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Wall Street secoué par la flambée du pétrole

Wall Street secoué par la flambée du pétrole
Wall Street secoué par la flambée du pétrole
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine corrige logiquement avant bourse ce lundi, plombée par la flambée des cours du brut, à deux jours du verdict de la Fed qui tient demain et mercredi sa réunion de politique monétaire. Le S&P500 est attendu en repli de 0,3%, alors que le Nasdaq perd 0,6%. Le Dow Jones abandonne 0,4%. Sur le marché des changes, l'indice dollar prend encore 0,2% à 98,4. Les cours du pétrole s'envolent quant à eux de plus de 10% à l'heure actuelle !

Donald Trump s'en est pris à l'Iran dans un tweet du jour consécutif aux événements du week-end en Arabie saoudite. "Rappelez-vous lorsque l'Iran avait abattu un drone, affirmant avec assurance qu'il était dans leur 'espace aérien' alors qu'en fait, il n'était nulle part dans cette zone. Ils se sont fermement raccrochés à cette version tout en sachant qu'il s'agissait d'un très gros mensonge. Maintenant, ils disent qu'ils n'ont rien à voir avec l'attaque contre l'Arabie saoudite. Nous verrons?"

"Parce que nous avons fait si bien durant les quelques dernières années en matière d'Energie (merci, Monsieur le Président!), nous sommes devenus un Exportateur net d'Energie, & maintenant le Premier Producteur Mondial d'Energie. Nous n'avons pas besoin du Pétrole & du Gaz du Moyen-Orient, & nous n'avons en fait que très peu de pétroliers là-bas, mais nous aiderons nos Alliés!", avait lancé le leader américain plus tôt ce jour.

L'envolée des prix du brut se confirme ce lundi, le baril WTI s'adjugeant actuellement 10% à 60,3$ sur le Nymex, contre un bond de 11% à 66,7$ sur le Brent de la mer du Nord, après les attaques de drones ce week-end contre des installations pétrolières en Arabie saoudite qui ont réduit de moitié la production de pétrole du royaume.

Goldman Sachs estime que si la situation se prolongeait plus de six semaines en Arabie, les prix du Brent pourraient rapidement franchir les 75$ le baril... L'Organisation des pays exportateurs de pétrole dit pour sa part évaluer l'impact sur le marché de ces attaques contre des installations saoudiennes et estime prématuré de prendre une décision. C'est ce qu'ont déclaré ce lundi le ministre de l'Energie des Emirats arabes unis et d'autres sources citées par Reuters.

Rappelons que l'Arabie saoudite est le plus gros exportateur mondial de pétrole. Les attaques contre deux installations stratégiques de la compagnie Aramco ont amputé la production de 5,7 millions de barils par jour, soit près de la moitié de la production saoudienne. Aramco a promis un état des lieux dans 48 heures (ce qui voudrait dire aujourd'hui !).

Donald Trump a promptement réagi et autorisé les USA à puiser dans leurs réserves. Les Etats-Unis croient savoir qui est derrière les attaques qui ont visé des installations pétrolières saoudiennes et sont "prêts à agir", a précisé sur Twitter le leader américain, après qu'un haut responsable de son administration a imputé la responsabilité des attaques à l'Iran. "Nous avons des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes prêts à agir en fonction des vérifications, mais nous attendons du Royaume qu'il nous dise qui, selon eux, est à l'origine de cette attaque et de quelle manière nous allons procéder!".

Le président américain a donc autorisé le recours aux réserves pétrolières stratégiques domestiques après ces attaques, revendiquées par les Houthis, alliés de l'Iran, contre lesquels l'Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites interviennent militairement depuis 2015. Le mouvement yéménite houthi a renouvelé ce jour ses menaces contre Aramco, réclamant la fin de l'intervention saoudienne au Yémen.

"Du fait des attaques sur l'Arabie saoudite, qui pourraient avoir un impact sur les prix du pétrole, j'ai autorisé l'utilisation de pétrole provenant de la Réserve Stratégique, si besoin était, dans une proportion restant à définir, suffisante pour garder des marchés bien approvisionnés. J'ai également informé toutes les agences concernées de la nécessité d'expédier les approbations de pipelines pétroliers actuellement dans un processus d'accès aux permis au Texas et dans différents aux Etats", avait tweeté Trump hier. "PLEIN DE PETROLE!", a par ailleurs lancé le leader de la Maison blanche.

Certains éléments limitent toutefois la flambée des cours du pétrole ce jour. Ainsi, les mauvaises statistiques chinoises et le risque de développement d'un nouveau front commercial entre USA et Europe, pèsent sur les marchés. La production industrielle chinoise a vu son expansion retomber à 4,4% sur un an en août, au plus bas depuis février 2002, contre un consensus de +5,2%. Les ventes de détail sont ressorties en hausse de 7,5% sur un an et l'investissement en actifs fixes en croissance de 5,5% sur huit mois, soit des niveaux ici encore inférieurs au consensus... Les rumeurs évoquant la volonté de l'administration Trump d'imposer des droits de douane "punitifs" à l'Union européenne en s'appuyant sur une décision de l'OMC sanctionnant des aides publiques à Airbus, pèsent également selon Reuters.

