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Wall Street stimulé par la Chine, mais Trump fait des siennes

Wall Street stimulé par la Chine, mais Trump fait des siennes
Wall Street stimulé par la Chine, mais Trump fait des siennes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, qui avait finalement sauvé l'honneur hier soir après une forte baisse durant la séance (clôtures à -0,09% sur le DJIA et +0,38% sur le Nasdaq), est orientée en nette progression ce jeudi. Le DJIA prend désormais 0,68% à 26.184 pts, alors que le S&P500 avance de 1,09% à 2.915 pts et que le Nasdaq grimpe de 1,40% à 7.973 pts.

Le bon geste de la Banque populaire de Chine (BPC), qui a fixé un taux pivot pour le yuan légèrement supérieur aux attentes pour éviter une baisse du yuan - qui était retombé cette semaine sous les 7 contre dollar -, ainsi que la possibilité de nouveaux échanges sur le front commercial entre USA et Chine en septembre, ont permis aux marchés de se reprendre...

Enfin, le rebond assez inattendu des exportations chinoises en juillet, malgré la guerre commerciale, devrait rassurer également. D'après les données officielles, ces exports chinois ont grimpé de plus de 3% en juillet, en rythme annuel, alors que les économistes craignaient en moyenne une baisse de 2%. En revanche, les imports chinois du mois de juillet ont reculé fortement de 5,6% avec la faiblesse de la demande domestique - recul tout de même un peu moins prononcé que prévu.

Donald Trump demeure quant à lui actif sur Twitter ce jour. "En tant que Président, vous pourriez penser que je serais enthousiaste à propos de notre très solide dollar. Je ne le suis pas! Le niveau élevé des taux d'intérêt de la Fed, en comparaison d'autres pays, maintient le dollar à haut niveau, ce qui rend plus difficile pour nos grands industriels tels que Caterpillar, Boeing, John Deere, nos compagnies automobiles & autres, de rester compétitifs", déplore le président américain.

"Avec des réductions de taux substantielles de la Fed (il n'y a pas d'inflation) et sans resserrement monétaire quantitatif, le dollar rendrait possible à nos compagnies de remporter de nouveau toute compétition. Nous avons les meilleures compagnies au monde, il n'y a personne qui s'en rapproche, mais malheureusement la même chose ne peut pas être dite de notre Réserve Fédérale. Ils ont eu faux à chaque étape sur leur chemin, et nous gagnons encore. Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait s'ils avaient réellement compris?", insiste Trump.

Hier, Wall Street avait été déjà secoué par une nouvelle série de tweets de Donald Trump, taclant surtout la Fed mais aussi la Chine.

Sur le marché des changes ce jour, l'indice dollar reprend désormais 0,1% à 97,7. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI se redresse de 3% à 52,7$, récupérant après son plongeon de la veille sur un plancher de sept mois. L'Arabie saoudite désire en effet relancer les cours, et a contacté d'autres grands producteurs afin d'y parvenir. Selon Bloomberg, des membres de l'OPEP auraient été contactés afin d'étudier toutes les options.

Rappelons que d'après le Département américain à l'énergie hier, les stocks de brut domestiques, hors réserve stratégique, ont augmenté de 2,4 millions de barils sur la semaine close le 2 août, à 438,9 millions de barils. Le consensus tablait sur un recul. Les stocks d'essence ont quant à eux progressé de 4,4 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés ont grimpé de 1,5 million de barils.

La banque centrale de Nouvelle-Zélande a annoncé hier une baisse surprise de 50 points de base de ses taux. La banque affirme, évoquant les risques économiques, qu'elle pourrait maintenir une politique très accommodante plus longtemps que prévu... Inde et Thaïlande ont également réduit hier mercredi leurs taux pour stimuler la croissance.

Cela n'a pas échappé à Donald Trump, qui en a profité, comme de coutume, pour 'allumer' la Fed sur le réseau social Twitter. "Trois Banques Centrales de plus réduisent les taux. Notre problème n'est pas la Chine - Nous sommes plus forts que jamais, l'argent se déverse aux U.S. alors que la Chine perd des compagnies par milliers au profit d'autres pays, et que leur monnaie est assiégée - Notre problème est une Réserve Fédérale qui est trop fière pour admettre son erreur d'avoir agi trop rapidement et resserré de manière excessive sa politique (et d'admettre que j'avais raison!)", a lancé hier le président américain.

