Cotation du 23/08/2019 à 23h10 Dow Jones Industrial -2,37% 25 628,90
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Wall Street tente (difficilement) de rebondir

Wall Street tente (difficilement) de rebondir
Wall Street tente (difficilement) de rebondir
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street a bien du mal à rebondir après une séance très difficile hier, et les indices évoluent dans le désordre jeudi soir. Si les investisseurs sont rassurés par la nette progression des ventes au détail et par les résultats de Walmart, ils restent prudents à l'écoute des dernières déclarations de Pékin dans le dossier commercial. La chute de Cisco et General Electric pèse également sur la cote. La tendance reste donc hésitante, au lendemain d'une séance très éprouvante pour la bourse de New York (la pire journée de l'année pour l'indice Dow Jones), les craintes de récession s'étant emparées du marché suite à l'inversion de la courbe des rendements du Trésor américain pour la première fois en 12 ans.

A trois heures de la clôture, le Dow Jones s'adjuge 0,21% à 25.532 points, tandis que le S&P 500 grappille 0,14% à 2.844 points. Le Nasdaq perd de son côté 0,12% à 7.765 points.

L'indice dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, avance de 0,2% à 98,05 points. L'euro perd 0,4% et s'échange autour de 1,11 dollar.

Les cours pétroliers reculent, accentuant leur repli de la veille, sous la pression des craintes de survenue d'une récession. Le contrat octobre sur le Brent de mer du Nord cède 2,22% à 58,14 dollars et celui de septembre sur le brut léger américain abandonne 1,56% à 54,37.

Une véritable avalanche de statistiques

Pas moins de huit indicateurs étaient à l'agenda ce jeudi aux Etats-Unis. Les investisseurs ont surtout retenu l'augmentation plus nette qu'attendu des ventes au détail, une progression qui pourrait apaiser en partie les craintes d'une entrée prochaine en récession de la première économie mondiale, l'une des principales causes des turbulences actuelles sur les marchés financiers. Les ventes de détail du mois de juillet aux Etats-Unis sont ressorties en progression de 0,7% en comparaison du mois antérieur, alors que le consensus était de +0,3%.

Les autres indicateurs américains du jour ont montré notamment un ralentissement moins important que prévu de la croissance de l'activité manufacturière dans le nord-est du pays, une hausse inattendue de l'activité manufacturière dans la région de New York et une augmentation plus forte que prévu des inscriptions au chômage.

Et le conflit commercial avec la Chine ?

La Chine a annoncé jeudi qu'elle devra prendre de nécessaires contre-mesures après les droits de douane que les Etats-Unis menacent d'imposer sur 300 milliards de dollars (270 milliards d'euros) d'importations chinoises. Dans la foulée, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a dit espérer que les Etats-Unis soient compréhensifs et qu'ils "mettent en oeuvre le consensus des chefs d'Etat des deux pays atteint (lors du sommet du G20) d'Osaka". Ces déclarations entretiennent la confusion et la nervosité des marchés. Les inquiétudes commerciales affectent les marchés financiers depuis plus d'un an, alimentant elles aussi les craintes d'une récession.

Les valeurs

Walmart (+4,5%). Le distributeur a publié des comptes de grande qualité, se permettant dans la foulée de doper ses prévisions annuelles de bénéfices. Il a réalisé sur le trimestre clos des revenus de 130,4 milliards de dollars en progression de 1,8% en glissement annuel, alors que le consensus était de 130,1 milliards. Les ventes en ligne se sont littéralement envolées de 37%, confirmant leur rythme impressionnant du trimestre antérieur.

Alibaba (+1,9%). Le géant chinois du e-commerce, désormais coté à Wall Street, n'a pas démérité au premier trimestre fiscal. Ainsi, le groupe a réalisé des revenus en vive croissance de 42% en glissement annuel à 16,74 milliards de dollars, dépassant assez nettement le consensus de marché. Le bénéfice net trimestriel sur cette période close fin juin 2019 est ressorti à 3,1 milliards de dollars, pour un bénéfice par action représentant l'équivalent de 1,17$. Hors éléments non récurrents, ce bénéfice par titre a atteint 1,83$, contre moins de 1,6$ de consensus.

Cisco Systems (-8,2%). Les comptes du trimestre sont ressortis assez solides, mais les marchés sanctionnent surtout les perspectives du géant californien des équipements de réseaux. Pour son quatrième trimestre fiscal, le groupe a révélé hier soir des revenus de 13,43 milliards de dollars (+6% en glissement annuel) et un bénéfice ajusté par action de 83 cents, ce qui ressort meilleur que prévu.

NetApp (+4,1%). Le groupe californien qui conçoit des solutions dans le stockage informatique, a annoncé pour le premier trimestre fiscal 2020 un bénéfice net de 103 millions de dollars et 42 cents par action, contre 283 millions de dollars un an plus tôt.

Boeing (+1,7%). Boeing a reporté l'entrée en service de la version très longue portée de son 777X, qui doit devenir le plus gros biréacteur du monde. Le géant aéronautique américain doit composer avec l'affaire du 737 MAX, cloué au sol depuis le mois de mars suite à deux accidents mortels ayant fait près de 350 victimes. L'avionneur est par ailleurs frappé par les problèmes du moteur GE9X de General Electric, supposé équiper le 777X. Ces éléments contraignent donc Boeing à repousser à l'an prochain le premier vol du 777-9.

Tapestry (-22%). Le groupe de luxe, propriétaire de Coach, Kate Spade et Stuart Weitzman, a annoncé pour le quatrième trimestre fiscal des ventes plus faibles que prévu. Les perspectives ressortent également sans relief. Victor Luis, CEO du groupe, admet que Kate Spade n'a pas atteint les objectifs, le redressement de ses opérations demandant plus de temps. Le groupe table désormais sur des revenus en croissance de 1-4% sur l'exercice 2020, pour un bénéfice par action assez stable en comparaison de 2019.

General Electric décroche de 12% ! GE est en effet visé par un lanceur d'alerte, le comptable qui avait sonné l'alarme concernant Bernard Madoff et sa pyramide de Ponzi. Harry Markopolos et son équipe, dans un rapport de 175 pages posté sur Internet, préviennent donc que GE aurait commis une fraude comptable supposée de... 38 milliards de dollars !

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