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Wall Street : séance hésitante sur fond de "profit warnings"

Wall Street : séance hésitante sur fond de "profit warnings"
Wall Street : séance hésitante sur fond de 'profit warnings'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir atteint lundi de nouveaux sommets historiques, Wall Street hésite mardi, après des signes de blocage dans les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Les cours des distributeurs Home Depot (-5,3%) et Kohl's (-18,8%) chutent après des avertissements des deux groupes sur leurs résultats. Le pétrole perd plus de 2%, affecté par les doutes sur l'accord commercial et dans la crainte d'une nouvelle hausse des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis.

Deux heures avant la clôture, le Dow Jones perd 0,35% à 27.938 points, tandis que l'indice large S&P 500 est quasi-stable (-0,01%) à 3.121 pts. Le Nasdaq Composite continue en revanche de progresser, de 0,32%, à 8.577 pts, un nouveau sommet historique, grâce à l'annonce d'un nouveau report de 90 jours des sanctions américaines contre le chinois Huawei, qui achète des composants à de nombreuses "technos" américaines.

Donald Trump n'a pas pu s'empêcher de célébrer les performances de l'indice riche en valeurs technologies et biotechnologiques : "LE NASDAQ EN HAUSSE DE 27% SUR CETTE SEULE ANNÉE !", s'est ainsi émerveillé le président américain ce mardi sur son compte Twitter.

Dollar et taux fluctuent sur fond de bras de fer entre Trump et Powell

Sur le marché des changes, le dollar hésite, face aux rumeurs concernant l'accord commercial et aux interrogations sur la future politique monétaire de la Fed. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, est stable mardi soir 97,79 points (-0,01%). L'euro progresse de 0,1% à 1,1080$.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement du T-Bond à 10 ans cède 3 points de base à 1,78% au lendemain d'une rencontre à la Maison Blanche entre Donald Trump et le président de la Fed Jerome Powell.

Au cours de cette entrevue, le président américain a indiqué qu'il avait une nouvelle fois "protesté" contre le niveau des taux d'intérêts, qu'il juge trop élevé, tandis que la Fed a de son côté affirmé dans un communiqué que Jerome Powell avait répété ses propos déjà tenus en public concernant le niveau des taux. Le patron de la Fed a récemment indiqué plusieurs fois en public que le taux des "fed funds" (1,50% à 1,75%) est désormais à un niveau "approprié", après trois baisses consécutives menées depuis juillet.

Plus que la politique monétaire, ce sont les aléas des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine qui préoccupent ces derniers jours les investisseurs. Or, il apparaît depuis le début de la semaine que ces discussions, présentées comme étant "en phase finale" la semaine dernière, semblent désormais achopper sérieusement sur la question du démantèlement des taxes douanières déjà mises en place depuis 16 mois entre les Etats-Unis et la Chine.

Donald Trump menace encore la Chine de relever les taxes

Alors que Pékin réclame un calendrier de retrait de ces barrières douanières, Washington ne serait prêt qu'à renoncer aux taxes prévues le 15 octobre (suspendues en attendant l"accord de Phase 1) et le 15 décembre prochain. Lundi, la chaîne de télévision américaine 'CNBC' avait évoqué un climat "pessimiste" côté chinois sur la possibilité de conclure un accord.

De son côté, Donald Trump a remis la pression sur Pékin mardi, en menaçant à nouveau la Chine d'augmenter encore les taxes si un accord commercial n'est pas conclu. Le président américain s'est tout de même dit "très heureux" des négociations en cours, selon la chaîne 'CNBC', qui a relayé les propos du président.

En Chine, le gouverneur de la Banque populaire de Chine (BPC), Yi Gang, a annoncé mardi que les autorités vont amplifier leur soutien au crédit et poursuivre la baisse des taux d'intérêt réels. Pékin compte augmenter la capacité d'octroi de crédit des banques, a-t-il assuré au lendemain de la baisse par la BPC d'un de ses taux à court terme. A la Bourse de Shanghai, l'indice Shanghai Composite a fini en hausse de 0,85% mardi après ces annonces, et le Hang Seng a bondi de 1,5% à Hong Kong malgré une nouvelle journée de manifestions pro-démocratie.

