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Wall Street sous pression, avec les craintes de ralentissement économique

Wall Street sous pression, avec les craintes de ralentissement économique
Wall Street sous pression, avec les craintes de ralentissement économique
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est orienté dans le rouge ce lundi, prudent sur fond d'inquiétudes concernant la croissance mondiale et les tensions commerciales. Le S&P500 abandonne 0,69% à 2.582 pts et le DJIA perd 0,57% à 23.962 pts. Le Nasdaq recule de 0,38% à 6.885 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises, fléchit de 0,2% à 96,7. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de janvier) cède encore 1,2% à 50,9$, effaçant ses gains initiaux.

Alors que les investisseurs 'jouent' de plus en plus le scénario d'un ralentissement économique prononcé aux Etats-Unis et au niveau mondial, les anticipations de hausse des taux se font évidemment moins prononcées. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la Fed devrait procéder ce mercredi à sa quatrième hausse des taux de l'année 2018, portant ainsi le taux des fonds fédéraux entre 2,25 et 2,50% (probabilité de 78,4%). La suite des événements est plus incertaine, l'hypothèse d'une pause étant désormais considérée.

Selon FedWatch, il n'y aurait plus qu'une chance sur trois que la Banque porte ses taux entre 2,50 et 2,75% le 20 mars. Cette date était encore pressentie tout récemment comme celle du premier resserrement monétaire de l'année 2019. La probabilité la plus importante est maintenant celle d'un statu quo (près de 59% de 'proba' d'un taux de 2,25 à 2,50%).

Spectre de la récession outre-Atlantique

Le risque qu'une récession américaine intervienne dans les deux prochaines années aurait progressé à 40%, d'après un sondage d'économistes réalisé par Reuters et relayé en fin de semaine dernière. Il s'agit de la plus forte probabilité ressortant du sondage depuis le mois de mai... Avant cela, il faut remonter à... janvier 2008 pour retrouver un tel risque de récession !

L'aplatissement de la courbe US des taux et la réduction du spread entre les rendements à deux et dix ans (coûts d'emprunt à court et long terme) constituent des signaux alarmants, selon certains spécialistes...

Pressions de Trump

Le Président américain Donald Trump, quant à lui, n'a eu de cesse ces dernières semaines et mois de mettre la pression sur l'actuel dirigeant de la Fed, Jerome Powell, afin qu'il opte pour une politique monétaire plus souple et donc plus propice à l'expansion économique.

Le Président américain en a 'remis une couche' ce lundi sur Twitter, affirmant ainsi : "C'est incroyable qu'avec un dollar très fort et pratiquement aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur la pente descendante, la Fed puisse seulement penser à une nouvelle hausse de taux d'intérêt".

Tensions commerciales

Washington et Pékin ont porté lundi leurs divergences commerciales devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), explique Reuters ce lundi. Zhang Xiangchen, ambassadeur de Chine, a déclaré que les mesures prises par l'administration Trump sous couvert de protéger la sécurité nationale des Etats-Unis, étaient en train de "ressusciter le fantôme de l'unilatéralisme". S'exprimant avant lui devant l'OMC, l'ambassadeur américain Dennis Shea avait dénoncé les "pratiques concurrentielles déloyales" de la Chine portant préjudice aux entreprises et aux salariés étrangers en violation des règles de l'OMC.

Ces échanges musclés tempèrent donc les ardeurs des marchés, qui avaient apprécié l'apparente progression récente des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Empire State et indice de l'immobilier sans relief

L'indice manufacturier 'Empire State' de la Fed de New York pour le mois de décembre 2018 est ressorti à 10,9, largement inférieur aux attentes puisque le consensus se situait à 21. L'indicateur était logé à 23,3 un mois plus tôt. Sa forte baisse en comparaison du mois antérieur traduit un assez net ralentissement de l'activité en fin d'année dans la région.

L'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders (NAHB) pour le mois de décembre 2018, qui vient lui aussi d'être révélé, est ressorti à 56, contre un consensus de place logé à 61 et un niveau de 60 pour le mois de novembre 2018. Après la chute soudaine du mois de novembre (plongeon de 8 points), la tendance particulièrement baissière se confirme donc ce lundi.

Quelques annonces de résultats sont également à suivre ce soir, parmi les entreprises cotées à Wall Street. Ainsi, Oracle et Red Hat publieront après la clôture de la place américaine.

Google (Alphabet -1%) a annoncé à son tour un projet d'investissement de plus d'un milliard de dollars dans un nouveau campus new-yorkais, 'Google Hudson Square', d'une superficie de 15 hectares. Le groupe, qui avait déjà acquis en début d'année le groupement immobilier Chelsea Market de Manhattan pour 2,4 Mds$, estime que le nouveau site de New York devrait être opérationnel en 2020.

