titube, ivresse des sommets ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide désormais après ses records vertigineux, le DJIA abandonnant 0,37% à 27.933 pts et le S&P500 0,20% à 3.115 pts. Le Nasdaq cède 0,07% à 8.544 pts. Les opérateurs consentent des prises de bénéfices, prenant note de quelques avertissements dans la distribution, provenant notamment des géants Kohl's et Home Depot. Les espoirs commerciaux subsistent, même si les récentes rumeurs faisaient état de diverses pierres d'achoppement. Enfin, la rencontre hier matin entre Trump et Powell a redonné un certain optimisme sur le front monétaire, même si la Fed a tenu à réaffirmer son indépendance suite aux commentaires un peu trop confiants du président américain.

Sur le marché des changes, l'indice dollar se stabilise à 97,8 face à un panier de devises de référence. Sur le Nymex, le baril de brut WTI retombe pour sa part de 2,2% actuellement à 55,9$.

D'après le rapport gouvernemental du jour aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements pour le mois d'octobre 2019 sont ressorties au nombre de 1,314 million, contre 1,32 million de consensus de place et 1,266 million pour la lecture révisée du mois antérieur. Les permis de construire se sont établis à 1,461 million, contre 1,378 million de consensus et 1,391 million un mois avant.

Ce mardi, Trump reste actif sur Twitter et commente le beau bilan boursier des valeurs technologiques du Nasdaq : "LE NASDAQ EN HAUSSE DE 27% SUR CETTE SEULE ANNÉE !", s'émerveille ainsi le président américain.

Donald Trump a indiqué hier sur le réseau social média Twitter qu'il avait rencontré le président de la Fed Jerome Powell. Le locataire de la Maison blanche s'est entretenu avec Powell en présence du Secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. "Je viens de terminer une réunion très bonne & cordiale à la Maison blanche avec Jay Powell de la Réserve Fédérale. Tout a été abordé y compris les taux d'intérêt, les taux d'intérêt négatifs, l'inflation basse, l'assouplissement, la solidité du Dollar & son impact sur l'industrie manufacturière, le commerce avec la Chine, l'UE & avec d'autres". Tard dans la soirée, Donald Trump a ajouté : "Lors de ma rencontre avec Jay Powell ce matin, j'ai protesté contre le fait que notre Taux de la Fed était fixé à un niveau trop élevé en comparaison des taux d'intérêt d'autres pays concurrents. En fait, nos taux devraient être plus bas que tous les autres (nous sommes les USA). Un Dollar trop fort affecte les industriels & la croissance !", a rabâché Trump sur Twitter.

Rappelons que Trump n'a cessé ces derniers mois de critiquer la Fed et sa politique jugée trop dure. Le président américain réclame désormais des taux négatifs. Powell, pour sa part, a confirmé il y a quelques jours la pause monétaire, intervenant devant le Joint Economic Committee du Congrès américain à Washington. Powell a expliqué à cette occasion que son scénario de base pour l'économie américaine demeurait favorable. Le scénario privilégié par le dirigeant de la Banque centrale américaine est celui d'une expansion soutenue de l'activité économique aux États-Unis, d'un marché de l'emploi dynamique et d'une inflation proche de l'objectif de 2% de la Fed. Ces commentaires de Powell plaidaient donc plutôt pour une pause.

La Fed a précisé dans un communiqué que Trump et Powell s'étaient entretenus à propos de l'économie, de la croissance, de l'emploi et de l'inflation. "Les commentaires du Président Powell ont été cohérents avec ses remarques fournies lors des auditions de la semaine dernière. Il n'a pas discuté de ses anticipations en matière de politique monétaire, à part pour souligner le fait que la trajectoire de la politique dépendra entièrement des informations nouvelles influant sur les perspectives de l'économie", a tenté de rassurer maladroitement la Banque centrale américaine. Enfin, a ajouté la Fed, le président Powell a déclaré que lui et ses collègues, membres du comité de politique monétaire, établiraient leur politique conformément à la loi, autrement dit pour soutenir le plein emploi et la stabilité des prix, et en se fondant seulement sur une analyste prudente, objective et... non-politique !

