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Wall Street tente un sursaut, espoir d'accalmie sur le front commercial

Wall Street tente un sursaut, espoir d'accalmie sur le front commercial
Wall Street tente un sursaut, espoir d'accalmie sur le front commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine tente de se ressaisir ce mardi. La purge de la veille a été brutale sur les marchés actions américains, avec un plongeon de 2,90% sur le DJIA et une chute de 3,47% pour le Nasdaq. Le S&P500 a abandonné près de 3%... La tendance ce jour est en revanche positive, même si l'accalmie demande à être confirmée. Le S&P500 remonte de 0,60% à 2.862 pts. Le DJIA reprend 0,56% à 25.862 pts. Le Nasdaq regagne enfin 1,01% à 7.804 pts, les opérateurs espérant visiblement un apaisement des échanges entre les Etats-Unis et la Chine sur les questions commerciales.

Sur le marché des changes actuellement, l'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, grappille 0,1% à 97,4. Le baril de brut WTI avance quant à lui de 0,2% à 54,8$ sur le Nymex.

Lueur d'espoir ?

Pékin a tenté de pacifier un peu la situation en fixant un taux pivot pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes - bien qu'il s'agisse d'un plus bas depuis 2008. Ce bon geste laisse donc quelques espoirs, alors que la Chine semblait hier encore vouloir laisser filer sa monnaie. La banque centrale chinoise a affirmé ce jour que les accusations américaines concernant une manipulation supposée du yuan pouvaient perturber gravement l'équilibre financier mondial et même "provoquer le chaos sur les marchés financiers". Selon la Banque populaire de Chine (BPC), la position américaine pourrait aussi empêcher une reprise économique et commerciale mondiale...

Ainsi, la Chine dément utiliser sa monnaie pour traiter les conflits commerciaux, et conseille aux USA "de freiner leur monture à l'approche du précipice, de prendre la mesure de leurs erreurs et de tourner le dos au mauvais chemin".

Kudlow dans son vin

Notons également que le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a affirmé aujourd'hui que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales. Le président américain attendrait donc toujours la délégation chinoise en septembre en vue d'une reprise des pourparlers... S'exprimant devant la presse, Kudlow a donc tenté de contrebalancer certaines annonces récentes, sans oublier toutefois de préciser que l'économie chinoise "s'effondrerait" (!) actuellement.

Hier soir, l'administration américaine s'était fendue d'un communiqué officiel pour dénoncer l'attitude de la Chine qui, selon Washington, manipulerait sa monnaie. Le Secrétaire d'Etat au Trésor, Steven Mnuchin, entendait ainsi demander officiellement au Fonds monétaire international de mettre un terme à la concurrence déloyale chinoise. L'annonce intervenait alors que la Chine avait laissé tomber le yuan sous le seuil des 7 contre dollar pour la première fois depuis la crise de 2008.

La Chine avait répliqué, face aux menaces de Trump, suspendant ses importations de produits agricoles américains et laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008. "Sous l'influence de facteurs tels que l'unilatéralisme, les mesures commerciales protectionnistes et l'anticipation de tarifs douaniers contre la Chine, le yuan s'est déprécié face au dollar aujourd'hui, franchissant le seuil de sept yuans pour un dollar", avait constaté la Banque populaire de Chine sans plus de réaction. Trump avait rapidement relevé le phénomène sur Twitter. "La Chine a laissé tomber le prix de sa monnaie à un niveau presque historique. Cela s'appelle une 'manipulation de la monnaie'. Vous entendez la Réserve Fédérale? C'est une violation majeure qui affaiblira considérablement la Chine avec le temps!"

Les marchés s'étaient donc effondrés hier, craignant un affrontement commercial durable pénalisant l'économie mondiale. Les indices PMI n'avaient d'ailleurs pas rassuré, le secteur privé allemand s'affichant en juillet au plus bas de six ans. L'activité des services chinois a ralenti pour sa part en juillet, sur son plus faible rythme en cinq mois selon l'enquête Caixin / Markit...

Infatigable Trump

Trump avait annoncé par surprise jeudi son intention d'imposer à compter du 1er septembre prochain des droits de douane additionnels de 10% sur les 300 milliards de dollars d'importations chinoises non encore taxées. Les annonces du président américain avaient fait décrocher Wall Street depuis jeudi. Elles survenaient alors que les négociateurs américains et chinois venaient tout juste de reprendre leurs discussions à Shanghai. Le président américain a précisé devant les journalistes que les taxes nouvelles au 1er septembre pourraient même être relevées par palier et atteindre 25%.

La chute du marché hier soir n'a pas vraiment tempéré les ardeurs de Trump. "La Chine entend continuer à recevoir les centaines de Milliards qu'elle a pris aux U.S. avec ses pratiques commerciales injustes et la manipulation de la monnaie. Tellement unilatéral, cela aurait dû être arrêté il y a de nombreuses années!", a tweeté le leader américain, accusant la Chine d'utiliser la manipulation des devises pour voler les entreprises et les usines américaines, affectant l'emploi et les salaires aux Etats-Unis, ainsi que les prix agricoles. "Plus jamais!", a lancé Trump.

Trump rappelle encore sur Twitter que "des montants massifs d'argent provenant de Chine et d'autres parties du monde se déversent aux Etats-Unis pour des motifs de sécurité, d'investissement et de taux d'intérêt! Nous sommes dans une position très forte. Les compagnies viennent aussi aux U.S. en grand nombre. Une belle chose à voir!"