Nouveau report des sanctions US contre Huawei

En attendant le dénouement final des négociations, Washington a accepté de reporter une deuxième fois les sanctions commerciales qui devaient entrer en vigueur ce 19 novembre contre Huawei, le géant chinois des équipements télécoms et des smartphones. Huawei, placé sur liste noire en mai dernier, a ainsi bénéficié d'un nouveau sursis de 90 jours avant de ne plus pouvoir acheter ni vendre ses produits à des entreprises américaines.

Malgré ce sursis, Huawei reste soumis à certaines limitations, dont celle de commercer avec Google (Alphabet), ce qui lui interdit l'accès aux services associés à Android, dont le Google Play Store.

Le pétrole est en nette baisse mardi, sur fond de doutes sur l'accord commercial américano-chinois et après des rumeurs d'une nouvelle forte hausse des stocks de brut américains, dont le montant sera publié mercredi.

Le cours du baril de brut léger américain (WTI) perd 2,6% à 55,53$ (après une perte de 1,5% lundi) sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord perd 2,15% à 61,10$ (après -1,3% lundi) pour le contrat à terme de janvier.

L'once d'or profite un peu du retour des incertitudes sur les marchés, progressant de 0,24% mardi sur le marché Comex, à 1.475,40 pour le contrat à terme de décembre. Le métal jaune avait déjà gagné 0,25% la veille, confirmant avoir atteint une zone de résistance après sa chute de 3% subie dans la première semaine de novembre.

Les données macro-économiques publiées ce jour aux Etats-Unis sont ressorties mitigées pour le secteur de la construction. Les mises en chantier de logements ont été un peu moins nombreuses que prévu en octobre à 1,314 million, contre 1,32 million de consensus de place et après 1,266 million en septembre. En revanche, les permis de construire ont été supérieurs aux attentes le mois dernier à 1,461 million, contre 1,378 million de consensus et 1,391 million en septembre.

VALEURS A SUIVRE

Home Depot (-5,3%) corrige à Wall Street ce mardi et pèse sur l'indice historique Dow Jones. Il faut dire que le distributeur américain leader des produits d'ameublement vient de réduire ses prévisions de ventes, et que son offensive dans le commerce en ligne n'ayant pas délivré les résultats escomptés. Pour le troisième trimestre juste clos, le groupe a annoncé un bénéfice net de 2,77 milliards de dollars soit 2,53$ par titre, contre 2,87 milliards un an auparavant. Le consensus de place était de 2,52$ de bpa. Sur ce trimestre clos début novembre 2019, le détaillant a affiché une croissance à comparable de 3,6%, contre un consensus de 4,7%.

Par ricochet, la chaîne de bricolage Lowe's perd elle aussi du terrain (-1,2%) dans une moindre mesure par rapport à Home Depot.

Selon Craig Menear, directeur général de Home Depot, malgré des résultats positifs observés après les investissements consentis, certains des bénéfices anticipés pour l'exercice 2019 prendront plus longtemps que prévu à se matérialiser. Le groupe envisage donc désormais en 2019 une croissance de 1,8%, contre une guidance antérieure de +2,3%. La nouvelle guidance ferait ressortir les ventes annuelles à 110,1 Mds$. Le groupe avait déjà lancé un avertissement au mois d'août du fait notamment de l'impact des tarifs douaniers, mais aussi de la forte baisse des prix du bois.

Kohl's (-18,8% !), la chaîne américaine de grands magasins, dévisse à Wall Street après avoir lancé un avertissement sur ses résultats annuels. Le détaillant a publié pour le trimestre clos un bénéfice net de 123 millions de dollars soit 78 cents par titre, contre 161 millions de dollars et 98 cents par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a représenté 74 cents, pour des revenus de 4,63 milliards de dollars assez stables en glissement annuel. Les revenus étaient anticipés à 4,4 milliards. La croissance à comparable est ressortie timorée à +0,4%, contre +0,9% de consensus. Pour l'exercice, le groupe table sur un bénéfice ajusté par action allant de 4,75 à 4,95$, contre une guidance antérieure de 5,15-5,45$ et un consensus de 5,2$.

Par sympathie avec Kohl's, le titre de Macy's plonge de plus de 10%. La chaîne de grands magasins a en outre révélé mardi avoir été victime d'une attaque informatique en octobre. Des cybercriminels ont pénétré le 7 octobre dans le système du site "macys.com", et y ont dérobé les données personnelles de clients, y compris leurs données de cartes bancaires. Macy's n'a pas précisé combien de clients avaient été affectés, mais a indiqué avoir mis fin au piratage le 15 octobre, en détruisant le fichier espion dès que la société a pris connaissance du problème.

