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Wall Street soutenu par Trump, Powell et les espoirs de stimulus

Wall Street soutenu par Trump, Powell et les espoirs de stimulus
Wall Street soutenu par Trump, Powell et les espoirs de stimulus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street l'avait largement anticipé hier soir (+1,68% sur le DJIA et +2,32% sur le Nasdaq). Le retour de Trump à la Maison blanche, qui constitue un signal positif concernant son état de santé, ne devrait donc pas beaucoup plus faire réagir la cote américaine ce jour. Le DJIA prend actuellement 0,37% à 28.254 pts et le S&P500 0,10% à 3.412 pts. Le Nasdaq est presque stable à 11.332 pts. L'ambiance reste plutôt à l'optimisme, concernant la santé de Trump, mais aussi l'aboutissement éventuel des négociations au Congrès entre républicains et démocrates sur le tant attendu nouveau plan de relance de l'activité. Le principal motif d'inquiétude reste bien évidemment l'épidémie, qui ne donne pas de signes clairs de ralentissement.

Le baril de brut WTI prend actuellement 4% à 40,8$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord avance de 3,6% à 42,8$. L'once d'or se stabilise à 1.920$. L'indice dollar perd 0,1% face à un panier de devises de référence.

Hier, Trump avait même trouvé la force de saluer le rebond boursier sur Twitter. "LA BOURSE EN FORTE HAUSSE, 466 Points! 28.149. Grande Nouvelle pour l'Amérique. Emplois, Emplois, Emplois!"

Aujourd'hui, il trouve celle de justifier encore sa politique privilégiant l'économie et l'emploi. "La saison de la grippe approche! De nombreuses personnes chaque année, parfois plus de 100.000 personnes, et malgré le Vaccin, meurent de la Grippe. Allons-nous fermer notre pays? Non, nous avons appris à vivre avec, tout comme nous apprenons à vivre avec le Covid, bien moins meurtrier dans la plupart des populations!!!"

Il dit par ailleurs "se sentir bien", et attendre le débat présidentiel du 15 octobre avec son rival Joe Biden à Miami. "Ça sera super!", se réjouit l'homme fort des Etats-Unis.

Dans l'actualité économique, le déficit commercial américain des biens et services s'est creusé à 67,1 milliards de dollars, au plus haut depuis 2006, contre 66,5 milliards de dollars de consensus de marché et 63,4 milliards de dollars pour la lecture révisée du mois antérieur.

Les ouvertures de postes aux Etats-Unis pour le mois d'août 2020 sont ressorties au nombre de 6,493 millions, contre 6,25 millions de consensus de place et 6,7 millions environ pour la lecture révisée du mois antérieur. Notons également que la lecture de juillet a été révisée à la hausse, puisqu'elle était auparavant de 6,62 millions.

Jerome Powell, président de la Fed, est par ailleurs surveillé ce jour à l'occasion d'une intervention à l'assemblée de la NABE - National Association for Business Economics. Il marche bien dans le sens du vent, puisqu'il recommande des politiques monétaires et fiscales coordonnées afin de soutenir la reprise économique. Autrement dit, Powell encourage républicains et démocrates à s'entendre sur le nouveau plan de relance, alors que selon lui, "l'expansion est encore loin d'être aboutie". A ce stade, le leader de la Fed juge que les risques d'une intervention monétaire sont encore asymétriques. "Trop peu de soutien mènerait à une reprise faible, créant des difficultés inutiles pour les ménages et les entreprises. Avec le temps, les insolvabilités des ménages et les faillites des entreprises iraient croissantes, affectant la capacité productive de l'économie, et pesant sur la hausse des revenus. En revanche, les risques de trop en faire semblent, à ce stade, plus faibles. Même si les mesures de politique monétaire apparaissent finalement plus importantes que nécessaire, elles ne seront pas prises en vain".

Patrick Harker, Robert Kaplan et Raphael Bostic de la Fed, s'expriment également ce jour sur divers sujets.

