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Wall Street timidement dans le vert, Trump survolté

Wall Street timidement dans le vert, Trump survolté
Wall Street timidement dans le vert, Trump survolté
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street tente péniblement de se reprendre ce mardi, après la purge de la veille (-1,3% sur le DJIA et -2,1% sur le Nasdaq). Les investisseurs commencent à relativiser et à se pencher sur quelques achats sélectifs. Le S&P500 se redresse de 0,1% à 2.720 pts, alors que le Nasdaq gagne 0,2% à 7.546 pts. Le DJIA s'adjuge enfin 0,11% à 24.279 pts.

Sur Twitter, Trump poursuit pourtant son offensive, s'attaquant notamment à Harley et à ses plans de délocalisation. "Plus tôt cette année, Harley-Davidson avait annoncé qu'il allait déplacer la majeure partie de ses opérations de production de Kansas City vers la Thaïlande. C'était bien avant que les Tarifs douaniers ne soient annoncés. Ainsi, ils utilisent juste les Tarifs / la Guerre Commerciale comme une excuse. Cela montre à quel point le commerce est déséquilibré et injuste, mais nous résoudrons cela...", a promis Trump, qui menace le groupe de lourdes taxes.

Le Président américain a ajouté : "Nous amenons d'autres pays à réduire et éliminer les prélèvements et les barrières douanières qui ont été injustement mis en place pendant des années contre nos agriculteurs, travailleurs et compagnies. Nous ouvrons des marchés fermés et étendons notre empreinte. Ils doivent jouer le jeu ou ils devront payer des taxes!"

Trump explique encore que les Etats-Unis finalisent leur étude au sujet des prélèvements douaniers sur les voitures provenant de l'Union européenne. Selon lui, l'Europe a profité des USA depuis trop longtemps, et les choses devraient bientôt s'équilibrer !

Vendredi, Trump avait déjà menacé l'Europe de prélèvements de 20% sur toutes les voitures importées aux États-Unis et provenant de l'Union européenne. Les autorités européennes avaient répliqué, affirmant qu'elles n'auraient alors d'autre choix que de procéder à des représailles...

Peter Navarro, conseiller commercial du président Donald Trump, a confié de son côté que les restrictions redoutées sur les investissements chinois et internationaux (dans des technologies américaines) n'étaient pas imminentes.

Le climat reste toutefois tendu entre Washington et Pékin. Selon le 'Wall Street Journal', qui citait dimanche des personnes familières de la question, Trump entendrait bien interdire à de nombreuses entreprises chinoises d'investir dans les technologies aux Etats-Unis. Plus précisément, les firmes dont plus de 25% du capital serait détenu par des intérêts chinois ne pourraient alors acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives". Le Département US au commerce et le Conseil de sécurité nationale proposeraient par ailleurs des contrôles accrus des exports, afin d'empêcher de telles technologies d'être livrées en Chine...

Ces nouvelles mesures contre la Chine ne devraient néanmoins pas être annoncées immédiatement, si l'on en croit les derniers commentaires de Navarro. Ces mesures éventuelles sont supposées contrer le programme chinois 'Made in China 2025' visant à obtenir une place de leader technologique. Navarro juge à ce sujet que les investisseurs devraient se réjouir... des efforts de la Maison Blanche pour protéger les exports américains.

La semaine dernière, le président Donald Trump avait rappelons-le demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%.

De son côté, le président chinois Xi Jinping, cité par le 'Wall Street Journal', est resté menaçant, assurant que la Chine n'hésiterait pas à répliquer sur le plan commercial contre les USA. "En Occident, vous avez l'idée que si quelqu'un vous frappe sur la joue gauche, vous tendez l'autre joue", a dit Xi. "Dans notre culture, nous ripostons", a lancé le dirigeant, selon des commentaires livrés lors du Global CEO Council, et repris par le WSJ.

Sur le front économique aux États-Unis ce mardi, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix de l'immobilier pour le mois d'avril 2018 a quelque peu déçu. L'indice '20-city' ajusté des variations saisonnières a progressé de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,5% de consensus et +0,4% pour la lecture révisée du mois de mars. Le '20-City' hors ajustements a augmenté de 0,8% par rapport au mois précédent et de 6,6% par rapport à l'an dernier.

L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board pour le mois de juin 2018 est ressorti à 126,4, contre 128,1 de consensus de place et 128 un mois plus tôt.

L'indice global de confiance des investisseurs institutionnels mesuré par State Street pour le mois de juin 2018 est ressorti à 101,7, contre un niveau révisé à 103,8 pour le mois antérieur.

Enfin, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond pour le mois de juin s'est établi à 20, contre un consensus de 16 et un niveau de 16, également, pour le mois de mai.

Sur le marché des changes, l'euro se stabilise à environ 1,167$ ce jour. De même, le dollar évolue peu contre un panier de devises, après son récent pic de 11 mois.

