Cotation du 17/08/2018 à 22h49 Dow Jones Industrial +0,43% 25 669,32
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Wall Street sous pression, avec le pétrole et la guerre commerciale

Wall Street sous pression, avec le pétrole et la guerre commerciale
Wall Street sous pression, avec le pétrole et la guerre commerciale
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, porté surtout hier soir par la flambée spéculative de 11% du titre Tesla, consolide désormais ce mercredi. Dow Jones et S&P500 sont orientés en retrait, avec la poursuite de l'affrontement commercial entre Washington et Pékin et le recul des cours du brut... Le DJIA perd 0,11% à 25.600 pts, alors que le S&P500 cède 0,14% à 2.854 pts. Le Nasdaq grappille par contre 0,1% à 7.894 pts.

Reprise de souffle sur les sommets

Les sommets historiques sont très proches sur la cote américaine. Le S&P500, indice large américain, devrait renouer sous peu avec ses 'pics' du mois de janvier 2018 (sommet de 2.873 pts inscrit le 26 janvier). Il clôturait hier soir sur un gain de 0,3% à 2.858 pts.

L'indice phare chinois, le SSE Composite, qui s'était envolé hier de 2,7%, affichant sa plus forte hausse en deux ans, est retombé ce matin de 1,3% à 2.744 pts.

L'affrontement se poursuit entre Washington et Pékin

Les États-Unis ont annoncé hier mardi que des prélèvements douaniers de 25% allaient être imposés sur 16 Mds$ de marchandises supplémentaires importées de Chine, dès le 23 août.

Comme prévu, le ministère chinois au commerce a répliqué ce mercredi par des droits de douane de 25% sur un montant équivalent de 16 milliards de dollars de produits américains. Les représailles prendront également effet le 23 août et porteront sur plus de 300 produits américains dont le diesel, le charbon, des produits médicaux, mais aussi des produits sidérurgiques ou des automobiles (...).

La Chine, s'élevant contre "l'extorsion commerciale" pratiquée par l'administration Trump, avait auparavant indiqué avoir identifié plus de 5.000 produits importés des USA qui pourraient être taxés, représentant un montant d'environ 60 Mds$.

Chine et Etats-Unis se sont déjà imposés des prélèvements réciproques sur 34 Mds$ de marchandises. Pékin a comme prévu répondu ce jour de manière proportionnée aux 16 Mds$ additionnels promis par l'administration américaine.

De plus, l'administration Trump prévoit de mettre en place des taxes additionnelles de 25% portant sur 200 Mds$ de produits importés de Chine, si Pékin poursuit son offensive.

Trump résolument confiant

Sur le réseau social Twitter, le Président américain Donald Trump a expliqué il y a quelques jours que les prélèvements douaniers supplémentaires infligés aux partenaires allaient permettre aux USA de commencer à rembourser des portions importantes de la dette nationale accumulée de 21.000 milliards de dollars, dont la majeure partie est attribuée à l'administration Obama.

En outre, les tarifs douaniers fonctionneraient particulièrement bien selon Trump, alors que chaque pays tentait auparavant de retirer de la richesse au détriment des USA. "S'ils ne veulent pas être taxés, laissons-les faire ou construire le produit aux Etats-Unis. Dans chaque hypothèse, cela produira des emplois et une grande richesse..."

Dans un autre registre, Donald Trump vient de rétablir les sanctions contre l'Iran. Washington met donc en application une première série de sanctions contre Téhéran, afin de maintenir la pression sur le pays après le retrait des USA de l'accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien. Ce rétablissement des sanctions ne constitue pas une surprise. "Ceux qui feront des affaires avec l'Iran ne feront PAS affaire avec les Etats-Unis", a lancé Trump sur Twitter. "Je demande la PAIX DANS LE MONDE, rien de moins!", a asséné le Président américain.

Les cours du brut retombent

Sur le Nymex américain, le baril de brut WTI retombe de 2,1% désormais à 67,7$, alors que le Brent perd 1,9% à 73,2$... D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'énergie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 1,4 million de barils sur la semaine close au 3 août, à 407,4 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 2,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont eux progressé de 2,9 millions de barils contre un repli de 1,7 million anticipé, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 1,2 million de barils.

Nouvelle salve de trimestriels

3D Systems, Walt Disney, Match Group et Snap Inc, publiaient leurs comptes trimestriels après bourse hier à Wall Street. CVS Health, Liberty Media, Mylan, Michael Kors ou Thomson Reuters, ont annoncé avant bourse ce jour. Yelp et 21st Century Fox publient après la clôture.

Tesla et Disney sous pression, Snap chute, Match (Tinder) flambe

Tesla consolide de 1%, après sa flambée de la veille. Le titre s'était envolé hier de pratiquement 11% dans un volume exceptionnel, pour une capitalisation désormais logée à 64 milliards de dollars. Elon Musk, le patron du groupe américain vedette du segment de l'automobile électrique, a mis le feu aux poudres par plusieurs tweets, postés en pleine séance (!), faisant état de sa volonté de sortir son groupe de la cote à un prix de 420$. Le groupe a ensuite communiqué plus clairement durant une brève suspension du cours à Wall Street, avant une courte reprise de cotation pour terminer la journée...