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité actuelle d'un statu quo à l'issue de la réunion des 10 et 11 décembre 2019 - dernière réunion monétaire de l'année - est de... 99,3%, mais la probabilité d'un relèvement de taux a disparu des radars, sur lesquels elle figurait hier soir pour un léger pourcentage. Les tweets de Trump ont donc influencé au moins... les marchés. La probabilité d'un assouplissement monétaire le 29 janvier 2020 atteint désormais près de 14%.

Après trois assouplissements d'un quart de point cette année, la fourchette du taux des fed funds se situe entre 1,50 et 1,75%. Cela reste trop élevé pour Trump, qui juge que la croissance serait encore plus forte sans la relative retenue de la Banque centrale américaine.

La place boursière chinoise a terminé la journée sur un gain de 0,85% ce matin, alors que les autorités locales entendent accentuer leur soutien au crédit ainsi que la baisse des taux d'intérêt réels, au lendemain d'une réduction de l'un des taux à court terme de la BPC. Le gouverneur de la Banque populaire de Chine, Yi Gang, a confirmé de telles intentions ce jour. Il souligne en particulier que Pékin désire renforcer la capacité d'octroi de crédit des banques. Hier, les opérateurs avaient salué la prolongation décidée par Washington de l'autorisation donnée aux entreprises américaines de commercer avec le géant télécom chinois Huawei.

Les valeurs

Home Depot (-5%) corrige à Wall Street ce mardi et pèse sur l'indice historique Dow Jones. Il faut dire que le distributeur américain leader des produits d'ameublement vient de réduire ses prévisions de ventes, son offensive dans le commerce en ligne n'ayant pas délivré les résultats escomptés. Pour le troisième trimestre juste clos, le groupe a annoncé un bénéfice net de 2,77 milliards de dollars soit 2,53$ par titre, contre 2,87 milliards un an auparavant. Le consensus de place était de 2,52$ de bpa. Sur ce trimestre clos début novembre 2019, le détaillant a affiché une croissance à comparable de 3,6%, contre un consensus de 4,7%.

Craig Menear, directeur général du groupe, explique avoir observé des résultats positifs des investissements consentis, mais certains des bénéfices anticipés pour l'exercice 2019 prendront plus longtemps que prévu à se matérialiser. Le groupe envisage donc désormais en 2019 une croissance de 1,8%, contre une guidance antérieure de +2,3%. La nouvelle guidance ferait ressortir les ventes annuelles à 110,1 milliards de dollars. Le groupe avait déjà lancé un avertissement au mois d'août du fait notamment de l'impact des tarifs douaniers, mais aussi de la forte baisse des prix du bois.

Kohl's (-18% !), la chaîne américaine de magasins, dévisse à Wall Street après avoir lancé un avertissement sur ses résultats annuels. Le détaillant a publié pour le trimestre clos un bénéfice net de 123 millions de dollars soit 78 cents par titre, contre 161 millions de dollars et 98 cents par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 74 cents, pour des revenus de 4,63 milliards de dollars assez stables en glissement annuel. Les revenus étaient anticipés à 4,4 milliards. La croissance à comparable est ressortie timorée à +0,4%, contre +0,9% de consensus. Pour l'exercice, le groupe table sur un bénéfice ajusté par action allant de 4,75 à 4,95$, contre une guidance antérieure de 5,15-5,45$ et un consensus de 5,2$.

Manchester United (-1%) confirme ses prévisions annuelles après un premier trimestre marqué par l'absence de Ligue des Champions. Le club du nord de l'Angleterre table ainsi toujours sur un chiffre d'affaires compris entre 560 et 580 M£ cette saison, accompagné d'un Ebitda ajusté entre 155 et 165 M£. Sur les trois mois clos fin septembre, le groupe a réalisé un profit opérationnel de 11 M£ (-20,9%) pour des revenus de 135,3 M£ (+0,3%). Le bpa ajusté est ressorti à 2,35 pence contre 4,27 pence un an plus tôt. La dette nette s'est par ailleurs envolée de 55,5% à 384,5 M£ avec le recrutement de trois joueurs importants cet été.

