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Wall Street sous pression, Powell ne considère pas de taux négatifs

Wall Street sous pression, Powell ne considère pas de taux négatifs
Wall Street sous pression, Powell ne considère pas de taux négatifs
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine consolide désormais ce mercredi, alors que le président de la Fed Jerome Powell a dit craindre une période prolongée de faible croissance, et n'envisage pas par ailleurs de taux négatifs, au grand désespoir de Donald Trump. Le S&P500 abandonne désormais 0,13% à 2.866 pts, tandis que le DJIA perd 0,54% à 23.636 pts. Le Nasdaq se distingue tout de même dans le vert, en hausse de 0,57% à 9.054 pts. Sur le Nymex, le baril de brut WTI grappille 0,2% vers les 26$. Le Brent de la mer du Nord perd 0,5% sous les 30$. L'once d'or gagne 0,7% à 1.719$.

Les inquiétudes persistent concernant la pandémie, les investisseurs craignant une nouvelle vague épidémique avec la fin des confinements. En outre, la situation, qui semblait apaisée avec la Chine, se complique à nouveau. Enfin et surtout, Powell n'a pas vraiment rassuré ce jour, même s'il assure que la Fed demeure prête à utiliser tous ses outils.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nouveau coronavirus a contaminé 4,29 millions de personnes dans le monde depuis le début de l'épidémie et fait plus de 293.000 morts.

Aux Etats-Unis, le virus a frappé 1,37 million de personnes et fait plus de 82.000 morts. Les commentaires du Dr Anthony Fauci, l'un des experts médicaux majeurs de la Maison blanche, ont jeté un froid, ce dernier avertissant quant aux risques d'une réouverture prématurée de l'économie américaine, la pandémie n'étant toujours pas maîtrisée dans certaines régions.

Depuis le début de l'épidémie, 242 milliers de cas ont été dénombrés en Russie, 228 milliers en Espagne ou encore 231 milliers au Royaume-Uni (qui recense plus de 33.000 décès)... En Chine, sept nouveaux cas ont été confirmés aujourd'hui et la ville de Jilin, où ont été décelés six nouveaux cas, va imposer de nouvelles restrictions.

L'indice américain des prix à la production pour le mois d'avril 2020 est ressorti en forte baisse de 1,3% en comparaison du mois antérieur - contre -0,5% de consensus - et de 1,2% en glissement annuel. Hors alimentation et énergie, les prix à la production ont baissé de 0,3% par rapport au mois de mars, contre -0,1% de consensus de marché.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de mai 2020, qui mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes, est ressorti à +1,5%, contre +1,4% au mois d'avril 2020.

D'après le Département à l'Energie, les stocks pétroliers domestiques de pétrole pour la semaine close au 8 mai ont diminué de 0,7 million de barils à 531,5 mb, contre un consensus de +4,9 millions de barils. Les réserves d'essence ont également reculé de 3,5 millions de barils (contre une baisse de 2,2 mb anticipée par le consensus), alors que les stocks de produits distillés ont augmenté de 3,5 mb par rapport à la précédente semaine, contre une hausse de 2,9 mb attendue par le marché...

Notons par ailleurs que l'OPEP a réduit encore sa prévision de demande mondiale de pétrole pour cette année, du fait de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, et même si l'organisation juge que l'accord de réduction de production conclu avec d'autres producteurs commence à porter ses fruits. L'OPEP prévoit maintenant pour l'année une baisse de la demande mondiale de 9,07 millions de barils par jour, environ 9,1%.

L'intervention du président de la Fed Jerome Powell ce jour était particulièrement surveillée. Le leader de la banque centrale américaine constate l'ampleur et la rapidité 'sans précédent' de la crise, et estime que la reprise économique pourrait prendre du temps. Powell juge ainsi que des mesures additionnelles de politique monétaire pourraient bien être nécessaires pour faire face à cette crise inédite. La Fed utilisera selon lui ses instruments "dans leur totalité", jusqu'à ce que la crise soit maîtrisée et que la reprise soit bien engagée.

Powell admet que l'économie américaine fait face à des risques sans précédent, qui pourraient causer des dommages durables si les banquiers centraux ne faisaient pas front. Alors que le président américain Donald Trump réclame désormais des taux négatifs pour accompagner la reprise, Powell semble lui décider à poursuivre une politique très accommodante, sans fournir toutefois trop de détails. Les perspectives restent incertaines selon Powell, les risques 'baissiers' demeurant significatifs. Le président de la Fed ajoute qu'une plus ample aide fiscale pourrait se révéler nécessaire, afin de limiter les dommages à long terme.

