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Wall Street tient bon, les tractations commerciales avec la Chine vont durer un jour de plus

Wall Street tient bon, les tractations commerciales avec la Chine vont durer un jour de plus
Wall Street tient bon, les tractations commerciales avec la Chine vont durer un jour de plus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street tient bon ce mardi, les opérateurs demeurant optimistes après deux jours de négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Les pourparlers ont eu lieu hier et aujourd'hui à Pékin, et devraient même se prolonger une journée de plus selon les dernières informations. La cote américaine avait auparavant aligné deux séances de vif rebond, saluant également le retour des fusions et acquisitions (dans le secteur pharmaceutique en particulier) et les derniers commentaires plus 'souples' du président de la Fed, Jerome Powell... Ce mardi, le DJIA prend actuellement 0,49% à 23.647 pts, alors que le S&P500 grappille 0,1% à 2.553 pts. Le Nasdaq consolide en revanche de 0,03% à 6.821 pts.

Un jour de plus

Un membre de la délégation américaine cité par Reuters a ainsi confirmé les rumeurs des dernières heures, affirmant que les échanges allaient continuer pour un troisième jour. Steven Winberg, Assistant secrétaire aux énergies fossiles au sein du Département US à l'énergie, a affirmé aux journalistes que les échanges ayant débuté hier s'étaient bien passés. Winberg a aussi confirmé que les deux pays allaient poursuivre leurs discussions demain, après avoir échangé tard dans la journée ce mardi à Pékin. L'éditeur en chef du 'Global Times' chinois, Hu Xijin, avait déjà fait état plus tôt sur Twitter d'une probable journée supplémentaire de tractations.

Les spécialistes ont plutôt tendance à interpréter ces prolongations comme le signe que les deux parties approfondiraient des discussions sérieuses, travaillant dur afin de résoudre leur conflit des mois antérieurs...

De son côté, Donald Trump a confirmé aujourd'hui le bon déroulement des pourparlers. "Les discussions avec la Chine se passent très bien!", a ainsi résumé le président américain, sans plus de précisions.

Trump a aussi tweeté ce jour à propos de la Fed et du niveau des taux : "Les chiffres économiques ont l'air VRAIMENT bons. Pouvez-vous imaginer si j'avais pu jouer avec des taux d'intérêt de long terme à ZERO, comme l'administration antérieure, plutôt que les taux normalisés rapidement relevés que nous avons aujourd'hui? Cela aurait été SI FACILE! Néanmoins, les marchés sont encore en FORTE hausse depuis l'Election de 2016!"

Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, avance de 0,2% à 95,9. Sur le Nymex cette fois, le baril de brut WTI pour février poursuit son rebond et gagne encore 1,6%, sur les 49$. Le baril de Brent de la mer du Nord s'adjuge 1,3% à 58$.

Signaux positifs

Les signaux positifs se confirment donc concernant les négociations commerciales. Hier, le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross s'était déjà montré optimiste sur CNBC, estimant qu'il y aurait "une très bonne chance" de parvenir à un accord raisonnable.

Liu He, vice-premier ministre chinois et principal conseiller économique du Président Xi Jinping, est intervenu hier durant les négociations. Cette apparition a été perçue comme le signe d'une belle avancée dans les discussions. Liu était déjà intervenu durant un précédent volet de négociation l'an dernier à Washington. Il doit encore rencontrer le principal négociateur américain, Robert Lighthizer, plus tard ce mois.

Donald Trump a confirmé encore ce jour que les négociations avec la Chine se déroulaient très bien. Il l'avait déjà affirmé dimanche, ajoutant que la faiblesse économique locale actuelle donnait à Pékin des raisons de travailler à trouver un accord...

Accalmie confirmée

Rappelons qu'une équipe américaine menée par le représentant adjoint du commerce des États-Unis, Jeffrey Gerrish, s'est rendue à Pékin pour mener des discussions espérées 'positives et constructives' avec des intervenants chinois. Les échanges ont eu lieu hier et aujourd'hui. Après une année 2018 marquée par l'escalade des menaces commerciales et des sanctions réciproques, Washington et Pékin ont donc renoué le dialogue, dans cette période de trêve.