Alibaba (-0,22%). Selon des sources bancaires, la demande de titres a été très forte en vue de l'introduction en Bourse du géant chinois du commerce en ligne sur la place de Hong Kong. Selon ces sources citées par 'CNN Business', le groupe devrait clore plus tôt que prévu son offre ouverte aux investisseurs asiatiques, qui devrait porter sur environ 13,4 milliards de dollars. Le titre Alibaba sera coté à Hong Kong à partir du 26 novembre.

Manchester United (-2,4%) confirme ses prévisions annuelles après un premier trimestre marqué par l'absence de Ligue des Champions. Le club du nord de l'Angleterre table ainsi toujours sur un chiffre d'affaires compris entre 560 et 580 M£ cette saison, accompagné d'un Ebitda ajusté entre 155 et 165 M£. Sur les trois mois clos fin septembre, le groupe a réalisé un profit opérationnel de 11 M£ (-20,9%) pour des revenus de 135,3 M£ (+0,3%). Le bpa ajusté est ressorti à 2,35 pence contre 4,27 pence un an plus tôt. La dette nette s'est par ailleurs envolée de 55,5% à 384,5 M£ avec le recrutement de trois joueurs importants cet été.

Boeing (-0,5%). Le 737 MAX, toujours cloué au sol à la suite des deux crashs survenus en l'espace de quelques mois, semble retrouver un second souffle à Dubaï. Après SunExpress hier, Air Astana a fait part ce matin de son souhait d'acheter 30 737 MAX 8 destinés à sa nouvelle compagnie low-cost FlyArystan. Lors du Salon aéronautique qui se tient actuellement dans le Golfe, Boeing et la compagnie kazakhe ont signé une lettre d'intention d'une valeur catalogue de 3,6 milliards de dollars. Par ailleurs, selon une source de l'agence 'Bloomberg', un client, dont le nom n'a pas filtré, s'est engagé sur 20 737 MAX.

Apple (-0,3%) fait une pause au lendemain d'un nouveau record historique, le 8ème depuis début novembre ! Selon l'agence Bloomberg, les ventes de la firme à la pomme en Chine auraient grimpé à 10 millions d'unités en septembre et octobre, en hausse de 6% par rapport à la même période de 2018. Et ce dans un marché global des smartphones en recul de 5% en Chine en septembre-octobre. Les Chinois seraient ainsi particulièrement friands du nouvel iPhone 11, proposé à des prix attractifs par rapport au très haut de gamme iPhone XR. L'appareil bénéficie en outre d'une baisse de la TVA intervenue le 1er avril en Chine.

Apple avait bénéficié lundi de notes favorables de la part de brokers. Wedbush a ainsi relevé son objectif de cours à 325$ (contre 300$ précédemment), tandis que JP Morgan a estimé que le potentiel de revenus publicitaires d'Apple était "sous-estimé".

TJX (+1,3%). Le détaillant américain à bas prix a annoncé pour le troisième trimestre un bénéfice net de 828 millions de dollars soit 68 cents par titre, contre 762 millions un an plus tôt. Les revenus ont atteint 10,45 milliards de dollars, contre 9,83 milliards un an avant. Le consensus FactSet était de 66 cents de bpa et environ 10,3 milliards de revenus. La croissance à comparable a représenté 4%. Pour le quatrième trimestre, le groupe vise un bpa de 74-76 cents (2,61-2,63$ sur l'année).

Medtronic (+0,13%) a battu le consensus sur le trimestre clos et relevé ses prévisions 2020. L'équipementier médical américain anticipe désormais pour l'exercice 2020 un bénéfice ajusté allant de 5,57 à 5,63$ par titre, contre une guidance antérieure de 5,54-5,60$ et un consensus de 5,56$. Sur le trimestre clos, le bénéfice net part du groupe s'est élevé à 1,36 milliard de dollars soit 1,01$ par titre, contre 1,12 milliard un an avant. Les ventes ont progressé de 3% à 7,71 milliards.

Altria (-2,3%). La Californie a annoncé une procédure judiciaire visant le concepteur de cigarettes électroniques Juul, dont le groupe Altria détient environ 35% du capital. Juul est ainsi accusé d'avoir mené une campagne 'systématique' visant les adolescents.

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