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Wall Street tente de poursuivre son rebond d'hier, Powell en soutien

Wall Street tente de poursuivre son rebond d'hier, Powell en soutien
Wall Street tente de poursuivre son rebond d'hier, Powell en soutien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine reste volatile ce mercredi, à l'écoute du discours de Jerome Powell face au Congrès US, alors que les craintes de récession grandissent à vue d'oeil dans la foulée des avertissements d'Elon Musk ou encore de Goldman Sachs sur le sujet... Le S&P 500 monte de 0,5% à 3.783 points, le Dow Jones prend 0,4% à 30.647 points et le Nasdaq 1% à 11.193 points. Les cours du brut retombent avec ces inquiétudes économiques sous les 110$ le brent. Le baril de brut WTI sur le Nymex recule 104$. En revanche, l'euro remonte sur les 1,06/$.

Jerome Powell, le président de la Fed, s'exprimait donc cet après-midi devant la commission bancaire du Sénat américain, avant une audition similaire devant la Chambre des représentants demain jeudi... Il a bien évidemment été questionné sur l'inflation record qui continue de galoper. Rappelons que la Fed a procédé à une hausse de taux de 75 points de base la semaine dernière, portant son taux des fonds fédéraux entre 1,5 et 1,75% afin de contrer l'inflation. Les responsables de la banque centrale ont également établi une trajectoire agressive d'augmentations de taux pour le reste de l'année. De nouvelles projections économiques publiées après la réunion de deux jours de l'agence la semaine dernière ont montré que les décideurs s'attendaient à ce que les taux d'intérêt atteignent 3,4% d'ici la fin de 2022, ce qui serait le niveau le plus élevé depuis 2008.

J. Powell a affirmé ce jour que la banque centrale américaine poursuivra la hausse des taux afin de contenir l'inflation, après cette hausse de trois quarts de point, la plus forte en près de trois décennies... Il a réaffirmé sans surprise l'engagement de la Fed à lutter contre cette inflation (8,6% aux USA selon les derniers chiffres pour le mois de mai) au plus haut de 41 ans. "Durant l'année passée, l'inflation a clairement surpris à la hausse, et des surprises supplémentaires pourraient être en vue", a commenté le patron de la Fed qui se montre toutefois confiant concernant la résistance de l'économie américaine face au durcissement monétaire, alimentant les espoirs "d'atterrissage maîtrisé". Il juge l'économie américaine toujours très solide, et capable de faire face à une politique monétaire plus dure : "L'économie américaine est bien positionnée pour gérer des hausses de taux supplémentaires", lance ainsi Powell, évoquant une économique "très forte" malgré ce début de durcissement et une inflation pesante...

Ainsi, la Fed demeure "fortement déterminée" à faire reculer l'inflation. Le rythme des prochaines hausses de taux dépendra des indicateurs et de l'évolution des perspectives économiques. "Nous prendrons nos décisions réunion après réunion", a expliqué le leader de la banque centrale américaine, qui maintient donc le cap, alors même que la marge de manoeuvre de l'institution monétaire US semble de plus en plus limitée...

Auparavant, tout comme Joe Biden, la Secrétaire au Trésor et ex-patronne de la Fed, Janet Yellen, avait estimé que la récession "n'est pas inévitable", mais que l'inflation est "trop élevée"... Dans une interview accordée à ABC, la Secrétaire au Trésor a discuté de la croissance et de l'inflation, faisant remarquer que la récession n'était donc "pas du tout inévitable", alors que la Fed prend des mesures de plus en plus agressives. Elle s'attend à ce que la croissance américaine ralentisse dans une transition naturelle vers une croissance régulière et stable, et pense que Jerome Powell peut atteindre son objectif de réduire l'inflation tout en maintenant un marché du travail solide. Cette inflation est "inacceptablement élevée", juge Yellen, qui note que la priorité absolue du président Biden est de la faire baisser. Elle constate que "les impacts des prix de l'énergie représentent en réalité la moitié de l'inflation". Elle évoque par ailleurs les efforts de l'administration Biden pour endiguer les nouvelles hausses des prix du pétrole. Interrogée sur les appels au Congrès pour des exonérations de la taxe sur l'essence, elle répond que Biden veut alléger le fardeau des ménages et que c'est en effet une idée "à considérer". Elle déclare également que l'administration envisage de lever certains tarifs de l'ère Donald Trump sur les produits chinois...