Trump a une fois encore taclé la Fed ce lundi sur Twitter, à deux jours de la décision monétaire de la Banque centrale américaine. "Les prix à la production en Chine ont reculé de la manière la plus importante en trois ans du fait de la grande dévaluation de la monnaie chinoise, accompagnée d'un stimulus monétaire. La Réserve Fédérale ne regarde pas? Est-ce que la Fed va un jour entrer dans le jeu? Le Dollar est plus fort que JAMAIS! Vraiment mauvais pour les exportations. Pas d'inflation... Les Taux d'Intérêt les plus Élevés. Les Etats-Unis, à cause de la Réserve Fédérale, payent un Taux d'Intérêt BIEN PLUS élevé que les autres pays concurrents. Ils ne peuvent pas savoir à quel point ils sont chanceux que Jay Powell & la Fed n'y comprennent rien. Et maintenant, en plus de tout cela, le coup du Pétrole. Grosse Chute des Taux d'Intérêt. Stimulus!", réclame donc Trump.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point le 18 septembre, à l'issue de la réunion monétaire de la Fed, se situe actuellement à 77,3% (taux réduit dans une fourchette de 1,75-2%), alors que la probabilité d'un statu quo ressort à 22,7%.

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York pour le mois de septembre 2019 est ressorti à 2 points seulement, contre +4,9 de consensus et +4,8 pour le mois antérieur. Le rapport du jour signale donc un ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région.

Sur le front du Brexit, les grandes lignes d'un accord auraient été arrêtées par Londres et les négociations avec Bruxelles en seraient à un stade crucial, selon le secrétaire britannique au Foreign Office Dominic Raab, qui s'exprimait sur la BBC avant une rencontre entre Boris Johnson, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, et le négociateur Michel Barnier. Le Royaume-Uni demande le retrait de la clause jugée "antidémocratique" du backstop. Un accord de libre-échange est espéré lors du sommet européen des 17 et 18 octobre. Johnson va tenter ce jour de convaincre Juncker de remplacer la clause de backstop, alors que ce dernier a dernièrement confirmé qu'il n'était pas question de revenir sur l'accord trouvé avec May et que les Communes ont rejeté par trois fois.

Les valeurs

Bob Iger, le CEO de Walt Disney, a démissionné du conseil d'administration d'Apple. Le départ intervient fort logiquement suite à l'annonce faite par le groupe de Cupertino du lancement prochain de son service vidéo Apple TV+, concurrent direct de Disney+. Les deux services doivent être lancés en novembre, le 1er pour l'Apple TV+ et le 12 pour le service rival de Disney.

La présentation de l'iPhone 11 a certes été l'un des clous de la keynote 11 septembre, mais elle a été un peu éclipsée par les annonces du côté des services, appelés à devenir le relais de croissance du groupe dans les années à venir. Ainsi, le service de vidéo en streaming Apple TV+, qui offrira des films et des séries maison, à grand renfort de stars, dont Jennifer Aniston et Jason Momoa, sera lancé le 1er novembre à un prix défiant toute concurrence, à savoir 4,99$ par mois... Apple TV+ sera disponible dans 100 pays et les acheteurs d'un iPhone, d'un iPad ou d'un Mac pourront y avoir accès gratuitement pendant un an. Pour l'heure, le groupe à la pomme dispose de l'avantage du prix, face aux 13$ de l'offre de base de Netflix et de celle de Disney, aux 9$ d'Amazon (Prime Video), et aux 15$ d'HBO Now et CBS All Access.

General Motors. Le puissant syndicat automobile américain UAW a appelé 46.000 employés du constructeur General Motors (GM) à la grève dès dimanche à minuit. Le mouvement social fait suite à l'échec des négociations avec la direction sur un vaste éventail de sujets, allant des salaires à la protection médicale. Les négociations ont démarré en juillet et patinent depuis.

L'UAW veut aussi empêcher la fermeture de chaînes d'assemblage dans l'Ohio et le Michigan, que la direction du premier constructeur américain juge indispensable pour adapter son outil de production aux changements du marché automobile. GM n'a plus connu de grande grève depuis douze ans. Les salariés avaient alors arrêté le travail pendant deux jours. En 1998, une grève de 54 jours avait paralysé l'usine de Flint, dans le Michigan. La mobilisation sera un test pour Mary Barra, la directrice générale du groupe, mais aussi pour le syndicat UAW, dont les caisses de grève ne prévoient de verser que 250 dollars par semaine aux ouvriers grévistes, bien en-dessous de leurs rémunérations...

Alder Biopharmaceuticals grimpe de plus de 82% avant bourse à Wall Street. Le Danois Lundbeck va racheter le groupe américain pour près de deux milliards de dollars, misant surtout sur son traitement expérimental des migraines. La prime ressort à 79% sur la clôture de vendredi à Wall Street.

ExxonMobil, Chevron, Schlumberger, Halliburton et les autres géants sectoriels cotés à Wall Street devraient pleinement bénéficier ce jour de la flambée des prix de l'or noir.

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