"Comme ils l'ont appris durant les deux dernières années, nos grands Agriculteurs Américains savent que la Chine ne sera pas capable de leur faire du mal, parce que leur Président se tient auprès d'eux et fait ce qu'aucun autre président ne ferait - Et je le referai l'an prochain si nécessaire!", plastronne encore Trump sur son réseau social favori.

Sur le front économique, selon le Département américain au travail ce mardi, les ouvertures de postes aux États-Unis pour le mois de juin 2019 sont ressorties au nombre de 7,348 millions d'unités, contre un consensus de place de 7,293 millions et un niveau révisé (en hausse) à 7,384 millions pour le mois antérieur.

En Europe, on signale le rebond des commandes industrielles allemandes. Les commandes, ajustées des variations saisonnières, des prix et des effets calendaires, ont grimpé de 2,5% en juin après avoir reculé de 2% le mois précédent. Le consensus tablait sur une hausse limitée à 0,5%. Les commandes domestiques ont diminué de 1% alors que celles venant de l'étranger ont bondi de 5%. Selon les données provisoires de l'Office fédéral de la statistique, les commandes affichent un repli de 3,6% sur un an.

Dans l'actualité des entreprises, Allergan, Allegheny, AES, Devon, Emerson Electric, Mosaic, El Paso, Take-Two ou Weight Watchers, annoncent notamment leurs derniers résultats financiers trimestriels à Wall Street. Walt Disney constitue le 'gros morceau de la soirée', après la clôture.

Les valeurs

Take-Two Interactive (+10%) bondit à Wall Street, l'éditeur de jeux vidéo ayant annoncé un solide premier trimestre fiscal 2020, marqué par un profit largement supérieur aux attentes et une croissance de 39% des revenus GAAP à 540 M$. Le bénéfice net a représenté 46 M$ soit 41 cents par titre, pour un bpa ajusté de 27 cents à comparer à un consensus de... 2 cents.

Shake Shack (+11%), la chaîne américaine de restauration rapide, a réalisé pour sa part une croissance de 31% au second trimestre fiscal 2019, pour des revenus de 153 millions de dollars. Le bénéfice ajusté a atteint 10 millions de dollars et 27 cents par action.

Allergan (stable) a battu le consensus de profit et rehaussé ses prévisions de revenus. Pour le second trimestre, la perte nette du laboratoire a atteint 1,76 milliard de dollars soit 5,37$ par titre, contre 472 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 4,38$, contre 4,35$ de consensus. Les revenus trimestriels ont représenté 4,09 Mds$, contre 4,12 Mds$ un an plus tôt et 3,94 Mds$ de consensus. Les ventes du Botox ont augmenté de 4,2% à 974 M$. Le groupe table maintenant sur des revenus annuels allant de 15,425 à 15,625 Mds$.

Dean Foods (-22%) plonge à Wall Street après un creusement des pertes trimestrielles, sur fond d'accélération de la baisse des ventes de produits laitiers conventionnels. La perte trimestrielle ajustée par action a atteint 36 cents, contre 13 cents de consensus. Les ventes ont corrigé de 5,5% à 1,84 Md$.

The Mosaic Company (-8%), concepteur de fertilisants, a annoncé une perte pour le trimestre clos, affecté par la fermeture du site de Plant City à Hillsborough County. La perte nette est ressortie à 233 M$ et 60 cents par titre au second trimestre, contre 68 M$ de profits un an avant. Les ventes se sont tassées à 2,18 Mds$, contre 2,21 Mds$.

International Flavors & Fragrances (-11%) décroche à Wall Street, le concepteur d'arômes ayant annoncé de piètres résultats trimestriels, inférieurs aux attentes de marché, et revu par ailleurs en baisse ses prévisions annuelles 2019.

Marriott International (-1%) a réduit ses estimations de revenus par chambre disponible (RevPAR) pour l'exercice, évoquant un ralentissement sur les voyages d'affaires.

Regeneron (-1%) a annoncé des comptes supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre, grâce notamment à une solide demande pour ses blockbusters Eylea et Dupixent. Pour le second trimestre, le bénéfice du laboratoire est ressorti à 193 millions de dollars et 1,68$ par titre, contre 551 M$ un an avant. Les revenus ont atteint 1,93 Md$, contre 1,61 Md$ un an plus tôt et 1,8 Md$ de consensus. Le bpa ajusté a représenté 6,02$, contre 5,42$ de consensus.

Mastercard (+2%) a révélé l'acquisition de la majeure partie des opérations de services aux entreprises du Danois Nets dans le traitement des paiements, le montant de l'opération s'élevant à 2,85 milliards d'euros.

Snap (stable), la maison-mère de Snapchat, a annoncé son intention de lever 1 milliard de dollars en dette. Les produits de l'émission d'obligations convertibles senior doivent servir à couvrir les dépenses opérationnelles, à financer les rachats d'actions et à mener à bien d'éventuelles opérations de croissance externe.

Amazon (+1%). On savait déjà que Jeff Bezos avait cédé des titres la semaine dernière. L'agence Reuters fait état ce jour de ventes pour 990 millions de dollars d'actions Amazon.com entre jeudi et vendredi, "soit au total 2,8 milliards de dollars sur l'ensemble de la semaine dernière". Sur les trois derniers jours de juillet, Bezos a écoulé pour 1,8 milliard de dollars d'actions, d'après un document transmis à la SEC.

Apple (+1%) se redresse quelque peu, après avoir lourdement corrigé durant les précédentes séances avec les craintes relatives à la guerre commerciale. L'autorité japonaise de concurrence enquête sur de possibles pressions exercées par le Californien sur certains fournisseurs japonais et sur un potentiel abus de position dominante, précise le quotidien Mainichi, repris par Reuters.

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