Sur le Nymex, le baril de brut revient à l'approche des 68$ (contrat d'août), la réunion de l'OPEP ayant sans surprise été marquée en fin de semaine dernière par la décision de producteurs majeurs de renforcer leur production de brut. Le cartel n'est toutefois pas rentré dans les détails chiffrés, s'engageant à une conformité à 100% aux précédents accords.

LES VALEURS

Lennar (+5%) a publié ses comptes trimestriels ce jour à Wall Street. Le titre bondit avant bourse, alors que les profits trimestriels sont ressortis en vive progression avec la demande immobilière. Le bénéfice s'est envolé de 45% et les commandes du second trimestre ont flambé de 62%. Le prix moyen de vente a augmenté de 10,4%. Le groupe de Miami a dégagé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 310 M$ et 94 cents par titre sur cette période close fin mai, contre 214 M$ un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,58$, alors que les revenus ont grimpé de 67% à 5,46 Mds$.

General Electric (+7% !), le colosse industriel et financier américain, a confirmé hier avoir conclu un accord en vue de céder son activité dédiée aux moteurs industriels au fonds de capital investissement Advent. Le 'Wall Street Journal' avait révélé l'information dimanche soir, citant des sources proches de la question. Le montant de l'opération atteindra 3,25 milliards. La filiale vendue regroupe les marques GE Jenbacher et Waukesha. Elle construit des turbines à gaz qui produisent de l'électricité sur des sites industriels. Jenbacher et Waukesha représentent le segment des turbines de tailles petite et moyenne du pôle électricité de GE, variant de 100 kilowatts à 10 mégawatts.

En outre, GE va scinder sa division santé et sortir de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes, afin de se recentrer sur l'aéronautique, l'électricité et les énergies renouvelables. La branche santé (GE Healthcare), qui comprend notamment des systèmes d'imagerie diagnostique et des systèmes cliniques, deviendra une entreprise autonome. GE prévoit de céder 20% du capital et de distribuer les 80% restants aux actionnaires. Quant aux 62,5% détenus dans Baker Hughes, la société entend sortir totalement cette participation de son périmètre d'ici deux à trois ans. Le conglomérat avait bouclé le rachat de Baker Hughes en juillet 2017 et lui avait apporté ses propres activités de services et d'équipements gaziers et pétroliers.

Avec ces cessions, General Electric entend réduire sa dette nette industrielle de quelque 25 milliards de dollars d'ici 2020, permettant de faire revenir le ratio dette nette sur Ebitda à moins de 2,5 fois. "GE sera une entreprise industrielle de haute technologie spécialisée qui sera plus facile à suivre pour les investisseurs et évaluer avec un bilan considérablement amélioré pour soutenir ses activités restantes", explique le groupe.

GE a enfin indiqué qu'il maintiendrait son dividende au niveau actuel pendant le processus de scission de la branche santé. Après cela, la société prévoit d'ajuster son dividende avec une politique en ligne avec ses pairs industriels.

Boeing (stable). Bamboo Airways s'est engagé à acquérir 20 787-9 Dreamliners auprès de Boeing. La compagnie vietnamienne, dont les opérations devraient commencer l'an prochain à partir de Hanoi, compte, à long terme, relier le Vietnam à des marchés clés en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Les premières livraisons sont attendues en avril 2020. La commande est évaluée à 5,6 milliards de dollars au prix catalogue.

Harley Davidson (-1%) subit les attaques de Donald Trump, qui estime que la guerre commerciale actuelle avec l'Europe constitue un prétexte pour le groupe. Harley a annoncé hier sa volonté de délocaliser la production destinée à cette région européenne, afin de contourner les barrières douanières. Trump assure aujourd'hui sur Twitter que le groupe considérait déjà un transfert de production vers la Thaïlande. Trump promet d'ailleurs de lourdement taxer le constructeur s'il maintient ses plans.

Le fabricant de motos a prévenu que les prélèvements douaniers de l'Union européenne sur les produits importés des États-Unis allaient en moyenne ajouter 2.200$ au coût d'un de ses véhicules. Les prélèvements de l'UE sur les motos du groupe provenant des USA vont en effet passer de 6% à 31%. Harley ne modifiera pas ses prix 'retail' suggérés ou ses prix de gros en Europe. Le groupe juge en effet que de telles hausses des prix auraient des conséquences adverses immédiates et durables sur son activité dans la région.

Harley-Davidson estime que les nouveaux prélèvements de l'UE devraient lui coûter entre 30 et 45 millions de dollars sur le reste de l'année 2018. Sur une base annuelle, le coût irait de 90 à 100 millions de dollars. La compagnie prévoit de réagir en transférant la production destinée à l'Europe des USA vers des sites internationaux. Ainsi, le constructeur évitera finalement l'essentiel de ce nouveau fardeau fiscal.

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