"Ils doivent Réduire les Taux de manière plus importante et rapide, et arrêter leur resserrement quantitatif ridicule MAINTENANT. La courbe des taux affiche une marge trop large, et sans inflation! L'incompétence est une chose terrible à regarder, particulièrement quand il serait possible de s'occuper des choses 'siii' facilement. Nous GAGNERONS néanmoins, mais cela serait nettement plus facile si la Fed avait compris, ce qui n'est pas le cas, que nous étions en compétition avec d'autres pays, tous désirant profiter à nos dépens!", s'est encore ému le leader de la Maison blanche.

Concernant le conflit sino-américain, la tension était retombée quelque peu avant-hier avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits...

Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, a affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales. Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

La banque centrale chinoise a par ailleurs démenti hier les rumeurs d'une éventuelle réduction des taux directeurs à compter du 10 août. La Banque populaire de Chine précise que ces rumeurs sont sans fondement et a demandé une enquête policière...

Ce jeudi, c'est au tour de la banque centrale des Philippines de réduire officiellement ses taux directeurs de 25 points de base à 4,25%...

Sur le front économique outre-Atlantique ce jeudi, les inscriptions au chômage US ont décliné. D'après le Département américain au travail, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 3 août sont ressorties à 209.000, en repli de 8.000. Le consensus tablait sur un niveau de 215.000. La moyenne à quatre semaines s'est établie à 212.250, précise le Département au travail. Un chiffre en très légère hausse (+250) par rapport à la semaine antérieure.

Les valeurs

Lyft (+4%) a publié un second trimestre supérieur aux attentes et relevé ses prévisions annuelles 2019. Le rival californien d'Uber, introduit sur la cote américaine fin mars, a annoncé un record de revenus de 867 millions de dollars pour son second trimestre, en progression de 72% en glissement annuel, contre un consensus de 809 millions de dollars. La firme de San Francisco a ainsi relevé sa guidance annuelle de ventes entre 3,47 et 3,5 milliards de dollars, alors qu'elle anticipait auparavant une activité allant de 3,275 à 3,3 milliards. La perte trimestrielle est restée lourde à 644 millions de dollars, 2,23$ par titre, contre 1,14 Md$ sur le trimestre antérieur.

Sur le trimestre, Lyft revendique 21,8 millions de chauffeurs actifs générant chacun une moyenne de 39,77$. Ces deux mesures dépassent également les attentes de marché, qui se situaient à 20,9 millions et 38$... Notons enfin que le groupe vient d'indiquer que les insiders allaient pouvoir vendre leurs actions plus tôt que prévu, ce qui pourrait limiter le rebond boursier...

Booking Holdings grimpe de 7% à Wall Street après les comptes. L'opérateur de sites de réservation de voyages et d'hébergement a annoncé pour son second trimestre un bénéfice net de 979 millions de dollars soit 22,44$ par titre, contre 978 millions de dollars et 20,13$ par action un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé quant à lui à 23,59$, contre un consensus de 22,7$ par titre. Les revenus se sont élevés à 3,85 milliards de dollars pour le trimestre clos, contre 3,54 milliards de dollars un an plus tôt et 3,75 milliards de consensus de place. Booking se montre également confiant concernant le troisième trimestre, tablant sur un bénéfice par titre allant de 43,6 à 44,6$, fourchette entourant le consensus des analystes.

Symantec flambe de 12% à Wall Street. Il faut dire que selon le Wall Street Journal, le groupe mènerait des discussions avec Broadcom concernant cette fois une seule activité. Le journal indique ainsi que Broadcom s'approcherait d'un accord en vue de l'acquisition de l'unité de Symantec dédiée spécifiquement à la 'sécurité entreprise', essentiellement constituée de l'ex-Blue Coat Systems Inc. Blue Coat avait été racheté par Symantec en 2016 pour moins de 5 milliards de dollars. Broadcom pourrait quant à lui débourser près de 10 milliards de dollars pour mettre la main sur l'activité de Symantec. Le Wall Street Journal précise bien toutefois que le 'deal' éventuel pourrait encore échouer, comme cela avait pu être le cas des discussions antérieures relatives à une cession de la totalité de Symantec.

Netflix (+2%) a sans doute réussi là un coup assez énorme. L'Américain, géant de la vidéo en streaming, qui doit faire face à une concurrence grandissante avec Amazon et bientôt Disney, est parvenu à conclure un accord pluriannuel avec les créateurs de la série médiévale et fantastique à succès Game of Thrones, David Benioff et Dan B. Weiss. 'Deadline Hollywood', le premier à faire état de cet accord, croit savoir que Netflix aurait fait une offre meilleure que celles, supposées, d'Amazon et de Disney.