En Europe, notons que l'inflation britannique annoncée ce matin a également accéléré en mai pour atteindre son niveau le plus élevé depuis mars 1982 avec la flambée des prix alimentaires. D'après l'ONS, l'indice britannique des prix à la consommation a augmenté de 9,1% sur un an le mois dernier, en ligne avec les attentes, contre 9% en avril. Il s'agit pour l'heure du taux le plus élevé pour un pays membre du G7, ce qui complique encore le travail déjà délicat de la Banque d'Angleterre. Le ministre des Finances Rishi Sunak a déclaré que le gouvernement britannique faisait tout son possible pour lutter contre cette envolée des prix. La BoE avait précisé la semaine dernière que l'inflation devrait rester supérieure à 9% au cours des prochains mois avant de culminer à plus de 11% en octobre.

Les valeurs

Revlon (+51%!), le concepteur de cosmétiques qui vient de se placer sous protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, a vu son cours de bourse flamber de près de 350% sur une semaine et de plus de 500% depuis les planchers du 13 juin ! Le titre bénéficie toujours d'une folle spéculation. Le groupe massivement endetté attire visiblement les petits porteurs américains, qui se rappellent du précédent Hertz Global, vedette boursière de la pandémie il y a deux ans malgré une situation financière alors également déplorable et une mise sous protection de la loi sur les faillites. Rappelons que de tels mouvements sont totalement irrationnels, puisqu'en règle générale, les actionnaires ne récupèrent rien en cas de chapitre 11. La flambée toute récente du cours de Revlon a aussi été alimentée par des rumeurs d'offre potentielle de Reliance Industries.

Amazon (+1,8%). Audible d'Amazon a conclu un accord de production exclusif avec Higher Ground, dont les termes n'ont pas été divulgués. Audible a annoncé un accord de production exclusif, mondial, multi-projets et pluriannuel avec Higher Ground, la société de médias du président Barack Obama et de Michelle Obama. Ce nouveau partenariat renforce l'engagement de Higher Ground envers l'audio. La liste des émissions Audible reflétera la mission commune des entreprises "de raconter des histoires significatives et divertissantes qui élèvent diverses voix et expériences". Rappelons que Spotify avait décidé de ne pas renouveler son partenariat exclusif avec Higher Ground lorsque leur accord avait pris fin plus tôt cette année.

Boeing (stable) ne se montre pas très optimiste concernant la chaîne de production de l'industrie aéronautique à court terme. A Doha, son directeur général a indiqué s'attendre à ce que les difficultés d'approvisionnement persistent jusqu'à la fin 2023 en raison des problèmes de main-d'oeuvre chez les sous-traitants et les petits fournisseurs, confrontés à une reprise plus rapide qu'attendu de la demande. "Le basculement des difficultés de demande aux difficultés d'approvisionnement (...) est remarquable par sa vitesse", a déclaré David Calhoun, lors du Qatar Economic Forum organisé par Bloomberg à Doha. Il a ajouté que le groupe restait confronté à d'importantes difficultés et retards d'approvisionnement. "C'est un vrai problème pour les industriels et cela le restera sans doute pratiquement jusqu'à la fin de l'an prochain". "Et la plus importante contrainte pour les fournisseurs intermédiaires et les petits fournisseurs, c'est la disponibilité de la main-d'oeuvre".

Twitter (stable). Le conseil d'administration du groupe a unanimement recommandé aux actionnaires un vote en faveur de l'offre de reprise d'Elon Musk pour 44 milliards de dollars. Le seul problème, c'est que ce dernier reconsidère désormais sa proposition et entend éclaircir d'abord la situation au sujet du phénomène des comptes 'bots' et fake...

Altria (-9%) et Philip Morris International (-1,6%) cèdent du terrain. La FDA (Food & Drug Administration), autorité américaine de santé, prévoit une proposition de règle pour réduire la dépendance vis-à-vis des cigarettes et autres produits du tabac brûlés. Les plans de la FDA pour développer une proposition de norme de produit établiraient un niveau maximal de nicotine dans les cigarettes et autres produits du tabac.

Alibaba (-1,7%), le géant chinois du commerce en ligne, et sa filiale Ant Group, mettent fin à leurs opérations de collaboration dans le cadre de la répression réglementaire en Chine, indique Reuters. Citant des sources proches du dossier, l'article rapporte que les deux sociétés ont commencé à restreindre l'accès aux services de l'autre, à se concurrencer pour des clients et à conclure des partenariats avec des rivaux, alors qu'Ant tente de renforcer son indépendance vis-à-vis d'Alibaba, tandis qu'Alibaba construit un outil de transaction transfrontalier qui pourrait concurrencer Ant. Les sources ajoutent qu'Ant ne veut pas être considéré uniquement comme une filiale d'Alibaba par des partenaires existants ou potentiels, un initié d'Ant disant qu'Alibaba ne serait plus "un grand arbre" auquel Ant doit s'accrocher, en particulier pour les marchés étrangers.

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