"Je considère une sortie de la cote de Tesla à 420$. Financement sécurisé", avait donc tweeté le charismatique leader de Tesla durant la soirée. Cette proposition de sortie de la cote serait soumise à un vote des actionnaires. "Si le processus se termine comme je l'attends, un Tesla sorti de la cote constituerait une énorme opportunité pour nous tous. Quoi qu'il en soit, l'avenir est très prometteur et nous continuerons à nous battre pour réaliser notre mission", ajoutait Musk, dont l'opération valoriserait Tesla environ 71 milliards de dollars.

Selon Bloomberg, le CEO aurait besoin de 66 Mds$ pour la finaliser. Justement, les investisseurs pourraient prendre leurs profits ce jour, certains s'interrogeant sur le financement d'un tel 'deal' et la réaction éventuelle des régulateurs... Le timing des annonces de Musk coïncide également avec des révélations du 'Financial Times', selon lequel l'Arabie saoudite, via un fonds souverain, aurait construit une participation de 2 milliards de dollars au capital de Tesla. Le fonds d'investissement public saoudien aurait ainsi acquis 3% à 5% du capital du groupe californien...

Walt Disney (-2%) fléchit à Wall Street ce jour, au lendemain des résultats. Le groupe peine toujours à faire face à la montée en puissance des grands acteurs du streaming. Son propre service en la matière est attendue en fin d'année 2019... Le colosse américain des médias et du divertissement a publié hier soir, pour son second trimestre fiscal, un bénéfice net de 2,92 milliards de dollars soit 1,95$ par titre, pour des revenus de 15,2 Mds$ à comparer aux 14,2 Mds$ de l'année antérieure. Après ajustements, le bpa s'est élevé à 1,87$, contre 1,58$ un an plus tôt et 1,95$ de consensus. Le consensus de revenus était de 15,3 Mds$. Les réseaux média ont dégagé des revenus de 6,16 Mds$ (5,87 Mds$ un an avant). Le segment des parcs et resorts a généré 5,19 Mds$ de ventes (+6%).

Ainsi, le groupe a donc manqué le consensus pour le trimestre clos. Robert Iger, patron de Disney, préfère ne pas épiloguer et se concentrer sur l'acquisition des actifs de la 21st Century Fox, dossier sur lequel le groupe vient de l'emporter face à Comcast. L'autre perspective majeure pour Disney concerne la mise en place du service tant attendu de streaming. Iger juge que le groupe dispose des marques et du contenu pour être extrêmement compétitif, même face à Netflix, Amazon, "ou qui que ce soit d'autre sur le marché". En récupérant les marques de Fox et ses actifs créatifs, Disney entend rendre ses produits encore plus attractifs pour les consommateurs. Le dirigeant évoque les réseaux FX ou National Geographic de la Fox, ainsi que Fox Searchlight, et surtout les studios cinématographiques de sa proie, qui lui permettront de renforcer certaines franchises.

Twenty-First Century Fox (-1%), qui tente de mettre la main sur la totalité du Britannique Sky, a rendu officiel son offre à 14 livres par action. Dans le document dévoilé par le groupe américain, on apprend que la firme propose une OPA classique plutôt qu'une procédure d'arrangement. Une opération qui pourra permettre à Fox d'utiliser sa participation existante de 39% dans la société britannique pour arriver à un taux d'acceptation de 50%. L'offre du groupe de Rupert Murdoch, de 24,5 milliards de livres, reste néanmoins inférieure à celle de Comcast qui propose 14,75$ par titre, soit 26 Mds£, pour racheter Sky... Dans un communiqué, Sky a dit avoir accusé réception du document de Fox et a ajouté que son comité indépendant chargé d'évaluer les offres d'achat y répondra dans les 14 jours.

Snap (-5%) tangue au lendemain des résultats trimestriels. Le groupe a révélé des revenus supérieurs aux attentes mais souffre, pour la première fois, d'une érosion du nombre quotidien d'utilisateurs du réseau social Snapchat. Par ailleurs, le Prince Al-Walid ben Talal a annoncé hier soir, après la publication des comptes trimestriels, un accord de 250 M$ finalisé en mai pour l'acquisition de 2,3% du capital de Snap. Au second trimestre, le nombre quotidien d'utilisateurs de Snapchat a reculé à 188 millions, contre 191 millions pour le trimestre antérieur.