"La reprise pourrait prendre un certain temps pour s'accélérer et le passage du temps pourrait transformer les problèmes de liquidité en problèmes de solvabilité", a déclaré Powell mercredi dans ses remarques préparées pour un événement virtuel organisé par le Peterson Institute for International Economics à Washington.

Powell a pointé du doigt le risque de faillites massives, ainsi que celui du chômage élevé. Ainsi, les banquiers centraux pourraient devoir faire plus encore pour éviter un impact durable et profond. Le leader de la Fed fait état d'une étude montrant que près de 40% des foyers américains gagnant moins de 40.000$ annuels auraient perdu un emploi en mars.

"De longues périodes de chômage peuvent nuire à la carrière des travailleurs ou y mettre fin, car leurs compétences perdent de leur valeur et les réseaux professionnels se tarissent, laissant les familles plus endettées", a déclaré Powell. "La perte de milliers de petites et moyennes entreprises à travers le pays détruirait le travail de la vie et l'héritage familial de nombreux chefs d'entreprise et leaders communautaires et limiterait la force de la reprise quand elle arrivera", s'est inquiété Powell.

"Bien que la réponse économique ait été à la fois opportune et suffisamment importante, ce n'est peut-être pas le dernier chapitre, étant donné que la voie à suivre est à la fois très incertaine et soumise à d'importants risques", a ajouté le timonier de la Fed.

Powell a ajouté que la banque centrale continuerait à utiliser pleinement ses outils jusqu'à ce que la crise soit passée et que la reprise économique soit en bonne voie, mais a averti qu'elle ne pouvait que consentir des prêts et non pas dépenser de l'argent. "Lorsque cette crise sera derrière nous, nous mettrons ces outils d'urgence de côté", a insisté Powell.

Pour Powell, le taux de chômage aux USA pourrait atteindre son pic d'ici un mois environ et baisser ensuite rapidement. L'économie américaine peut revenir à une situation de chômage très bas et d'inflation faible, mais cela prendra du temps. Une reprise lente pourrait conduite la Banque à prendre de nouvelles mesures de soutien. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas selon lui le moment de donner la priorité aux inquiétudes sur la dette publique...

La Fed est selon lui disposée à innover et à s'adapter à l'évolution de la situation, mais ajoute, en réponse à Trump, que les éléments disponibles sur les taux négatifs "sont très mitigés". Cette réaction n'est pas vraiment une surprise, mais pèse quelque peu sur les indices boursiers. La Fed dispose selon Powell des outils adéquats pour répondre à la crise. Ce sont donc ceux-là qu'elle entend utiliser. Autrement dit, la Banque entend utiliser en priorité les outils déjà testés. Le président de la Fed explique bien que l'opinion de la Banque sur les taux négatifs n'a pas changé. Ce n'est pas, selon Powell, un sujet auquel elle réfléchit.

La Bourse de New York avait fini en nette baisse hier soir après l'avertissement du Dr Anthony Fauci, le principal conseiller santé de la Maison Blanche, contre les conséquences "très graves" en cas de déconfinement trop hâtif face au Covid-19. L'immunologue réputé rejoint ainsi de nombreux membres de la Réserve fédérale, qui ont eux aussi multiplié ces derniers jours les messages de prudence face aux risques encourus en cas de 2e vague de pandémie de coronavirus. De son côté, Donald Trump continue de multiplier les encouragements à une réouverture de l'économie américaine.

Lors d'une audition devant le Sénat par visioconférence, le Dr Fauci a estimé mardi que "les conséquences pourraient être très graves" en cas de déconfinement trop rapide dans un Etat américain, une ville ou une région. Si l'économie redémarre en des lieux qui "n'ont pas la capacité d'y répondre efficacement (à la crise sanitaire : ndlr), je crains que nous ne voyions des petites poussées qui pourraient devenir des épidémies" de coronavirus, a-t-il ajouté.

"Nous ne savons pas tout sur ce virus, et nous devrions vraiment faire très attention, particulièrement au sujet des enfants", a-t-il encore déclaré. "Il faut être prudent à l'heure [...] de penser que les enfants sont complètement immunes à ses effets nocifs", a-t-il insisté. Il a aussi averti que le bilan aux Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie, était "probablement plus élevé" que les 80.000 morts officiels, notamment en prenant en compte les cas de personnes décédées chez elles.

Lundi, le Dr Fauci avait lancé un avertissement encore plus sombre, en déclarant au 'New York Times' que les Etats-Unis risqueraient de connaître "des morts et de la souffrance inutiles" s'ils levaient les restrictions "de façon prématurée".

