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Wall Street tient le choc, malgré le duel entre Washington et Pékin

Wall Street tient le choc, malgré le duel entre Washington et Pékin
Wall Street tient le choc, malgré le duel entre Washington et Pékin
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine ignore les tensions commerciales en début de séance ce lundi, le DJIA consolidant très marginalement de 0,10% à 25.438 pts. Le S&P500 grappille pour sa part 0,07% à 2.842 pts. Enfin, le Nasdaq s'accorde 0,10% à 7.820 pts... Le ton monte pourtant encore entre les Etats-Unis et la Chine, mais les opérateurs se sont habitués à cet affrontement désormais rituel.

Sur le réseau social Twitter, le Président américain Donald Trump explique que les prélèvements douaniers supplémentaires infligés aux partenaires permettront aux USA de commencer à rembourser des portions importantes de la dette nationale accumulée de 21.000 milliards de dollars, dont la majeure partie est attribuée à l'administration Obama. Dans le même temps, Trump constate que l'imposition des Américains diminue.

En outre, les tarifs douaniers fonctionneraient particulièrement bien selon Trump, alors que chaque pays tentait auparavant de retirer de la richesse au détriment des USA. "S'ils ne veulent pas être taxés, laissons-les faire ou construire le produit aux Etats-Unis. Dans chaque hypothèse, cela produira des emplois et une grande richesse..."

La Chine ne l'entend pas de cette oreille, et s'élève pour sa part contre "l'extorsion commerciale" pratiquée par l'administration Trump, qui ne devrait pas fonctionner selon les médias locaux. Le gouvernement chinois a de son côté identifié plus de 5.000 produits importés des USA qui pourront être taxés, représentant un montant d'environ 60 Mds$. Auparavant, Chine et Etats-Unis s'étaient imposés des prélèvements réciproques sur 34 Mds$ de marchandises. 16 Mds$ additionnels devraient rapidement suivre côté US. De plus, l'administration Trump a promis des prélèvements additionnels de 25% sur 200 Mds$ de produits importés de Chine.

Sur le front économique aux USA ce jour, il n'y aura aucune statistique économique. En revanche, les publications financières trimestrielles se poursuivent avec Cardinal Health, Tyson Foods, Newell ou SeaWorld, qui annoncent avant bourse. Weight Watchers, Hertz Global, Etsy et Marriott, publient après la clôture. Walt Disney, Snap, News Corp., Dropbox, Viacom et Office Depot, annoncent plus tard dans la semaine...

Les opérateurs pourront aussi surveiller Apple - stable pour l'heure -, qui a réussi l'exploit la semaine dernière de dépasser les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, une première en bourse pour une entreprise privée. Le groupe californien à la pomme avait précédemment publié des résultats supérieurs aux attentes de marché.

Tyson Foods (+4%), groupe alimentaire américain aux produits Ball Park et Jimmy Dean, a publié pour le troisième trimestre fiscal, clos fin juin, un bénéfice net part du groupe de 541 M$ et 1,47$ par titre, contre 447 M$ un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,50$, tandis que les ventes se sont appréciées de 2% à plus de 10 Mds$. Ainsi, les profits trimestriels ont dépassé les attentes de marché, puisque le consensus était de 1,40$ de bpa ajusté. Le consensus de revenus était par contre de 10,3 Mds$.

Cardinal Health (+2%), le distributeur pharmaceutique américain, a réalisé pour sa part des profits trimestriels meilleurs que prévu. Pour le quatrième trimestre fiscal, clos fin juin 2018, la perte nette part du groupe s'est établie à 1,17 Md$ soit 3,76$ par action, contre 274 M$ de profits un an avant. Les comptes ont été plombés par des dépréciations de 1,35 Md$ liées essentiellement à l'unité Cordis, acquise pour 1,9 Md$ en 2015 auprès de Johnson & Johnson. En dehors de ces éléments, le bpa ajusté trimestriel est ressorti positif de 1,01$, contre 93 cents de consensus. Les revenus ont grimpé de 7% à 35,3 Mds$.

Newell Brands (-11%) a annoncé des ventes inférieures au consensus, et réduit par ailleurs ses prévisions annuelles dans un contexte de désinvestissement. Newell cède actuellement des actifs afin de lever 10 Mds$, sous la pression de l'investisseur activiste Carl Icahn et de la firme Starboard Value... Pour le second trimestre, les ventes ont donc chuté de 13% à 2,2 Mds$. Le bénéfice net a reculé à 132 M$ soit 27 cents par titre, contre 223 M$. Le bpa ajusté s'est établi cependant à 82 cents, contre 77 cents de consensus. Le groupe table maintenant sur un bpa ajusté allant de 2,45 à 2,65$, et des ventes allant de 8,7 à 9 Mds$.

PepsiCo (+1%). Indra Nooyi va quitter son poste de CEO du groupe début octobre 2018, après 12 années à la tête du géant des 'soft drinks'. Ramon Laguarta, président du groupe, prendra sa succession. Nooyi restera par ailleurs présidente du conseil d'administration de Pepsi jusqu'en début d'année 2019, ce qui devrait permettre une succession en douceur.

Berkshire Hathaway (+3%). La firme de Warren Buffett a réalisé des résultats largement supérieurs aux attentes de marché pour le second trimestre. Le conglomérat de l'Oracle d'Omaha a dégagé un profit opérationnel en vive augmentation à 6,9 Mds$, 4.190$ par titre de catégorie A, contre 4,1 Mds$ un an plus tôt. Le consensus de place était d'environ 3.390$ par titre. Le bénéfice net trimestriel est ressorti quant à lui supérieur à 12 Mds$, représentant 7.301$ par titre de catégorie A, contre 4,3 Mds$ un an auparavant. Le groupe de Buffett a notamment profité de la solidité des activités d'assurance, de la bonne tenue de l'économie et de son impact sur les résultats du groupe ferroviaire BNSF, ainsi que de la baisse du taux d'imposition (taux effectif de 20%). La firme du Nebraska a donc multiplié par près de trois son profit net.

Praxair (-5%). Annoncé fin 2016, le rapprochement entre Linde et Praxair a du plomb dans l'aile. Linde trébuche même en bourse, du fait de nouvelles exigences formulées par les autorités américaines de concurrence. L'Américain Praxair et l'Allemand Linde ont donc le plus grand mal à mener à bien leur projet de combinaison. Cette fusion potentielle de 75 MdsE, rapprochant deux acteurs phares des gaz industriels, pourrait même échouer purement et simplement, puisque l'accord laisse ouverte la possibilité pour les deux groupes de se retirer sans frais ou de renégocier la fusion, si les autorités de régulation exigent des cessions représentant plus de 3,7 Mds$ de ventes ou 1,1 Md$ d'EBE. Justement, les dernières requêtes de la FTC américaine pourraient dépasser ces seuils fatidiques.

Intel (-1%) pourrait souffrir ce jour après une dégradation de 'surpondérer' à 'pondération en ligne' de Barclays, qui ne voit pas de réel avantage aux produits du groupe. Qualcomm (stable) pourrait en revanche progresser à Wall Street, bénéficiant d'un conseil de Cowen, qui vient de rehausser sa recommandation de 'performance de marché' à 'surperformance'.

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