Evan Spiegel, le directeur général de Snap, explique ce fléchissement par la refonte récente de l'application destinée à encourager les utilisateurs à interagir avec des vidéos sponsorisées. Cette évolution aurait donc été profitable en termes de revenus, et devrait, si l'on en croit le dirigeant, soutenir la croissance future de l'engagement. D'après les données 'Reuters', il s'agit néanmoins de la première baisse historique du nombre d'utilisateurs sur un trimestre. Les revenus trimestriels se sont établis à 262 millions de dollars, contre 250 M$ de consensus. Le revenu moyen par utilisateur s'est envolé à 1,40$, contre 1,05$. La perte nette demeure quant à elle copieuse à 353 M$, soit 27 cents par action. Le groupe californien a affiché une perte ajustée par action de 14 cents sur le trimestre clos, contre -17 cents de consensus. Sur le trimestre entamé, les revenus sont attendus entre 265 et 290 M$.

Michael Kors (+6%) progresse à Wall Street, après des comptes supérieurs aux attentes, soutenus par Jimmy Choo. Le groupe a par ailleurs relevé ses prévisions financières. Michael Kors a annoncé pour le premier trimestre fiscal un bénéfice net, part du groupe, de 186 M$ soit 1,22$ par action, contre 126 M$ et 80 cents par titre un an avant. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,32$, contre 95 cents de consensus. Les revenus ont grimpé de 26% à 1,2 Md$, contre 1,14 Md$ de consensus de place. Le bénéfice annuel est désormais anticipé entre 4,90 et 5$ par action, contre une guidance antérieure allant de 4,65 à 4,75$.

Thomson Reuters (+2%) a confirmé ses estimations pour l'exercice 2018, et dit voir une finalisation de l'opération Blackstone au quatrième trimestre. Sur le second trimestre, les revenus du groupe se sont appréciés de 2% à 1,31 Md$, contre 1,28 Md$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 17 cents, contre 19 cents un an plus tôt et 11 cents de consensus. Rappelons que Thomson Reuters avait conclu en janvier un accord pour la cession de 55% de son unité Financial & Risk à Blackstone. Le 'closing' est donc attendu sous peu.

CVS Health (+4%) progresse sur la cote américaine. Les profits trimestriels du groupe ont dépassé les attentes. Le détaillant pharmaceutique, qui avait accepté en décembre le rachat de l'assureur Aetna pour 69 Mds$, a déploré pourtant une perte trimestrielle part du groupe de 2,56 Mds$, 2,52$ par titre, contre un bénéfice de 1,1 Md$ un an avant. Les comptes ont été plombés par une charge de 3,9 Mds$ pour dépréciation du goodwill. Le bpa ajusté s'est élevé à 1,69$, contre 1,61$ de consensus. Les revenus à comparable ont grimpé de 5,9% en glissement annuel. Les revenus consolidés se sont appréciés de 2% à 46,7 Mds$, contre 46,3 Mds$ de consensus. Le bpa ajusté annuel est anticipé désormais entre 6,98 et 7,08$. La finalisation du rachat d'Aetna est attendue durant le T3 ou au début du quatrième trimestre.

General Electric (-1%). GE Capital, branche financière de General Electric, a annoncé ce jour la cession attendue de son unité de services financiers dans l'énergie, GE Energy Financial Services, à Starwood Property Trust, pour un montant de 2,56 milliards de dollars. Cette opération entre dans le cadre du recentrage de GE. L'accord scellé avec Starwood prévoit également un transfert du portefeuille de prêts de GE Energy Financial Services. La finalisation est attendue durant le troisième trimestre.

3D Systems (+34%) s'envole à Wall Street, après la publication des comptes trimestriels du groupe. Pour le second trimestre, le concepteur d'imprimantes 3D a affiché des revenus en augmentation de 11%, mais un bénéfice ajusté par action en retrait de 25%. La perte nette totalise 9 M$ et 8 cents par titre sur le trimestre clos. Le groupe américain basé à Rock Hill, en Caroline du Sud, a dégagé un bpa ajusté trimestriel de 6 cents, alors que les analystes de la place n'anticipaient toutefois qu'un simple équilibre. Les revenus ont totalisé 177 M$, contre 166 M$ de consensus et 160 M$ un an auparavant. Les ventes d'imprimantes 3D ont grimpé de plus de 40% en glissement annuel, dopant la performance du groupe.

Match Group (+18%) bondit à Wall Street, saluant les résultats du groupe. Les comptes de Match ont été en particulier dopés par les résultats de l'application de rencontre Tinder, qui a récupéré encore des milliers d'utilisateurs payants durant le second trimestre fiscal. Match a ainsi aisément dépassé les attentes de Wall Street, rehaussant dans la foulée ses prévisions financières. Le groupe de Dallas table maintenant sur des revenus annuels allant de 1,68 à 1,72 Md$, alors que la guidance antérieure allait de 1,6 à 1,7 Md$. Les revenus du second trimestre se sont appréciés de 36% à 421 M$, contre 413 M$ de consensus. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires s'est envolé à 133 millions de dollars, contre 51 millions de dollars un an avant. Enfin, le bénéfice ajusté par action a représenté 41 cents, contre 35 cents de consensus.

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