Ted Sarandos, le patron des contenus de Netflix, ne cache pas sa joie après cette très belle prise. Il se dit ravi d'accueillir les deux showrunners prodiges et leur "force créatrice". "Nous sommes excités d'accueillir des conteurs d'histoires majeurs tels que David Benioff et Dan Weiss chez Netflix", lance le dirigeant, ne cachant pas son impatience de voir ce que leurs imaginations pourront produire à l'avenir.

L'accord d'exclusivité conclu par les deux auteurs avec Netflix se chiffrerait en dizaines de millions de dollars, pour de futures séries ou même des films. Certaines sources américaines de presse évoquent un montant potentiel "à neuf chiffres", supérieur donc à 100 millions de dollars. Les studios étaient il est vrai très nombreux à courtiser les deux hommes ces derniers mois, alors que l'aventure Game of Thrones touchait à sa fin avec une huitième et dernière saison aux audiences toujours impressionnantes, mais qui n'avait pas vraiment convaincu la totalité des fans. Il s'agissait donc de tourner la page de cette série de tous les records, adaptée des romans de George R.R. Martin.

AIG grimpe de 4% à Wall Street. L'assureur américain a publié en effet des comptes du second trimestre supérieurs aux attentes de marché, avec les activités d'assurance générale et les profits d'investissement. Le groupe a dégagé un bénéfice trimestriel ajusté de 1,43$ par titre, à comparer à un timide consensus de 1,15$. Le ratio combiné ajusté est ressorti à 96,1 sur le trimestre, contre 101 un an plus tôt. Le bénéfice net d'investissement d'AIG a augmenté de 19% en glissement annuel à 3,7 milliards de dollars. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires s'est élevé à 1,1 milliard de dollars et 1,24$ par action sur ce trimestre clos fin juin, contre 937 millions de dollars et 1,02$ par action un an avant. Les primes brutes d'assurance générale sont demeurées stables à 8,65 Mds$.

Kraft Heinz (-15%) décroche à Wall Street. Il faut dire que le groupe alimentaire soutenu par Warren Buffett ne cesse de décevoir, enregistrant des dépréciations massives. Sur le semestre clos fin juin, le bénéfice net attribuable aux actionnaires a régressé à 854 millions de dollars et 70 cents par titre, contre 1,76 milliard de dollars et 1,43$ par action un an avant. Le bénéfice ajusté trimestriel du groupe de Chicago est ressorti à 1,44$, contre 1,89$ un an avant. Les ventes ont corrigé de 5% à 12,37 Mds$. Miguel Patricio, le directeur général du groupe, a reconnu que ces résultats n'étaient pas acceptables.

Viacom (+5%) a battu le consensus au troisième trimestre. Le groupe média américain a dégagé un bénéfice net des opérations continues de 538 millions de dollars et 1,33$ par titre, contre 511 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,20$, contre 1,18$ un an plus tôt et au-dessus des attentes (consensus de 1,07$). Les revenus ont totalisé 3,36 milliards de dollars, contre 3,24 Mds$ l'année précédente et 3,32 Mds$ de consensus.

Fox (-4%) a dépassé également les attentes en matière de profits. Le groupe média a affiché un bpa ajusté de 62 cents par titre à comparer à un consensus de 59 cents. Les revenus se sont appréciés de 5% à 2,51 milliards de dollars, contre 2,47 milliards de consensus. Le bénéfice net s'est élevé à 454 M$ et 73 cents par titre, contre 471 M$ un an avant. Le groupe de Lachlan Murdoch, qui a débuté sa cotation en mars sur le Nasdaq suite à la cession de 71 Mds$ d'actifs de 21st Century Fox à Disney, a profité d'une solide activité auprès des acteurs du câble et du satellite.

Tesla (+1%). La National Highway Traffic Safety Administration américaine vise Tesla et ses affirmations concernant la sécurité du Model 3. L'agence demande au groupe d'Elon Musk de cesser ses communications jugées trompeuses à propos des notes de sécurité de sa berline électrique. Le groupe avait précédemment prétendu que son Model 3 affichait la plus faible probabilité de blessure parmi les véhicules testés par l'agence. L'agence Bloomberg affirme que la NHTSA pourrait d'ailleurs préparer une enquête formelle sur le système d'aide à la conduite de Tesla, l'Autopilot. Un ancien responsable de l'agence indique en effet qu'elle aurait des inquiétudes concernant la performance du système.

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