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Wall Street surnage, après quatre séances de chute libre

Wall Street surnage, après quatre séances de chute libre
Wall Street surnage, après quatre séances de chute libre
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street résiste ce mercredi, après quatre séances consécutives de chute. Le S&P500 regagne ainsi 0,3% à 2.358 pts, alors que le DJIA fléchit de 0,3% à 21.734 pts. Le Nasdaq s'affiche à 6.226 pts, surperformant le marché avec un gain de 0,5%.

Sur le marché des changes, l'indice dollar, qui mesure les variations du billet vert face à un panier de devises, progresse de 0,1% à 96,1. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de février) se redresse désormais de manière spectaculaire, sur un gain de 4,7% à 44,5$, le baril de Brent s'affichant en hausse de 3,3% à 52,4$.

Indice immobilier 'conforme', indicateur manufacturier sans relief

Sur le front économique ce mercredi aux Etats-Unis, après la pause de Noël, l'indice S&P Corelogic Case-Shiller des prix américains de l'immobilier pour le mois d'octobre est ressorti conforme aux attentes, à +0,4% pour le '20-city' ajusté des variations saisonnières, en comparaison du mois antérieur. Hors ajustements saisonniers, l'indicateur '20-city' est resté stable en comparaison du mois de septembre (+5% en glissement annuel).

L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond pour le mois de décembre 2018 est ressorti négatif de 8 points, contre un consensus de +14 et un niveau de +14 également pour le mois antérieur. Le fait que l'indice ressorte négatif en décembre est particulièrement préoccupant, puisque cela signale une régression de l'activité manufacturière dans la région considérée.

Aucune publication trimestrielle notable d'entreprise cotée à Wall Street n'est attendue pour cette seconde moitié de semaine.

Le shutdown prend racine

Le 'shutdown' administratif partiel du gouvernement fédéral aux Etats-Unis se poursuit pour le cinquième jour, Donald Trump n'étant pas parvenu à s'entendre avec les Démocrates du Congrès sur le financement de son fameux mur à la frontière des USA et du Mexique. Trump n'en démord pas et entend faire durer la fermeture jusqu'à ce qu'il obtienne gain de cause. "Les Démocrates doivent mettre un terme au 'shutdown' et finaliser le financement. Des milliards de dollars, & des vies, seront épargnés!", a lancé Trump avant-hier sur Twitter. "D'une certaine manière, les Démocrates qui ne veulent pas conclure un accord coûteront à notre Pays plus d'argent que le Mur à la Frontière dont nous parlons tous", a aussi affirmé Trump lundi sur le réseau social média.

Trump tente laborieusement de rassurer

Donald Trump, répondant aux journalistes depuis le Bureau Ovale de la Maison Blanche hier, a suggéré que la chute récente des marchés actions et en particulier de Wall Street pourrait bien constituer une opportunité majeure d'achat pour les investisseurs. "Nous avons des entreprises - les meilleures au monde et elles se portent très bien", a déclaré Trump aux journalistes mardi. "Elles affichent des chiffres record. Je pense donc que c'est une formidable opportunité d'acheter. Vraiment une belle opportunité d'acheter", a insisté le Président américain, constatant par ailleurs la bonne santé de l'économie de son pays.

Correction majeure

Rappelons que le Nasdaq vient d'entrer en territoire 'bear', perdant plus de 20% de sa valeur sur ses sommets historiques récents. Lundi soir, le Dow Jones a encore trébuché de 2,91% et le Nasdaq de 2,21%, contre une baisse de 2,71% du S&P500. La semaine précédente était la pire pour les marchés américains depuis la crise de 2008.

S&P500 et Dow Jones bientôt en bear market ?

L'indice large américain, le S&P500, est désormais retombé au plus bas de 20 mois ! Le S&P a cédé près de 20% en comparaison de ses pics historiques, et pourrait donc entrer sous peu, à son tour, en territoire de 'bear market' (marché baissier). Le Dow Jones n'est pas loin non plus de ce seuil fatidique, puisqu'il perd 19% par rapport à ses sommets de clôture.

Il s'agit donc d'un coup dur pour Trump, qui vantait régulièrement les records successifs des marchés financiers après son élection, s'en attribuant l'entier mérite. Maintenant que les courbes s'inversent, il faut bien trouver un coupable, qui ne peut bien évidemment être l'infaillible Président américain. Trump a donc choisi ces derniers mois la Fed de Jerome Powell comme bouc émissaire, même s'il tentait hier d'arrondir les angles après des attaques peut-être un peu trop brutales.

La Fed "va comprendre", prévient Trump

Après avoir vivement critiqué la Fed lundi sur Twitter, Donald Trump a tenté hier mardi de nuancer son propos, alors qu'il était interrogé par des reporters à la Maison Blanche. "Eh bien, nous verrons. Ils augmentent les taux d'intérêt trop rapidement. C'est mon avis. Mais j'ai certainement confiance. Mais je pense que ça va se régler. Ils augmentent les taux d'intérêt trop rapidement parce qu'ils pensent que l'économie est si bonne... Mais je pense qu'ils vont comprendre très bientôt. Je le pense vraiment. Je veux dire, le fait est que l'économie se porte si bien qu'ils ont augmenté les taux d'intérêt, ce qui est en quelque sorte une sécurité", a indiqué Trump, interrogé à propos de Jerome Powell, suite aux rumeurs concernant l'étude d'une possible éviction du Président de la Fed.

Trump a bien insisté sur le fait qu'il avait "une grande confiance" dans la Fed, mais a également insinué que la hausse des taux pourrait compliquer sa réélection. "Bien plus facile de faire campagne quand vous n'avez aucun taux d'intérêt", a précisé le Président américain, rappelant que Barack Obama bénéficiait "d'un environnement de taux vraiment bas".