Boeing (+1%). Le 737 MAX, toujours cloué au sol à la suite des deux crashs survenus en l'espace de quelques mois, semble retrouver un second souffle à Dubaï. Après SunExpress hier, Air Astana a fait part ce matin de son souhait d'acheter 30 737 MAX 8 destinés à sa nouvelle compagnie low-cost FlyArystan. Lors du Salon aéronautique qui se tient actuellement dans le Golfe, Boeing et la compagnie kazakhe ont signé une lettre d'intention d'une valeur catalogue de 3,6 milliards de dollars. Par ailleurs, selon une source de l'agence 'Bloomberg', un client, dont le nom n'a pas filtré, s'est engagé sur 20 737 MAX.

Apple (stable) a inscrit hier un nouveau record historique, le 8ème depuis début novembre ! Selon l'agence Bloomberg, les ventes de la firme à la pomme en Chine auraient grimpé à 10 millions d'unités en septembre et octobre, en hausse de 6% par rapport à la même période de 2018. Et ce dans un marché global des smartphones en recul de 5% en Chine en septembre-octobre. Les Chinois seraient ainsi particulièrement friands du nouvel iPhone 11, proposé à des prix attractifs par rapport au très haut de gamme iPhone XR. L'appareil bénéficie en outre d'une baisse de la TVA intervenue le 1er avril en Chine.

Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le groupe californien, qui fait face en Chine à une très forte concurrence des marques locales (Huawei, Xiaomi) ainsi qu'à des appels au boycott dans le contexte actuel de guerre commerciale. Apple avait aussi été tancé par Pékin pour avoir fourni aux manifestants pro-démocratie à Hong Kong des informations via l'application HKmap. live. Sous la pression des autorités chinoises, Apple avait dû supprimer cette "appli" de l'App Store en septembre. L'action Apple affiche la plus forte hausse du Dow Jones depuis le début de l'année, avec un bond de plus de 69% contre une hausse d'un peu plus de 20% pour l'indice phare new-yorkais... Apple a aussi bénéficié lundi de notes favorables de la part de brokers. Wedbush a ainsi relevé son objectif de cours à 325$ (contre 300$ précédemment), tandis que JP Morgan a estimé que le potentiel de revenus publicitaires d'Apple était "sous-estimé".

TJX (+1%). Le détaillant américain à bas prix a annoncé pour le troisième trimestre un bénéfice net de 828 millions de dollars soit 68 cents par titre, contre 762 millions un an plus tôt. Les revenus ont atteint 10,45 milliards de dollars, contre 9,83 milliards un an avant. Le consensus FactSet était de 66 cents de bpa et environ 10,3 milliards de revenus. La croissance à comparable a représenté 4%. Pour le quatrième trimestre, le groupe vise un bpa de 74-76 cents (2,61-2,63$ sur l'année).

Medtronic (+1%) a battu le consensus sur le trimestre clos et relevé ses prévisions 2020. L'équipementier médical américain anticipe désormais pour l'exercice 2020 un bénéfice ajusté allant de 5,57 à 5,63$ par titre, contre une guidance antérieure de 5,54-5,60$ et un consensus de 5,56$. Sur le trimestre clos, le bénéfice net part du groupe s'est élevé à 1,36 milliard de dollars soit 1,01$ par titre, contre 1,12 milliard un an avant. Les ventes ont progressé de 3% à 7,71 milliards.

Altria (-2%). La Californie a annoncé une procédure judiciaire visant le concepteur de cigarettes électroniques Juul, dont le groupe Altria détient environ 35% du capital. Juul est ainsi accusé d'avoir mené une campagne 'systématique' visant les adolescents.

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