Les Etats-Unis et la Chine ont accepté une trêve commerciale, lors du sommet argentin de Buenos Aires en fin d'année dernière. Ce cessez-le-feu, intervenant après une guerre commerciale féroce durant laquelle USA et Chine s'étaient imposés des prélèvements douaniers supplémentaires et réciproques sur des dizaines de milliards de produits, a débuté le 1er décembre 2018 et doit durer 90 jours, le temps pour l'administration Trump et celle de Xi Jinping de conclure enfin un accord global. Durant cette période de trêve, aucun nouveau prélèvement douanier ne devrait être imposé...

Évidemment, si aucun accord n'est trouvé avant le mois de mars, les deux pays risquent de reprendre les hostilités. Les Etats-Unis pourraient ainsi mettre en application de nouvelles hausses de prélèvements imposées aux importations chinoises, et Pékin devrait alors bien évidemment répliquer.

Quelques efforts déjà signalés

La Chine a déjà consenti quelques efforts ces dernières semaines, acceptant une levée temporaire des prélèvements douaniers supplémentaires imposés aux voitures conçues aux USA, reprenant les achats de soja, ou acceptant même pour la première fois d'importer du riz américain. La Chine a également promis de s'ouvrir un peu plus aux investissements étrangers et de faire des efforts en matière de protection des propriétés intellectuelles... Mais ces belles promesses n'ont pas totalement convaincu les négociateurs américains, qui demanderaient à Pékin d'établir un mécanisme afin de s'assurer justement que la Chine se conforme à ses engagements.

Trump attendu de pied ferme

Donald Trump a annoncé sur Twitter qu'il allait s'adresser aux Américains "à propos de la crise Humanitaire et de Sécurité Nationale" à la frontière avec le Mexique. Le discours "à la Nation" aura donc lieu ce soir, et devrait une fois de plus permettre au Président américain d'exposer ses arguments concernant le "Mur" (ou la "Barrière d'Acier"), sur lequel achoppent pour l'heure les négociations avec le Congrès... Le discours aura lieu à 21 heures ce soir (heure locale), bien après la clôture de Wall Street. Les Démocrates Nancy Pelosi et Chuck Schumer, prenant connaissance des intentions de Trump, ont demandé quant à eux un temps de parole équivalent à celui du Président sur ce sujet.

Après-demain, Trump se rendra justement à la frontière avec le Mexique, bien décidé à constater sur le terrain la 'véracité' de ses affirmations récurrentes à propos de l'afflux de migrants et de la fameuse 'crise de sécurité'.

Dimanche, Trump avait semblé plus nuancé sur la question, sans doute pour parvenir enfin à un compromis avec le Congrès afin de mettre un terme au 'shutdown' administratif partiel aux Etats-Unis - qui bloque un quart des administrations depuis le 22 décembre 2018.

Alors que débute la troisième semaine de shutdown, Trump avait fait état sur Twitter d'une "réunion productive" du vice-président Mike Pence et de son groupe avec des représentants de Chuck Schumer (sénateur démocrate de l'Etat de New York au Congrès et chef du groupe démocrate au Sénat) et de Nancy Pelosi (nouvelle présidente - ou 'house speaker' - de la Chambre des représentants). "De nombreux détails à propos de la Sécurité aux Frontières ont été discutés", assure Trump. "Nous envisageons désormais une Barrière d'Acier plutôt que du béton", avait même indiqué le Président américain, selon lequel "c'est à la fois plus solide & moins envahissant". Trump semble satisfait de cette "bonne solution", d'autant que la fameuse barrière d'acier serait "construite aux Etats-Unis".

Le changement de ton de Trump était donc radical, lui qui plastronnait encore ce week-end en lançant par exemple : "La seule raison pour laquelle ils ne veulent pas construire de Mur est que les Murs Marchent! 99% de nos franchissements illégaux à la Frontière prendraient fin, le crime dans notre Pays baisserait fortement et nous économiserions des milliards de dollars par an! Un Mur bien conçu et construit se rembourserait de nombreuses fois chaque année!"

