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Wall Street soutenu par les ventes de détail et les comptes trimestriels

Wall Street soutenu par les ventes de détail et les comptes trimestriels
Wall Street soutenu par les ventes de détail et les comptes trimestriels
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine termine la semaine en hausse, les investisseurs saluant des signes d'accalmie du côté de l'inflation et de bonnes nouvelles concernant la consommation aux Etats-Unis. En outre, les résultats d'entreprises continuent de surpasser les attentes, notamment ceux de Goldman Sachs (+3%) et d'Alcoa (+16,5% !) Le pétrole poursuit son "rally", le Brent atteignant 85$ en séance, tandis que le bitcoin a dépassé les 60.000$ dans l'espoir d'un feu vert réglementaire à un premier ETF sur la "crypto".

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones grimpe de 1% à 35.266 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,7% à 4.469 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, avance de 0,43% à 14.887 pts. En Europe, les Bourses ont aussi été portées par les comptes du 3e trimestre et par le secteur pétrolier. A Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,63% à 6.727,52 pts.

Huit des 11 indices sectoriels du S&P 500 sont bien orientés vendredi, à commencer par les financières (+1,6%), les biens de consommation discrétionnaire (+1,4%), l'industrie (+0,9%) et l'énergie (+0,7%). Les technologiques gagnent 0,6% mais les services de communication reculent de 0,2%, sous le poids de Facebook, qui recule de 1,2%.

La dynamique de hausse des prix semble ralentir

Les marchés saluent la publication d'une progression surprise des ventes de détail aux Etats-Unis en septembre. Elles ont augmenté de 0,7% en comparaison d'août alors que le consensus tablait sur un léger recul de -0,1%. Hors automobile, les ventes grimpent même de 0,8%, contre 0,6% de consensus FactSet. Enfin, hors automobile et essence, ces ventes s'apprécient de 0,7% contre 0,4% de consensus de marché. La consommation ne semble donc pas pour l'instant avoir été perturbée par la hausse des prix de détail, qui a accéléré à 5,4% en septembre sur un an, après 5,3% en août et 5,3% attendu par le consensus des économistes.

Cependant, d'autres indicateurs font penser que le pic d'inflation pourrait enfin être proche après plusieurs mois d'envolée. Ainsi, l'indice américain des prix à l'import, publié vendredi, a progressé moins que prévu en septembre, de 0,4% sur un mois contre +0,6% de consensus. Il grimpe de 9,2% sur un an. L'indice des prix à l'export s'est apprécié de seulement 0,1% sur un mois contre 0,6% de consensus. Il bondit tout de même de 16,3% en glissement annuel.

Jeudi, les prix à la production avaient aussi augmenté moins que prévu (+0,5% sur un mois au lieu de +0,6% attendu). Même si elles ne portent que sur un mois, ces données font espérer que la dynamique de hausse des prix va ralentir, et que le pic d'inflation pourrait être atteint prochainement.

Les autres indicateurs publiés vendredi étaient moins encourageants. L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York a ainsi reculé à 19,8, en octobre contre 34,3 en septembre et un consensus de place de 25... Il signale donc un net ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région de New York.

La Fed prépare son "tapering" avant la fin de l'année

Par ailleurs, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a reculé en octobre à 71,4, contre un consensus de 74 et après 72,8 en septembre. Enfin, les stocks des entreprises américaines du mois d'août ont augmenté de 0,6% sur un mois, en ligne avec le consensus.

Les marchés semblent désormais avoir parfaitement digéré le fait que la Réserve fédérale se prépare à réduire le montant de son programme d'achat d'actifs (120 milliards de dollars par actuellement), sans doute à partir de novembre ou de décembre prochain, selon les Minutes de la Fed publiées mercredi.

Vendredi, le président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker (membre non-votant de la banque centrale), a déclaré qu'il faisait partie du camp qui pensait qu'il serait bientôt temps de procéder au "tapering". Ces achats d'actifs importants ont été nécessaires pour maintenir le fonctionnement des marchés pendant la phase aiguë de la crise sanitaire. Mais dans la mesure où les USA font maintenant face à un problème de main-d'oeuvre, le problème réside dans l'offre et non la demande, a notamment estimé M. Harker dans un discours virtuel devant le groupe informel d'économistes du Prosperity Caucus, à Washington DC.

En revanche, M. Harker ne s'attend à aucune hausse des taux d'intérêt avant la fin de l'année prochaine ou début 2023, à moins que la situation de l'inflation ne change radicalement.

La Banque centrale chinoise relativise l'inflation et les risques liés à Evergrande

De son côté, la Banque populaire de Chine s'est montrée rassurante ce vendredi à propos de plusieurs risques majeurs, dont celui de l'inflation, qu'elle a jugé "contrôlable", même si la hausse des coûts pourrait affecter les petites entreprises. Sun Guofeng, qui dirige le département de politique monétaire, a tout de même prévenu que l'inflation des prix à la production devrait rester élevée à court terme, avant de retomber vers la fin de l'année.

La banque centrale chinoise a aussi relativisé le risque de contagion lié aux déboires du colosse chinois de l'immobilier Evergrande, qui croule sous une dette d'environ 300 milliards de dollars, tout comme son impact potentiel sur le système bancaire chinois. Cet impact est jugé "maîtrisable", les expositions individuelles des institutions financières n'étant pas importantes d'après la BPC.

