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Wall Street tente de stopper sa dégringolade

Wall Street tente de stopper sa dégringolade
Wall Street tente de stopper sa dégringolade

(Boursier.com) — Wall Street tente de se reprendre ce lundi soir à trois heures de la clôture, après une séance en chute libre vendredi dernier... Les opérateurs restent néanmoins prudents face aux risques d'affaiblissement de la croissance économique mondiale, dans un contexte toujours tendu sur le front commercial entre les USA et la Chine... Le DJIA perd désormais 0,66% à 24.222 pts, le Nasdaq reprend 0,30% à 6.990 pts, et le S&P500 fléchit de 0,38% à 2.623 pts.

Sur le front économique cette fois, le rapport JOLTS du Département américain au travail a fait ressortir des ouvertures de postes supérieures aux attentes pour le mois d'octobre 2018, au nombre de 7,079 millions, contre un consensus de place de 7 millions et une lecture révisée à 6,96 millions pour le mois antérieur.... Rappelons que le rapport mensuel sur la situation de l'emploi aux USA pour le mois de novembre 2018 avait quant à lui déçu en fin de semaine dernière, avec seulement 155.000 créations de postes contre 200.000 espérées (mais un taux de chômage toujours au plus bas à 3,7%).

Les craintes persistent concernant la confrontation commerciale entre Washington et Pékin, malgré la trêve de 90 jours récemment conclue, qui doit permettre aux deux superpuissances de trouver un accord durable et global. Depuis, l'affaire Huawei a grandement compliqué les choses. La directrice financière du colosse chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, fille du fondateur du groupe, est détenue depuis le 1er décembre au Canada, et réclame sa remise en liberté sous caution en attendant une audience d'extradition. Elle cite des motifs médicaux, selon les documents de justice cités ce jour par l'agence Reuters. Meng Wanzhou affirme être innocente et conteste les allégations. Elle a été arrêtée au début du mois alors qu'elle était en transit entre deux vols à l'aéroport de Vancouver. Elle risque une extradition vers les Etats-Unis. Washington accuse la dirigeante d'avoir dissimulé des liens entre Huawei et une firme qui tentait de contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Par ailleurs, le week-end n'a guère été encourageant: le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a déclaré dimanche qu'il considérait le 1er mars comme une date butoir ferme pour parvenir à un accord sur le commerce avec la Chine, et que, faute d'entente, de nouveaux droits de douane seraient instaurés...

Ce matin, Tokyo a chuté de -2,1% alors que l'archipel a connu un recul de croissance le plus marqué depuis plus de quatre ans, qui s'explique notamment par une nette réduction des investissements des entreprises : le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale s'est contracté de 2,5% en rythme annualisé sur le trimestre juillet-septembre, son plus fort tassement depuis le deuxième trimestre 2014.

La situation est également tendue au Royaume-Uni, où la Première ministre Theresa May a convoqué ce jour une réunion ministérielle en vue d'un report du vote qui était prévu demain mardi au Parlement sur l'accord de Brexit... La livre s'affiche au plus bas depuis mi-2017 face au dollar, en retrait de 1% à 1,2625$... Le vote du Parlement britannique sur l'accord négocié avec Bruxelles 17 mois durant est donc reporté. L'opposition rencontrée par l'accord rendait son approbation bien peu probable.