Ouvertures de postes en déclin aux USA

D'après le Département américain au travail ce mardi, les ouvertures de postes aux USA pour le mois de novembre 2018 sont ressorties au nombre de 6,888 millions, contre un niveau révisé (en légère hausse) à 7,131 millions pour le mois antérieur.

Amazon première capitalisation de Wall Street

Amazon (stable) conforte sa place récemment conquise de première capitalisation boursière sur la cote américaine. Le groupe de Jeff Bezos pèse environ 800 milliards de dollars désormais, devançant d'une courte tête Microsoft (environ 783 Mds$) et Alphabet (743 Mds$). Apple, de son côté, ne vaut "plus que" 700 milliards environ depuis son récent avertissement sur les ventes trimestrielles.

Le classement boursier de ces géants de la technologie américaine pourrait encore connaître des bouleversements ces prochaines semaines à l'occasion de la publication des résultats du quatrième trimestre 2018.

Tesla (-2%) consolide, après un gain de 5,4% hier en clôture suite à l'annonce officielle du lancement des travaux de construction de l'usine géante de Shanghai en Chine... Larry Ellison, fondateur d'Oracle et nouvel administrateur indépendant du concepteur californien de voitures électriques, vient de déclarer à la SEC une participation d'un montant d'un milliard de dollars au capital de Tesla, représentant 1,75% du tour de table. Le président exécutif et chief technology officer d'Oracle a donc tout intérêt à ce que le groupe d'Elon Musk accomplisse le prodigieux destin que certains lui prédisent. Ellison et Musk sont d'ailleurs amis de longue date, ce qui devrait faciliter la collaboration.

Tesla avait nommé le mois dernier Larry Ellison et Kathleen Wilson-Thompson à son conseil d'administration. Le groupe s'était ainsi conformé aux exigences de la SEC en désignant deux administrateurs indépendants. Il s'agissait de l'une des conditions à remplir, dans le cadre de l'accord conclu en septembre avec le gendarme américain des marchés financiers, suite à l'affaire des 'tweets' de Musk relatifs à la sortie de la cote (depuis abandonnée) de Tesla.

Ellison, fondateur d'Oracle, et Kathleen Wilson-Thompson, DRH de Walgreens Boots Alliance, ont rejoint le 'board' du constructeur de véhicules électriques. Plus tôt cette année, Ellison avait acquis 3 millions de titres Tesla. La déclaration officielle du dirigeant d'Oracle confirme donc une position assez comparable d'une valeur totale d'un milliard de dollars.

Boston Scientific (+1%) a annoncé des ventes de 2,56 Mds$ sur le quatrième trimestre 2018, contre 2,41 Mds$ sur la même période, un an avant. Ces chiffres sont en ligne avec le consensus. Le groupe publiera ses résultats trimestriels complets le 6 février prochain. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 0,37$.

Sears Holdings (-32%) sera probablement liquidée ! Ainsi, selon l'agence Reuters, le groupe va demander à un juge des faillites - Robert Drain - s'il peut procéder à une liquidation. Le groupe, dans une situation financière inextricable, n'est pas parvenu à un accord concernant l'offre d'Edward Lampert pour 4,4 milliards de dollars. Le distributeur américain s'était placé en octobre sous la protection de la loi américaine sur les faillites. Incapable de s'adapter au changement de mode de consommation des ménages et à la concurrence du commerce en ligne, le groupe était confronté à un endettement devenu beaucoup trop conséquent. Une éventuelle liquidation du groupe, vieux de 126 ans, constituerait un coup particulièrement dur pour le secteur. 68.000 emplois sont menacés. Le juge des faillites statuera. Il peut encore donner plus de temps à Lampert pour améliorer son offre.

PG&E (-10%). S&P Global Ratings a dégradé en catégorie spéculative sa note de crédit de la compagnie américaine d'électricité, mise en cause dans un gigantesque incendie de forêt californien au mois de novembre. S&P évoque le contexte politique et réglementaire. La note passe donc de 'BBB-' à 'B', sous surveillance avec implication négative, en vue d'une possible nouvelle dégradation dans les prochains mois.

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