Apple (+1%) avait déjà annoncé en fin de semaine dernière un investissement comparable d'un milliard de dollars pour la construction d'un second campus au Texas, dans le nord d'Austin. Le groupe de Cupertino va aussi consacrer 10 milliards de dollars à de nouveaux centres de données sur les cinq prochaines années. L'ambition du groupe est de créer 20.000 emplois aux Etats-Unis, où il compte actuellement environ 90.000 salariés. Le nouveau campus texan d'Apple abritera 5.000 nouveaux salariés dans un premier temps, avec une capacité d'expansion jusqu'à 15.000 employés.

Apple entend aussi établir des sites à Culver City, San Diego et Seattle, et renforcer sa présence à Boulder et Pittsburgh dans les trois prochaines années. 1.000 emplois de plus sont programmés à Culver City, San Diego et Seattle.

Donald Trump a salué sur Twitter les annonces d'Apple. "Merci à Tim Cook d'avoir accepté d'étendre ses opérations aux Etats-Unis et de créer ainsi des milliers d'emplois", a ainsi lancé Trump vendredi soir.

Amazon (-2%). Amazon Web Services, Inc. (AWS) annonce l'ouverture de la région AWS Europe (Stockholm). Grâce à ce lancement, AWS assure désormais 60 zones de disponibilité dans 20 régions d'infrastructures à travers le monde, avec 12 autres zones de disponibilité sur quatre régions qui seront toutes ouvertes d'ici le premier semestre 2020 au Bahreïn, à Hong Kong RAS, en Italie et en Afrique du Sud. La région AWS Europe (Stockholm) est la cinquième d'AWS en Europe, rejoignant ainsi les régions existantes en France, en Allemagne, en Irlande, et au Royaume-Uni.

Boeing (+1%) et Embraer ont finalisé les termes de leur accord en vue de l'acquisition par l'avionneur américain d'une participation de 80% dans la division d'aviation civile du groupe brésilien, dont la valeur a été revue de 4,75 milliards de dollars à 5,26 Mds$. La transaction reste soumise à l'approbation du gouvernement brésilien, après quoi les deux groupes pourront signer les documents définitifs de la transaction. La clôture de l'opération sera alors assujettie à l'approbation des actionnaires et aux organismes de réglementation habituels. Le président élu du Brésil Jair Bolsonaro, et son entourage, se sont jusqu'ici montrés favorables à ce deal.

Embraer table sur une finalisation de l'opération d'ici la fin de l'année prochaine. Les autres termes de l'accord dévoilés lundi sont inchangés par rapport à juillet. Le partenariat devrait être neutre sur le bpa de Boeing en 2020 et relutif par la suite. Des synergies de coûts annuelles avant impôts d'environ 150 millions de dollars sont anticipées d'ici la troisième année de collaboration entre les parties.

Goldman Sachs corrige de 2%, alors que la Malaisie accuse le géant américain de la banque d'affaires du vol de milliards de dollars provenant du fonds de développement du pays. La Malaisie entend demander des peines d'emprisonnement et des milliards d'amendes à Goldman et quatre autres intervenants qui auraient détourné environ 2,7 milliards de dollars de 1Malaysia Development Bhd. Un porte-parole de GS a démenti les accusations, alors que la banque dit continuer à coopérer avec les autorités.

Johnson & Johnson (-2%) reste sous surveillance, après avoir chuté de plus de 10% vendredi avec l'affaire du talc à l'amiante. Au total, le groupe fait l'objet de poursuites par 11.700 clients, dont des milliers de femmes atteintes de cancer des ovaires, selon cette enquête. Les analystes estiment que ce scandale pourrait durablement porter atteinte à la réputation de J&J et coûter au groupes des milliards de dollars en pénalités légales.

Best Buy (-2%) trébuche, Bank of America Merrill Lynch ayant abaissé sa recommandation sur le dossier à 'sous-performance', évoquant un recul des ventes de produits électroniques, et en particulier de celles des iPhones.

Intel (+1%). Le fonds Thoma Bravo est en discussion préliminaire pour racheter la société de logiciels de sécurité McAfee à TPG Capital et Intel, selon les sources de Reuters. Les négociations venant de débuter, il n'y a aucune garantie qu'elles aboutissent, ajoute CNBC. Intel avait acquis McAfee en 2011 pour 7,7 Mds$, avant de revendre l'an dernier une participation de 51% à TPG pour une valeur d'entreprise de 4,2 Mds$.

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