En Europe, les commandes à l'industrie allemande, ajustées des variations saisonnières et des effets calendaires, ont progressé de 4,5% en août après avoir augmenté de 3,3% le mois précédent. Le consensus était positionné à +2,8%. En glissement annuel, les commandes affichent encore une baisse de 2,2% contre -3,8% attendu par le marché... L'indice PMI britannique de la construction du mois de septembre, qui vient aussi d'être annoncé, est ressorti à 56,8 contre un consensus de 54.

Christine Lagarde, président de la BCE, s'exprime par ailleurs ce mardi à l'occasion d'une conférence vidéo sur l'union économique et monétaire. Elle estime la reprise encore inégale et incertaine et juge que l'économie de la zone euro ne devrait retrouver son niveau antérieur au covid qu'en fin d'année 2022, cette prévision étant basée sur l'anticipation d'un vaccin opérationnel mi-2021. Pour l'heure, Lagarde anticipe une reprise mouvementée plutôt qu'une recovery 'en V'.

"Nous craignons désormais que les mesures de confinement qui doivent être prises par les autorités aient un impact sur cette reprise, et donc, au lieu de la reprise en V que nous attendons et espérons tous, nous craignons que la deuxième branche du V soit un peu plus tremblante", a résumé Lagarde dans une intervention préenregistrée pour une conférence organisée par le Wall Street Journal.

Concernant le plan américain de relance de l'économie, CNBC rapporte que Nancy Pelosi et Steven Mnuchin se sont entretenus hier durant environ une heure, mais ne sont toujours pas parvenus à trouver un accord sur un package de soutien face au coronavirus. Les deux clans prévoient encore d'échanger ce mardi sur la question. Durant le week-end, Trump avait demandé encore au Congrès d'agir promptement avec un stimulus fiscal. Le Washington Post note pour sa part que des responsables de la Maison blanche ont exprimé en privé leur confiance dans la conclusion d'un accord en milieu de semaine. Il reste néanmoins des désaccords significatifs sur certaines questions importantes, comme les prestations de chômage, ainsi que les financements d'Etat et locaux, les tests et le traçage (...). Pour l'heure, le plan démocrate est positionné à 2.200 milliards de dollars et la proposition républicaine chiffrée à 1.600 milliards de dollars. Il faudra donc que chacun des clans fasse un effort...

Le bilan de l'épidémie du nouveau coronavirus s'aggrave encore selon l'Université Johns Hopkins. 35,5 millions de cas ont été confirmés dans le monde depuis l'émergence du virus, dont 7,46 millions aux USA, 6,62 millions en Inde et 4,93 millions au Brésil. Le virus a fait 1,045 million de morts dans le monde depuis son apparition, dont 210.195 victimes aux Etats-Unis, 146.675 au Brésil et 103.569 en Inde.

Donald Trump est rentré hier soir à la Maison blanche, après avoir été hospitalisé suite à sa contamination. Il a demandé aux Américains de ne pas avoir peur du nouveau coronavirus et de sortir, retirant son masque pour prendre la pose devant les photographes. Le président américain a indiqué que son état de santé était désormais "vraiment bon". Trump avait été hospitalisé vendredi après avoir révélé son infection.

"Ne le laissez pas vous dominer. N'en ayez pas peur", a lancé Trump dans un message vidéo. "Nous retournons au travail. Nous retournons en première ligne (...) Ne le laissez pas dominer vos vies. Sortez, soyez prudents". Trump a également assuré que les USA allaient "battre" le virus. "Nous avons les meilleurs médicaments du monde (...) et les vaccins arrivent sous peu".

Trump, 74 ans, ne présentait plus de fièvre ni de troubles respiratoires, selon son équipe médicale. Le médecin Sean Conley a tout de même glissé que Trump n'était pas encore tiré d'affaire, mais qu'il était en mesure de retourner à la Maison blanche, les soins nécessaires pouvant lui être apportés sur place.

