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Wall Street tient bon, après deux séances de rallye

Wall Street tient bon, après deux séances de rallye
Wall Street tient bon, après deux séances de rallye
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après deux séances d'un copieux rallye (+0,96% sur le DJIA et +1,35% pour le Nasdaq hier), la cote américaine s'affiche encore en très légère hausse avant bourse ce mardi. Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises, est presque inchangé à 98,4. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI recule de 0,2% à 56$.

La prise de risque est limitée pour l'heure, en l'absence d'actualité économique outre-Atlantique. Les investisseurs s'interrogent toujours à propos des risques de récession. Alors qu'hier, un spécialiste de JP Morgan avait plutôt réconforté en estimant surfaites les craintes de court terme, un expert de Morgan Stanley livre pour sa part une analyse bien plus pessimiste et anticipe une correction boursière dans les semaines à venir, quelles que soient les futures annonces de Trump ou de la Fed...

Donald Trump demeure actif sur Twitter. Ainsi, le président américain a affirmé hier soir que l'économie des États-Unis demeurait très forte, "malgré le manque de vision épouvantable de Jay Powell et de la Fed", et alors que les Démocrates tentent selon lui de "vouloir" que l'économie soit mauvaise en vue de l'élection de 2020. "Très égoïste! Notre dollar est si fort qu'il fait tristement mal aux autres régions du monde", ajoute Trump, selon lequel les taux de la Fed devraient, sur une période assez courte, "être réduits d'au moins 100 points de base, avec peut-être également un certain assouplissement quantitatif". "Si cela se produisait, notre Économie serait encore meilleure et l'Économie Mondiale se renforcerait grandement et rapidement - ce qui serait bénéfique pour tous!", indique le dirigeant américain.

Sur ce même réseau social Twitter, Trump affirme avoir eu une "grande discussion" avec le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson. "Nous avons parlé du Brexit et de la manière de parvenir rapidement à un accord de libre-échange américano-britannique. J'ai hâte de rencontrer Boris ce week-end, au G7 en France!", s'est ému Trump.

Boris Johnson a lui demandé à l'Allemagne et à la France de s'ouvrir à un compromis au sujet du Brexit. Johnson assure que le Royaume-Uni est quoi qu'il en soit prêt à éventuellement quitter l'Union européenne sans accord le 31 octobre. Le chef du gouvernement britannique, attendu à Berlin après-demain puis à Paris jeudi, constate que ses partenaires sont quelque peu réticents à changer d'attitude, mais se dit convaincu qu'ils feront des compromis. "Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l'accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n'est pas démocratique. J'espère qu'ils jugeront bon de faire des compromis", indique Johnson, cité notamment par Reuters. "Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans", a philosophé le dirigeant.

Parmi les rares statistiques de conjoncture du jour, l'indice allemand des prix à la production pour le mois de juillet 2019 est ressorti en augmentation de +0,1% en comparaison du mois antérieur, alors que le consensus de place était celui d'une stabilité. Les prix à la production en Allemagne avaient reculé de 0,4% un mois auparavant. En comparaison du mois de juillet 2018 cette fois, l'indice allemand des prix à la production s'est apprécié de 1,1%, contre +1% de consensus chez les économistes de la place et +1,2% en glissement annuel pour le mois antérieur.

Malgré les incertitudes persistantes concernant l'économie ou la géopolitique, les opérateurs conservent leur sang-froid. Il faut dire que certains, alarmés par l'inversion de la courbe des taux à deux et dix ans la semaine dernière outre-Atlantique, avaient sans doute joué un peu trop vite le scénario d'une récession. Dans le même temps, les nouvelles concernant le conflit commercial sino-américain sont un peu plus positives.

En outre, les espoirs de relance concernent aussi bien l'Allemagne que la Chine ou les USA. L'annonce de la Banque populaire de Chine concernant une réforme de son mécanisme de taux préférentiel de prêt soutient les marchés. Le nouveau TPP a été fixé ce jour à 4,25%, en baisse de six points de base... Aux USA cette fois, des conseillers de Trump étudieraient l'idée d'une baisse temporaire des cotisations sociales des salariés et employeurs afin de compenser le ralentissement économique, croit savoir le Washington Post.

En Europe, c'est toujours l'espoir d'un plan de relance en Allemagne qui soutient la tendance. Suite à la publication vendredi par Der Spiegel d'un article faisant état d'un potentiel plan de soutien en cas de récession, le ministre allemand aux Finances, Olaf Scholz, a précisé que Berlin avait effectivement les moyens d'agir en cas de crise, comme lors de la crise financière de 2008 pour laquelle le pays avait mobilisé 50 milliards d'euros.