La prudence du Dr Fauci, une personnalité très respectée aux Etats-Unis, contraste avec l'impatience affichée ces dernières semaines par Donald Trump en vue de faire "rouvrir l'économie américaine". Mardi matin, le président américain a encore tweeté avec enthousiasme que "notre capacité de tests est la meilleure du monde, de loin. Les chiffres baissent dans la plupart des régions de notre pays, qui veut rouvrir et redémarrer. C'est ce qui est en train de se passer, en toute sécurité !", a-t-il estimé.

Le président a multiplié les tweets sur un éventail de sujets, appelant notamment une nouvelle fois de ses voeux des taux négatifs de la part de la Fed. "Tant que d'autres pays bénéficient des avantages des taux négatifs, les Etats-Unis devraient également accepter le 'CADEAU'", a-t-il lancé.

Il a aussi salué le récent rebond des cours du pétrole. "Les prix du Pétrole Brut augmentent alors que l'Arabie saoudite réduit ses niveaux de production. Nos grandes Compagnies d'Energie, avec des millions d'EMPLOIS, recommencent à bien paraître. Dans le même temps, les prix de l'essence sont à des niveaux historiquement bas (comme une grosse Baisse d'Impôt). Le MEILLEUR des Mondes. 'Transition vers la grandeur'".

Les valeurs

BlackRock, qui abandonnait 7,8% en clôture hier à Wall Street, se reprend de 5% ce mercredi. PNC Financial Services, qui détenait plus de 22% du capital du géant de la gestion d'actifs, va donc vendre la totalité de ses parts avec une copieuse plus-value, après deux décennies de présence au tour de table. Selon le directeur général de PNC, William Demchak, le moment était donc venu. Il est probable que la firme désire renforcer ses liquidités afin de faire face à la crise actuelle. PNC pourrait aussi en profiter pour opérer une large acquisition, durant cette période perturbée. Durant la crise de 2008, le groupe en avait profité pour acquérir National City Corp. PNC était entré au capital de BlackRock en 1995.

GrubHub consolide de 4%, après avoir bondi de 29% hier à Wall Street, sur des rumeurs de négociations en vue d'un rachat par le groupe de VTC Uber. La cotation du titre du livreur de repas (qui a flambé de plus de 36% en séance) a été suspendue pendant une partie de la journée. Selon une source proche du dossier citée par l'agence 'Reuters', Uber serait en discussions avancées pour racheter la société de livraisons de repas basée à Chicago par le biais d'une transaction en actions, corroborant des informations publiées plus tôt par le Wall Street Journal.

Selon le Wall Street Journal et CNBC, GrubHub pourrait accepter une offre de 2,15 titres Uber pour une action GrubHub, ce qui valoriserait la société plus de 6 Mds$. Dans un communiqué envoyé à CNBC, GrubHub n'a pas confirmé ces négociations, mais a indiqué mardi soir que la société étudiait "les opportunités créatrices de valeur", et estimait qu'une consolidation du secteur de la livraison alimentaire "faisait du sens"... Les activités de livraison de repas à domicile ont connu un vif essor depuis la crise du coronavirus, qui a dopé les commandes des internautes confinés. L'activité Uber Eats, activité de livraison de repas à domicile d'Uber, a ainsi vu son chiffre d'affaires grimper de plus de 50% au premier trimestre sur un an, à 819 millions de dollars, à la faveur des restrictions de déplacements imposées dans de nombreux pays...

Tesla gagne 1% à Wall Street, alors que le comté d'Alameda, en Californie, pourrait autoriser le groupe d'Elon Musk à rouvrir son usine de Fremont dès la semaine prochaine. Des responsables du comté ont ainsi annoncé ce jour que le groupe pourrait rouvrir dès la semaine prochaine s'il mettait en application certaines recommandations additionnelles de sécurité. L'Alameda County Public Health Department semble donc mieux luné, après avoir pris connaissance de plans spécifiques de sécurité Covid-19 de Tesla pour son site de Fremont. Le département de santé du comté dit ainsi avoir mené des discussions productives avec des représentants de Tesla à propos des plans de sécurité et prévention.

"Tesla redémarre la production aujourd'hui contre les règles du comté d'Alameda. Je serai sur la ligne de production avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit seulement moi", avait tweeté Elon Musk avant-hier, furieux contre le comté qui lui interdisait de rouvrir. "Oui, la Californie a approuvé, mais un fonctionnaire non élu du comté a illégalement outrepassé. De plus, toutes les autres sociétés automobiles aux États-Unis sont autorisées à reprendre. Seul Tesla a été sanctionné. C'est super foiré!", avait ajouté Musk.

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