Certains membres du personnel de la Maison blanche ont eux aussi été testés positifs, dont la porte-parole Kayleigh McEnany. Le vice-président Mike Pence et son épouse ont été testés négatifs.

D'après son porte-parole de campagne, Trump entend prendre part au second débat présidentiel contre Joe Biden le 15 octobre à Miami. Biden a indiqué lundi qu'il était prêt à participer au débat si les experts sanitaires considèrent que cela ne présente aucun risque. Les organisateurs du débat attendu demain entre le vice-président Mike Pence, colistier de Trump, et la sénatrice Kamala Harris, colistière de Biden, ont annoncé qu'une vitre en plexiglas les séparerait.

Selon le New York Times, qui cite des personnes familières de la question, la Maison blanche bloquerait les nouvelles propositions plus strictes de la FDA pour l'obtention de son autorisation d'utilisation d'urgence d'un vaccin. La FDA, autorité sanitaire américaine, a récemment affirmé que l'autorisation d'urgence demanderait des standards d'efficacité plus élevés que la normale. Cependant, les propositions rigoureuses de la FDA auraient été ignorées par le chef de cabinet de la Maison blanche Mark Meadows, et leur approbation serait donc hautement improbable. Il faut dire que les recommandations de la FDA comprennent notamment un suivi des participants des essais de vaccins durant deux mois après la dose finale, ce qui empêcherait très certainement toute approbation de vaccin avant l'élection du 3 novembre...

Paychex a publié ses derniers comptes trimestriels avant bourse ce jour à Wall Street, tandis que Levi Strauss enfile ses jeans après la clôture des marchés américains.

Les valeurs

Paychex (stable), acteur phare du marché des services de gestion des ressources humaines, a annoncé pour son premier trimestre fiscal des profits et revenus en retrait, mais supérieurs aux attentes. La guidance annuelle du groupe ressort par ailleurs solide, Paychex évoquant une reprise plus rapide qu'escompté.

Dollar Tree (+1%), détaillant discount américain, va recruter plus de 25.000 personnes pour ses magasins et centres de distribution pendant les fêtes.

Macy's (+1%). La chaîne US de grands magasins va investir dans le groupe suédois de paiements en ligne Klarna, qui compte déjà BlackRock et... le rappeur Snoop Dogg comme investisseurs. Macy's entend ainsi fournir à sa clientèle le service 'buy now, pay later' permettant d'acheter des produits sans les payer immédiatement.

Southwest Airlines (+1%) a quant à lui demandé aux syndicats d'accepter des baisses de salaire pour éviter des licenciements ou du chômage partiel jusqu'en 2021, du fait bien évidemment des conséquences économiques de la crise sanitaire.

Pfizer (stable). L'Agence européenne des médicaments (EMA) a initié l'examen accéléré du vaccin contre le Covid-19 développé par l'Américain et son partenaire allemand BioNTech.

Gilead Sciences (stable). Les autorités britanniques ont annoncé que son antiviral, remdesivir, allait être administré en priorité aux cas graves de covid, face à une demande forte pour ce traitement.

AT&T (+1%). Sa filiale Warner Bros a reporté la sortie des films 'Dune' et 'The Batman'.

Chevron (+2%) procède à l'évacuation du personnel de ses plateformes situées dans le Golfe du Mexique et à la fermeture des installations avant le passage redouté de l'ouragan Delta.

Apple (-1%), le colosse californien de Cupertino, a arrêté selon Bloomberg de vendre les écouteurs et haut-parleurs sans fil à ses concurrents, dont Sonos, Bose et Logitech. Un tel mouvement signalerait l'intention du groupe de Tim Cook de lancer prochainement de nouveaux produits audio...

Plus généralement, les géants américains de la 'tech' Apple, Alphabet (stable) et autres Amazon (-1%) sont sous surveillance ce jour, alors que le rapport antitrust de la Chambre des représentants sur ces leaders technologiques contient un "appel à peine voilé à leur démantèlement", si l'on en croit le parlementaire républicain Ken Buck, dans un projet de réponse dont Reuters a eu connaissance.

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