Avant-hier dimanche, Donald Trump a balayé d'un revers de main l'hypothèse d'une récession. "Je ne pense pas que nous aurons une récession", a tranché le président américain, estimant que les USA iraient "incroyablement bien", avec de riches consommateurs "aux poches pleines" grâce aux mesures fiscales. JP Morgan assure de son côté que les marchés actions peuvent atteindre de nouveaux sommets, inversion de la courbe ou pas. Mislav Matejka, stratège de la banque, cité par Bloomberg, pense que les actions vont se reprendre dès début septembre. Il rappelle en effet que l'inversion de la courbe des taux n'est pas le signe d'une récession immédiate. Une telle inversion a en fait plutôt précédé les retournements économiques de 17 mois en moyenne et les pics boursiers de 11 mois... Morgan Stanley n'est pas du tout de cet avis. Mike Wilson, responsable des investissements de la banque, juge que la tendance va au contraire se détériorer dans les semaines à venir avec une possible chute du S&P500 sous les 2.700 pts...

Le président américain Donald Trump a lui confirmé sur Twitter durant le week-end que les discussions se passaient "très bien" avec la Chine. Le leader de la Maison blanche a toutefois ajouté qu'il n'était toujours "pas prêt" à conclure un accord. Il attend notamment une résolution du conflit à Hong Kong.

Les États-Unis ont prolongé comme attendu les exemptions accordées au controversé colosse télécom chinois Huawei, l'autorisant ainsi pour trois mois supplémentaires à commercer avec des entreprises américaines. C'est ce qu'a confirmé hier le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, sur Fox Business. Après avoir reporté déjà il y a quelques jours les droits de douane sur certaines importations de marchandises provenant de Chine (téléphones mobiles, ordinateurs portables et consoles de jeu vidéo notamment), Trump semble donc assouplir un peu plus sa position en accordant ce délai à Huawei. Dans les deux cas, ce sont les intérêts des Etats-Unis qui sont avancés, afin de ne pas plomber la consommation durant la période des fêtes de fin d'année (concernant les tarifs douaniers), et de ne pas handicaper les entreprises commerçant avec le géant chinois des équipements télécoms. L'autorisation d'Huawei avait déjà été prolongée jusqu'au 19 août.

Trump a indiqué à l'occasion d'une rencontre avec Tim Cook, patron d'Apple, que le groupe à la pomme allait investir massivement aux Etats-Unis. Le groupe de Cupertino a confirmé ces intentions, se disant en bonne voie pour contribuer à hauteur de 350 milliards de dollars à l'économie américaine d'ici 2023. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour l'économie U.S., même si le groupe californien avait déjà fait état de tels plans en 2018. Apple prévoit de créer 20.000 emplois de plus aux USA (hors sous-traitants) dans les quatre prochaines années.

Les prochains droits de douane de 10% supplémentaires imposés par Washington à Pékin, portant sur 300 milliards de dollars d'importations additionnelles venant de Chine, doivent s'appliquer en deux temps. Certains produits d'Apple concernés par ce nouveau volet ne seraient pas surtaxés avant le 15 décembre - le MacBook en particulier. Apple Watch, HomePod ou AirPod d'Apple seront néanmoins frappés par les tarifs douaniers dès septembre. Trump avait précédemment assuré qu'Apple ne bénéficierait pas d'exemption sur les droits de douane...

Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a expliqué enfin que de nouvelles négociations allaient avoir lieu d'ici une dizaine de jours et qu'une délégation chinoise pourrait bien se rendre aux Etats-Unis.

Les investisseurs suivront par ailleurs avec la plus grande attention vendredi le discours du président de la Fed, Jerome Powell, lors du symposium économique de Jackson Hole, dans le Wyoming. Powell précisera à cette occasion sa perception de l'économie actuelle et donnera peut-être des indications nouvelles sur les futures actions de politique monétaire après la baisse des taux d'un quart de point validée en juillet - la première depuis 2008. Les opérateurs anticipent encore un geste d'un quart de point en septembre, alors que Powell a pourtant bien affirmé que la décision de juillet ne marquait pas le début d'un cycle d'assouplissement.

Les valeurs

Dans l'actualité des entreprises, Baidu - le Google chinois - a annoncé hier après bourse à Wall Street. Toll Brothers, Medtronic, Urban Outfitters, Madison Square Garden, Cree ou Home Depot, publient leurs derniers comptes ce jour.