Du côté du pétrole, outre les incertitudes pesant sur la consommation, les opérateurs s'interrogent sur la manière dont le cartel et ses alliés mettront en oeuvre les réductions annoncées. Les membres de l'Opep+ ont décidé de diminuer leur production de 1,2 million de baril par jour. Le cartel diminuera sa production de 800.000 bj alors que les pays n'appartenant pas à l'organisation, Russie compris, couperont la leur de 400.000 bj. Sous le coup de sanctions américaines, l'Iran serait exempté de cet accord. Aucun détail par pays n'a toutefois été fourni. Le baril WTI s'affiche actuellement à 51,6$.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (stable). Elon Musk a encore raté une bonne occasion de se taire. Ainsi, le CEO du constructeur de véhicules électriques a une fois encore attaqué la SEC, gendarme US des marchés financiers, lors d'une interview durant l'émission '60 Minutes' de CBS. "Que les choses soient claires, je ne respecte pas la SEC. Je ne les respecte pas", a ainsi affirmé Musk, privé de son poste de Président du conseil suite à l'affaire des 'tweets' relatifs à la sortie de la cote (depuis abandonnée) de Tesla au 'financement garanti'. Le talentueux mais fantasque dirigeant n'a apparemment pas digéré la sanction. De plus, Musk a indiqué hier que personne ne contrôlait ses tweets avant leur envoi, ce qui ne semble pas aller dans le sens de l'accord récent conclu avec la SEC. Musk juge que seuls ses tweets susceptibles de faire bouger les marchés financiers doivent être contrôlés, et que le reste relève plutôt de la liberté "fondamentale" d'expression. Enfin, le CEO de Tesla n'a pas exclu de faire des erreurs de ce point de vue - après tout, "nul n'est parfait", a philosophé le CEO. On espère que la SEC est dans le même état d'esprit, mais rien n'est moins sûr.

IBM (+1%) et HCL ont annoncé un accord définitif en vertu duquel HCL va acquérir des produits logiciels IBM sélectionnés pour 1,8 Md$. La clôture de la transaction est prévue pour mi-2019, sous réserve de l'achèvement des examens réglementaires applicables. Les produits logiciels visés, qui représentent un marché potentiel total de plus de 50 Mds$, sont les suivants : Appscan pour le développement d'applications sécurisées, BigFix pour la gestion sécurisée des périphériques, Unica pour l'automatisation du marketing, Commerce pour l'eCommerce omnicanal, Portal pour l'expérience numérique, Notes & Domino pour le développement rapide d'applications email et low code, et Connections pour la collaboration des domaines de travail.

Apple (stable). Son compatriote Qualcomm a remporté une victoire contre le groupe à la pomme en Chine, qui lui permettrait d'obtenir un arrêt des importations et de la vente de plusieurs produits du Californien de Cupertino. Une cour a en effet jugé qu'Apple avait enfreint deux brevets de Qualcomm (sur l'utilisation par glissement - 'swipe' - d'applications sur écran tactile et sur le redimensionnement dans l'édition photo). L'injonction du 30 novembre concernerait la vente de la majeure partie des iPhones en Chine, affirme Qualcomm. Apple conteste l'étendue de l'interdiction, précisant qu'elle ne s'appliquerait qu'aux iPhones tournant sur les anciens systèmes d'exploitation. Il s'agirait quoi qu'il en soit d'une première pour le géant des smartphones en Chine. "Les efforts de Qualcomm pour faire interdire nos produits constituent un autre geste désespéré de la part d'une entreprise dont les pratiques illégales font l'objet d'investigations des régulateurs du monde entier", a répliqué Apple dans un communiqué. "Tous les modèles d'iPhones restent disponibles pour nos clients en Chine. Qualcomm revendique trois brevets qu'ils n'avaient jamais évoqués auparavant, dont un qui a déjà été invalidé. Nous poursuivrons toutes nos options légales devant les tribunaux", a encore affirmé le groupe de Tim Cook.

Qualcomm (+3%). "Nous attachons une grande importance à nos relations avec nos clients et n'avons que rarement recours aux tribunaux, mais nous croyons fermement en la nécessité de protéger les droits de propriété intellectuelle", assure de son côté Qualcomm, dont le Conseiller général Donald Rosenberg explique encore : "Apple continue à bénéficier de notre propriété intellectuelle tout en refusant de nous indemniser. Ces ordonnances de la Cour confirment encore la force du vaste portefeuille de brevets de Qualcomm".

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