La Fed incapable de putter ?

"Le seul problème de notre économie est la Fed. Ils n'ont pas la moindre idée du Marché, ils ne comprennent pas les Guerres Commerciales nécessaires ou les Dollars Forts ni même les 'Shutdowns' Démocrates sur les Frontières. La Fed est comme un golfeur puissant qui ne peut pas marquer parce qu'il n'a aucun toucher - il ne peut pas putter!", avait auparavant asséné Trump sur le réseau social Twitter.

Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a quant à lui affirmé le week-end dernier sur Twitter que Donald Trump lui avait indiqué qu'il n'avait jamais évoqué la possibilité de limoger le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell.

"Je suis en complet désaccord avec la politique de la Fed. Je pense que l'augmentation des taux d'intérêt et la réduction du portefeuille de la Fed sont des choses absolument terribles dans cette période, particulièrement en regard des mes négociations commerciales majeures en cours. Mais je n'ai jamais suggéré de limoger le Président Jay Powell, et je ne crois pas avoir le droit de le faire", écrivait ainsi Mnuchin sur Twitter, citant Trump.

Mnuchin menacé ?

Hier, devant les journalistes, Trump a qualifié Mnuchin de "gars très talentueux, très intelligent", en qui il avait évidemment confiance. Le Président américain était interrogé au sujet du Secrétaire au Trésor, des rumeurs récentes ayant également évoqué une possible éviction de celui qui avait recommandé Powell. La tentative totalement ratée de Mnuchin pour calmer Wall Street ces derniers jours n'a cependant sans doute pas été du goût de Trump, et une source de CNN rapporte que Mnuchin pourrait être en "sérieux danger".

Le pétrole rebondit, après des planchers de 18 mois

Le pétrole tente donc de rebondir ce jour, après la rude sanction récente. Les cours du pétrole ont dégringolé lundi, dans le sillage des places boursières, sur fond de craintes pour la demande l'an prochain, dans un contexte économique mondial de plus en plus fragile. Le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI avait plongé lundi de 6,7% à 42,5$ le baril, revenant au plus bas depuis 18 mois, en juin 2017. Le cours du Brent de Mer du Nord (contrat de février), avait perdu 6,2% lundi à 50,50$ le baril. Le WTI a dégringolé de 24% depuis le début de l'année, et de près de 40% par rapport à ses plus hauts annuels, début octobre, à plus de 76$.

Craintes pour la croissance

Cette chute vertigineuse s'est produite sur fond de craintes d'un excès d'offre de pétrole l'an prochain, craintes qui ont été accentuées ces dernières semaines par des signes de ralentissement de l'économie mondiale, notamment en Chine et dans la zone euro. Dimanche des responsables de l'Opep ont pourtant estimé que l'offre et la demande seraient à l'équilibre début 2019, mais ils n'ont visiblement pas convaincu les marchés. Plusieurs ministre de pays de l'Opep, réunis dimanche au Koweït, ont estimé que la baisse attendue de la production au début de l'année 2019, suivant l'accord dit Opep+, allait enrayer le recul des prix du baril.

Lundi, le site du 'Wall Street Journal' a publié une enquête menée auprès d'analystes de 13 banques d'affaires, spécialisés dans les matières premières. Ils ont nettement revu en baisse leurs objectifs de cours pour 2019.

Walmart reprend 1% ce jour avec Target, alors que selon les données Mastercard SpendingPulse, les ventes US de détail auraient augmenté de plus de 5% durant la période des fêtes, leur meilleure performance en six ans.

Intel reste stable. Le géant américain des microprocesseurs va pourtant bénéficier d'une subvention israélienne d'environ 185 millions de dollars, soutenant son projet local d'expansion des opérations de production de 5 milliards de dollars.

Snap cède 3%. On savait que le patron de Snap Inc, Evan Spiegel, avait repoussé en 2013 une offre de 3 milliards de dollars du groupe de Mark Zuckerberg Facebook. Le géant californien des réseau sociaux avait alors proposé de racheter Snap, maison-mère de l'application de partage Snapchat, deux ans seulement après sa création. Le 'Wall Street Journal' nous apprend désormais que Snap aurait eu une seconde opportunité pour se vendre à Facebook, trois ans plus tard et un an avant l'IPO (introduction en bourse) du groupe à Wall Street. Zuckerberg aurait ainsi approché encore Spiegel en 2016. Avant même qu'un prix spécifique ou qu'une offre formelle ne soient précisés, Spiegel aurait rejeté son prétendant.

Snap a depuis procédé à son introduction à Wall Street en mars 2017 à un prix de 17$ par titre, qui faisait ressortir une valorisation boursière de 24 milliards de dollars. Ce mercredi, le titre évolue autour des 5$...

Amazon reprend 2% sur des rachats jugés à bon compte. Le titre alignait lundi sa quatrième séance consécutive dans le rouge, abandonnant 13% depuis le 18 décembre. Cela représentait encore, pour les amateurs de gros chiffres, une perte de capitalisation boursière de 104 milliards de dollars en quatre jours de cotations !

En septembre 2018, Amazon avait brièvement franchi le cap des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Depuis, cette 'capi' est retombée à 670 milliards de dollars. Il s'agit certes d'un coup dur pour Bezos (qui perd virtuellement plus de 50 Mds$ en quatre mois), mais ce dernier est sans doute habitué désormais au fait que sa fortune fluctue brutalement au gré des humeurs de Wall Street.

Apple s'affiche stable ce jour à 147$ environ. Alphabet grappille 1% et Microsoft 1% également.

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