Home Depot demeure assez stable pour l'heure avant bourse à Wall Street ce mardi, alors que le géant américain de la distribution de produits d'ameublement vient pourtant de réduire ses estimations 2019 de ventes, du fait notamment de l'impact des tarifs douaniers, mais aussi de la forte baisse des prix du bois. Pour le second trimestre fiscal clos début août 2019, le groupe a réalisé un bénéfice net de 3,48 milliards de dollars soit 3,17$ par titre, contre 3,51 milliards de dollars un an auparavant. Le consensus était de 3,08$ de bpa. Les revenus trimestriels ont quant à eux totalisé 30,84 milliards de dollars, contre 30,46 milliards un an plus tôt, à la même époque, et 31 milliards de consensus.

Le groupe ne table plus désormais que sur une croissance à magasins comparables de 4% sur l'exercice, contre 5% précédemment envisagé. La chaîne américaine prévoit des revenus totaux en croissance de 2,3%, alors qu'il misait auparavant sur une expansion de 3,3%.

Baidu, le géant chinois de la recherche sur Internet, désormais coté à Wall Street, s'envole avant bourse ce mardi au lendemain de ses résultats trimestriels. Le groupe se montre très prudent concernant ses perspectives, évoquant un environnement macroéconomique plus difficile en Chine, qui affecterait le sentiment des annonceurs. Le bénéfice net trimestriel est néanmoins ressorti positif de 2,41 milliards de yuans, contre une perte sur le trimestre antérieur. Les opérateurs se contentent donc de cette performance et tentent quelques achats jugés à bon compte, alors que Baidu avait perdu l'an passé plus de la moitié de sa valeur en un an.

Le groupe, qui demeure en situation de quasi-monopole depuis la sortie de Google de Chine, n'en fait pas moins face à certains challenges. Les revenus ont ainsi affiché une maigre croissance de 1% en glissement annuel sur le trimestre écoulé, alors que le bénéfice a régressé de 62% en glissement annuel. Les revenus ont représenté 26,3 milliards de yuans (3,7 Mds$) pour le trimestre clos en juin, contre 25,8 milliards de yuans de consensus. Le bénéfice par action est ressorti à 10,11 yuans, contre seulement 6,12 yuans de consensus.

Kohl's, la chaîne américaine de grande distribution, grimpe avant bourse à Wall Street. Le groupe vient en effet de publier des résultats meilleurs que prévu pour le second trimestre. Le bénéfice net a totalisé 241 millions de dollars et 1,51$ par titre, contre 292 millions de dollars un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,55$, contre un consensus de 1,53$. Les revenus sont ressortis à 4,43 milliards de dollars, contre 4,57 milliards un an plus tôt et 4,3 Mds$ de consensus de place. Les ventes à périmètre comparable ont baissé de 2,9%. Le management se dit confiant dans ses futurs lancements de produits et dans la croissance du trafic provenant d'Amazon. La guidance de bpa annuel, allant de 5,15 à 5,45$, est confirmée.

Medtronic est attendu au plus haut historique à Wall Street ce mardi, l'acteur du marché des technologies médicales ayant annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice et des revenus supérieurs aux attentes. Le groupe a par ailleurs relevé dans la foulée ses estimations annuelles. Pour le trimestre clos fin juillet, le bénéfice net s'est élevé à 864 millions de dollars soit 64 cents par action, contre 1,08 Md$ un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1,26$, contre 1,17$ un an avant et 1,18$ de consensus. Les revenus se sont améliorés de 2% à 7,5 Mds$, contre un consensus de 7,4 Mds$. Pour l'exercice 2020, le bénéfice ajusté par action est anticipé entre 5,54 et 5,60$.

Madison Square Garden Company, le groupe new-yorkais de sport et de divertissement, a publié ce jour des pertes trimestrielles creusées et une baisse plus importante que prévu de ses revenus. Pour le quatrième trimestre fiscal, clos fin juin 2019, la perte nette a totalisé 73 millions de dollars soit 3,08$ par action, contre 46 millions de dollars et 1,94$ par titre un an auparavant. Le consensus était pour sa part logé à 2,71$ de bpa trimestriel. Les revenus ont chuté de 17% en glissement annuel à 264 millions de dollars environ, contre 270 millions de dollars de consensus. Le groupe a surtout souffert de la faiblesse de son activité MSG Sports sur la période. Le CEO du groupe, James Dolan, se dit toutefois confiant dans la solidité du coeur de métier de MSG.

TJX corrige après les comptes. Le groupe de distribution, propriétaire des chaînes Marshalls et TJ Maxx, a annoncé une croissance des revenus inférieure aux attentes au second trimestre, à +2% à comparable contre +3% de consensus.

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