Les autorités chinoises ont appelé Evergrande à accélérer ses cessions d'actifs et à relancer ses projets immobiliers, selon Zou Lan, responsable des marchés financiers au sein de la banque. Selon lui, Evergrande s'est diversifié et développé sans discernement. Notons également que l'autorité de tutelle des sociétés d'audit de Hong Kong enquête sur les comptes 2020 d'Evergrande et sur sa publication du premier semestre 2021, ainsi que sur leur certification par PricewaterhouseCoopers. L'autorité s'interroge sur la sincérité des comptes et s'inquiète de la capacité du groupe à poursuivre ses opérations.

VALEURS A SUIVRE

Alcoa (+16,5% !), le géant américain de l'aluminium, a publié hier soir un profit record et annoncé la restauration de son dividende. Pour le troisième trimestre fiscal, le groupe a réalisé des revenus de 3,11 milliards de dollars, en croissance séquentielle de 10%, alors que le bénéfice net a atteint un record de 337 millions de dollars et 1,76$ par titre. Un an avant, les revenus étaient de seulement 2,37 milliards de dollars.

Le bénéfice net ajusté a progressé séquentiellement de 39% en comparaison du précédent trimestre, pour atteindre 391 millions de dollars. L'Ebitda ajusté hors éléments a atteint 728 millions de dollars, en hausse séquentielle de 18%. Le groupe a généré 435 millions de dollars de cash opérationnel sur le trimestre. Ainsi, le groupe a pleinement bénéficié de la hausse des prix de l'aluminium et de l'alumine. Son bénéfice ajusté trimestriel par action a été de 2,05$, contre 1,76$ de consensus. Le consensus de revenus était de 2,93 milliards de dollars...

Alcoa va payer un dividende de 10 cents par titre le 19 novembre prochain aux actionnaires enregistrés le 29 octobre. Il s'agira du premier dividende du groupe depuis 2016. Le groupe a aussi annoncé un programme de rachat d'actions de 500 millions de dollars.

Goldman Sachs (+3%), le géant américain de la banque d'affaires, n'a fait qu'une bouchée du consensus de marché sur le troisième trimestre fiscal, profitant notamment de la flambée de 88% des revenus de banque d'investissement. Goldman a publié des bénéfices pour les trois mois se terminant en septembre logés à 14,93$ par action, soit près de 55% de plus que l'an dernier, contre un consensus de 10,1$ par action. Les revenus du groupe ont augmenté de 26% à 13,6 milliards de dollars, dépassant nettement les prévisions des analystes, logées à 11,67 milliards de dollars. "Le troisième trimestre a été marqué par de solides performances opérationnelles et une accélération de notre investissement dans la croissance de Goldman Sachs", a résumé le directeur général David Solomon. "Nous avons annoncé deux acquisitions stratégiques dans nos activités de gestion d'actifs et de consommation qui renforceront notre taille et notre capacité à générer des rendements plus élevés et durables".

PNC Financial Services (-0,3%), le groupe bancaire américain, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal des revenus totalisant 5,2 milliards de dollars, contre 4,28 milliards un an avant et 4,67 milliards sur le précédent trimestre. Les reprises de provisions ont été de 203 millions de dollars sur le trimestre clos. Le bénéfice net a représenté 1,49 milliard de dollars soit 3,3$ par titre, contre 1,53 milliard pour la période correspondante de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a été de 3,75$, contre 2,64$ sur le trimestre antérieur. Le consensus était de 3,2$ de bénéfice ajusté par action et 5,03 milliards de revenus.

JB Hunt (+9,8%), le géant américain du transport de marchandises, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal 2021 des revenus totalisant 3,14 milliards de dollars, en augmentation de 27% en glissement annuel, pour un bénéfice opérationnel de 274 millions de dollars en très forte progression de 56%. Le bénéfice dilué par action pour le trimestre clos a été de 1,88$, contre 1,18$ un an avant. Le consensus était de 1,77$ de bpa ajusté pour 3,01 milliards de dollars de revenus trimestriels.

Virgin Galactic décroche de 15,6%. Le groupe de tourisme spatial de Richard Branson a repoussé le lancement de son service commercial complet de vol privé dans l'espace vers la fin de l'année prochaine. Le groupe entend ainsi travailler à améliorer ses véhicules spatiaux.

Moderna rechute de 3,5% malgré la recommandation positive, jeudi soir, d'un comité d'experts de la Food & Drug Administration sur la dose de rappel du vaccin anti-Covid-19 du laboratoire américain. La dose de rappel concernerait les personnes âgées de 65 ans et plus et celles présentant un risque élevé de développer des formes graves de la maladie ou étant particulièrement exposées au coronavirus. Le titre Moderna avait dans un premier temps réagi positivement à ces informations.

Tesla (+1,7%) est soutenu ce jour par une note de Jefferies, qui vient de relever son cours-cible de 850 à 950$. Le broker juge que le constructeur de véhicules électriques devrait produire entre 1,3 et 1,7 million d'unités en 2022-2023.

Apple (+0,5%). La Corée du Sud exhorte le groupe à la pomme à se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation sur les magasins d'applications en ligne qui interdit aux grandes plateformes d'imposer aux développeurs un système de paiement.

Amazon (+2,8%). La sénatrice Elizabeth Warren est très remontée contre le groupe de Jeff Bezos, en appelant à un démantèlement du géant du commerce en ligne après qu'une enquête de Reuters a révélé que le groupe s'était livré à une manipulation des résultats de recherche pour favoriser ses propres marques en Inde, quand il ne copiait pas les produits des autres vendeurs sur sa place de marché.

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